L’artiste devant une oeuvre double sur le thème de la solitude.

Jean-François Montagne: une oeuvre expressive et primitive

Si Jean-François Montagne semble timide de prime abord, sa peinture, elle, trahit une fougue à peine contenue. Pour le prochain mois, l’artiste invite le public dans son univers coloré et primitif.

À presque 40 ans, le Montréalais expose pour la première fois hors des grands centres. Et aussi pour la première fois depuis cinq ans, si l’on se fie à son CV. Le rendez-vous est donc doublement significatif.

« La peinture est ma raison d’être, dit-il. Je ne peux pas faire autrement. Il y a un caractère thérapeutique là-dedans. Et j’y vois un processus de réflexion sur moi-même. »

Jusqu’au 2 février prochain, il propose donc Identités, une fenêtre ouverte sur son imaginaire foisonnant, au centre d’exposition en arts visuels Boréart de Granby.

Les visiteurs auront d’ailleurs tôt fait de remarquer la diversité des oeuvres de Jean-François Montagne. Il n’y a pas de ligne directrice, admet-il, mais le style est résolument « néo-expressionniste et très primitif ».

On croirait même par moment y déceler la touche d’un enfant. « C’est vrai que ça rappelle souvent l’enfance, mais ce n’est pas mon point de départ », laisse entendre celui qui, ironiquement, travaille comme éducateur spécialisé dans une école primaire.

« Ça demeure expressif et très sauvage. Je préfère que ça vienne de l’inconscient, des émotions et des sentiments, plus que de démontrer mon savoir-faire. Je préfère laisser aller ma créativité. »

On le croit sans peine. L’exploration est visiblement au coeur de la démarche artistique de ce diplômé en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. La couleur aussi. Même si, parfois, il privilégie le noir et blanc, comme pour donner un poids supplémentaire à ses oeuvres.


« La peinture est ma raison d’être. Je ne peux pas faire autrement. »
Jean-François Montagne

Il montre en exemple deux immenses tableaux sur bois formant une seule et même oeuvre où se dressent un petit personnage et une montagne, surplombant un amas d’objets monochromes esquissés de façon presque automatique. « À travers cela, je voulais exprimer la solitude », explique M. Montagne.

Le bois est d’ailleurs son support de prédilection, en raison de son grain et des possibilités qu’il permet, bien qu’il ne dédaigne pas non plus se pencher sur des canevas traditionnels. Il utilise tantôt le crayon acrylique, tantôt la peinture acrylique et le crayon à l’huile, y ajoutant parfois de la teinture pour modifier les textures.

Pour Identités, Jean-François Montagne a choisi de présenter une quinzaine d’oeuvres principalement récentes, souvent composées de deux, trois ou plusieurs tableaux sous forme de polyptyques. « Chacun est unique, mais ils composent aussi un tout », termine-t-il.

L’artiste sera présent au vernissage de l’exposition qui se déroulera ce dimanche 12 janvier de 13 h à 16 h.