Stéphane Lemardelé, fondateur d’À auteur d’enfant, illustre l’histoire de Maïté Boily-Lefebvre.

Jeunes et illustrateurs main dans la main

Les renards et les bananes sont à la page chez les enfants. Ce sont deux des sujets les plus dessinés par les illustrateurs professionnels d’À auteur d’enfant, qui avaient pour mandat samedi de mettre en images les histoires écrites par les enfants.

L’activité, qui revenait pour une 10e fois, permet aux enfants de passer à travers tout un processus créatif et de voir l’image créée devant eux par un professionnel. 

Le fondateur d’À auteur d’enfant, Stéphane Lemardelé, ignore complètement pourquoi bananes et renards sont si populaires, cette année. Lors des deux éditions précédentes, moutons et lapins avaient la cote. 

Une jeune fille questionnée par La Voix de l’Est explique que les renards sont particulièrement beaux. « Tu as bien raison, surtout les roux », lui a répondu l’auteure de ces lignes. Celui qu’un illustrateur lui dessine est accompagné d’un écureuil, un autre animal fort populaire. 

Maïté, elle, raconte l’histoire de deux enfants qui se construisent une cabane en bois dans un arbre et qui prennent peur lorsqu’ils voient une ombre. Mais en réalité, il s’agit de la maman d’un des enfants venue s’assurer que tout va bien. La jeune fille de bientôt 10 ans est devenue une habituée d’À auteur d’enfant. 

Le Dr Julien, de la fondation qui porte son nom, et Me Ysabelle Proulx, fondatrice du centre de pédiatrie sociale Main dans la Main, à Cowansville, ont signé la préface du livre qui sera publié au terme du processus.

Un concept qui plaît

Il faut dire que le concept est accrocheur. Les enfants sont invités à écrire une histoire de leur cru sur une page. Celle-ci est ensuite relue par un auteur professionnel. Puis elle est racontée à l’illustrateur, qui la porte plus loin avec des questions pour être certain de bien représenter le fruit de l’imagination enfantine. 

Élisabeth et sa sœur Florence ont participé à nouveau à l’activité, qui se déroulait cette fois-ci au Domaine du Ridge, à Saint-Armand, au profit du centre de pédiatrie sociale en communauté Main dans la main, situé à Cowansville. 

Élisabeth a captivé le caricaturiste Garnotte avec une intrigue qui promet une suite, tandis que Florence a parlé de l’enlèvement de scientifiques à Stéphane Lemardelé. « C’était vraiment le fun ! », ont-elles dit. 

En tout, 71 histoires ont été écrites et illustrées. « C’est magnifique, commente M. Lemardelé. Il y a vraiment de très belles illustrations et de belles histoires. Ysabelle Proulx et Dr Julien ont signé la préface, en racontant une histoire qui a été illustrée par un enfant. J’aime l’idée d’avoir inversé le processus artistique. »

Les adultes se prêtent au jeu

Me Ysabelle Proulx, fondatrice du centre Main dans la main, le Dr Julien, de la Fondation du même nom qui chapeaute 25 centres, le Bâtonnier du Québec Me Paul-Matthieu Grondin et plusieurs avocats ont assisté à l’activité qui rejoignait non seulement les enfants, mais aussi les parents avec une raclette en plein air. 

« C’est vraiment une magnifique initiative. On reproduit la vraie vie de communauté dans un moment festif, dans la nature, c’est vraiment le sens de la pédiatrie sociale, confie le Dr Julien en entrevue. C’est un super bel événement. J’en ferais toutes les semaines. Comme initiative, c’est fantastique. Ils veulent reproduire À auteur d’enfant chez nous dans Hochelaga. »

Les dons de commanditaires auront permis d’amasser des fonds pour Main dans la main. «  C’est un événement de financement, mais aussi dans le but de faire connaître le centre et pour promouvoir le droit des enfants, particulièrement le droit aux rêves. Le livre va s’appeler Le droit au rêve.  »

Avec les enfants qui couraient partout, détendus et heureux, l’ambiance était exactement telle que ce que le Dr Julien cherche à créer. Des jeunes du centre de Cowansville étaient de la partie. 

« Il y a plusieurs enfants de notre centre qui ont participé à À auteur d’enfant, souligne Me Proulx. Ils ont participé à un atelier d’écriture et, aujourd’hui, ils sont venus. On les a amenés en autobus pour venir faire illustrer leur histoire. »

Elle et Dr Julien se sont prêtés au jeu. Plutôt que de rédiger une préface conventionnelle, ils ont tous les deux écrit une histoire dont la conclusion se ressemble. « Aujourd’hui, mon rêve c’est que tous les adultes se mettent à la besogne de dépoussiérer leur oreille bienveillante, celle du cœur », lit Me Proulx. 

Ces deux histoires et les illustrations des enfants qui ont dessiné le rêve des adultes seront ajoutées au livre.