Jean-François Breau coanimera Le Retour des Fantastiques en alternance avec Étienne Boulay, Mariepier Morin et Pierre Hébert.

Jean-François Breau, le «super fantastique»

De fantastique, Jean-François Breau deviendra bientôt super fantastique. Quelqu’un de moins modeste pourrait facilement s’enfler la tête. Pas lui. Le chanteur est juste heureux du Retour­ des Fantastiques, qu’il aura même la chance d’animer.

Depuis le retrait des ondes d’Éric Salvail, le sort de la populaire émission Éric et les Fantastiques à Rouge FM semblait scellé. Or, le réseau a finalement annoncé, mardi, que les 15 Fantastiques (Réal Béland, Dominic Paquet, Mike Ward, Virginie­ Fortin, Stéphane­ Gendron­, Jean-Francois Breau, Étienne Boulay­, Anne-Élisabeth­ Bossé, Mélanie Maynard, Rémi-Pierre Paquin, Maripier Morin, Pierre Hébert, Anne Casabonne, Antoine Vézina et Phil Roy) revenaient en bloc. Parmi eux, Jean-François Breau, Étienne Boulay, Mariepier Morin et Pierre Hébert, dits les Super Fantastiques, prendront les commandes de l’émission radiophonique en alternance jusqu’aux Fêtes.

« On s’est rendu compte que le public était attaché aux Fantastiques et à l’habitude du retour à la maison avec nous. On était tous en questionnement chacun de notre côté sur la suite des choses. À notre grande surprise, le public a fait savoir qu’il voulait que ça continue », se réjouit l’artiste, qui brisera la glace du 6 au 9 novembre, puis du 24 au 30 novembre.

L’idée de reprendre le contrôle de l’émission en équipe, dit-il, était tout à fait naturelle. « On connaît l’énergie du show, on la vit depuis deux ans. C’est à la gang que ça revenait », croit-il, en saluant l’initiative de Rouge FM de ne pas précipiter la nomination d’un successeur­ unique à Éric Salvail.

Selon lui, les quatre animateurs ont déjà fait quelques tests et trouveront rapidement leurs repères. Quand on lui demande pourquoi les dirigeants de Rouge FM l’ont choisi pour tenir la barre, Jean-François Breau risque une réponse. « L’animateur, c’est celui qui dirige le trafic. Ma petite expérience à l’émission C’est ma toune avec Marie-Ève (NDLR Janvier, sa conjointe), c’était ça. S’ils ont vu que j’avais la capacité de prendre les clés du char, tant mieux. »

Reconnu comme un gars de gang et un gars de défis, Jean-François Breau se dit prêt à devenir « capitaine », même si la fébrilité est bien là. « Ou plutôt une nervosité bien placée », précise-t-il.

Seront-ils capables de déployer le même dynamisme qu’avec Éric Salvail ? « On n’est pas Éric Salvail, ni dans son énergie ni dans son identité. Sans imiter ce qu’il faisait en ondes, on sait qu’ensemble, on a une belle énergie. Et les gens l’ont compris. »

Ce dernier rappelle que la particularité des Fantastiques, c’est de ne pas se prendre au sérieux. « Notre rôle, c’est d’avoir du plaisir. On peut se permettre de ne pas être trop corporate, trop propres. On nous a dit : “Continuez de faire ce que vous faisiez”. »

Le Retour des Fantastiques sera en ondes du lundi au jeudi de 15 h 58 à 18 h, à compter du 6 novembre.

«Je suis tout croche là-dedans»

Impossible de lui parler de la suite d’Éric et les Fantastiques sans le questionner sur Éric Salvail lui-même. Lorsque les allégations d’inconduites sexuelles ont été dévoilées au sujet du célèbre animateur, Jean-François Breau est passé par toute la gamme des émotions.

« Les 24 premières heures, on a tous été ébranlés par la nouvelle. Tu sais, quelque part, c’est notre ami. Et plus le temps avançait, plus on est devenus tristes pour les victimes, mais aussi pour tous les employés. En fait, je me sens tout croche là-dedans, c’est ça la vérité. »

Jean-François a côtoyé Éric Salvail de près. Au travail, dans des fêtes et même au chalet. Il assure pourtant n’avoir jamais vécu de situations inconfortables avec lui. « Je ne connaissais pas les histoires des autres, mais je n’ai jamais senti qu’Éric essayait de me mettre mal à l’aise. »

« En fait, ce qui arrive est triste pour toute l’industrie. On a senti un stand-by général chez tout le monde. Là, je sens que la poussière redescend tranquillement. Je suis prudent là-dedans, car le danger est de mettre tout le monde dans le même bateau. C’est pour ça qu’on est déchiré entre plein d’émotions. »

Mais pas question de banaliser la situation, précise-t-il. En tant que conjoint et papa d’une fillette d’un an et demi, Jean-François Breau est heureux de voir que les mentalités changent. « Il y a un mouvement général qui me rassure. On est en train de redéfinir les codes et c’est tant mieux. »

Et il ne croit pas que cela soit temporaire. « C’est un marqueur de temps. Je pense qu’il y a des patterns inacceptables qui sont officiellement changés. »