«Avec moi, il n’y a pas de compromis, c’est tout ou rien, dans ma vie et sur scène. Je parle d’un sujet ou je n’en parle pas pantoute», affirme Jean-Claude Gélinas.

Jean-Claude Gélinas: moitié Réjean, moitié lui-même

Le Réjean de Terrebonne de Jean-Claude Gélinas a pris tellement de place dans la carrière de l’humoriste qu’il occupe à lui seul la moitié de son nouveau spectacle Tout ou rien. C’est dire à quel point le public ne se lasse pas d’entendre les réflexions aussi pragmatiques qu’hilarantes de son attachant «soûlon».

« On dirait qu’il fait partie de la famille. On a tous quelqu’un dans notre famille qui raconte des histoires abracadabrantes, avance Jean-Claude Gélinas quand on lui demande pourquoi Réjean a autant de succès. Et même s’il boit, qu’il a une apparence douteuse, il est réfléchi dans ce qu’il dit sur la société et il parle de sujets qui touchent les gens. Il a surtout une belle proximité avec le public, qui l’adore. »

Selon l’humoriste, Réjean de Terrebonne a très peu changé depuis sa création il y a plus de 20 ans, mais son regard, lui, demeure toujours d’actualité. « Il demeure au goût du jour et se tient au courant de ce qui se passe. Il parle de politique, de surconsommation, de microbrasseries... En fait, il est comme le bon vin : avec l’âge, il prend de la maturité, mais il est toujours bon à déguster ! »

Selon l’humoriste, Réjean de Terrebonne a très peu changé depuis sa création il y a plus de 20 ans, mais son regard, lui, demeure toujours d’actualité.

Mais trêve de Réjean. Parlons un peu du vrai Jean-Claude Gélinas, qui occupe l’autre partie du spectacle. S’il a déjà confié que l’apprentissage du métier de stand-up ne s’est pas fait en criant ciseau, l’homme se dit maintenant aussi à l’aise en étant lui-même que sous un costume.

« Au début, j’étais davantage campé dans mon personnage. Les gens le connaissaient plus que moi, alors j’avais une pression supplémentaire de faire rire quand j’étais moi-même. Maintenant, c’est mission accomplie, car les gens rient autant sinon plus quand ils me voient en stand-up. »

Tout ou rien, c’est le titre qu’il a choisi pour ce troisième spectacle solo, qu’il présente depuis février et qui devrait compter entre 150 et 175 représentations. Pourquoi? 

« Parce que je suis quelqu’un qui touche à tout et à rien. Et parce qu’avec moi, il n’y a pas de compromis, c’est tout ou rien, dans ma vie et sur scène. Je parle d’un sujet ou je n’en parle pas pantoute. »

Sans personnage, Jean-Claude Gélinas se montre plus introspectif. « Je parle de choses qui me touchent ; je fais beaucoup d’insomnie et j’en parle dans un numéro ; je raconte aussi que je vieillis bien et que je suis encore jeune de coeur. Je joue encore beaucoup de tours à mon âge ! »

Un long spectacle qui, aux dires des spectateurs, passe trop vite. « Chaque fois que j’embarque sur les planches, j’ai du plaisir. Les gens que je rencontre après me disent que les blagues vont trop vite et qu’ils rient tellement qu’ils en manquent des bouts ! »

Touche-à-tout

Jean-Claude Gélinas ne se tourne pas les pouces. En plus de son spectacle et des galas d’humour auxquels il prend part, l’homme de 57 ans écrit à un rythme soutenu. Une dizaine de stations de radio diffusent ses capsules humoristiques.

Côté télévision, il est producteur au contenu et scénariste de Mets-y le paquet avec Dominic Paquet, qui en sera à sa troisième saison sur V.

Il écrit aussi pour l’humoriste P.A. Méthot, notamment pour son prochain Gala ComediHa ! à Québec.

Quand La Voix de l’Est l’a contacté cette semaine, l’homme se penchait sur un scénario pour la télévision. Bref, les choses vont bien pour lui.

Depuis 30 ans qu’il fait ce métier, Jean-Claude Gélinas commence à bien connaître l’ADN humoristique des Québécois. « C’est un public très friand d’humour. Il doit y avoir 50 shows d’humour en ce moment au Québec et les salles sont pleines. Les Québécois sont généreux, ils aiment rire et découvrir toutes les formes d’humour. Ici, ils sont bien servis. Je pense qu’on fait bien l’humour au Québec. »

Envie d’y aller ?

Quand : le samedi 10 août à 20 h

Où : Théâtre Lac-Brome, 9 chemin du Mont-Écho

Billets : theatrelacbrome.ca