La soirée a débuté en lion et a donné le ton, avec la puissante chanson Le monde est à l’an vert. Pour l’interpréter, on avait désigné la solide Schalom Lokanga, supportée vocalement et scéniquement par tous les autres participants.

Jamais trop tôt : Ah, la belle jeunesse!

Le programme de la soirée disait tout : «Écoutons-les, ils ont quelque chose à raconter. Applaudissons-les, ils auront envie de continuer. Aimons-les, ils représentent l’avenir de notre société.» À l’issue du spectacle Jamais trop tôt présenté mardi soir dans le cadre du Festival de la chanson de Granby, les nombreuses personnes présentes ne pouvaient qu’approuver. Leur ovation en disait long.

La soirée a débuté en lion et a donné le ton, avec la puissante chanson Le monde est à l’an vert. Pour l’interpréter, on avait désigné la solide Schalom Lokanga, supportée vocalement et scéniquement par tous les autres participants. Une solide entrée en matière.

Si l’on se fie aux pièces livrées par ces jeunes de 14 à 17 ans, l’environnement est vraiment au coeur de leurs préoccupations. Notre planète Terre et Tous ces problèmes en ont témoigné éloquemment, en rappelant notamment l’urgence d’agir. Comme dénonçait Émile Bourgault avec ironie, «quelqu’un d’autre va s’en occuper»…

On a aussi compris que les réseaux sociaux et l’univers virtuel, bien qu’omniprésents dans leur vie, ne sont pas sans les inquiéter. «On est tous des somnambules isolés dans notre petite bulle», chantait Raphael Longo dans #le mouvement.

L’apogée des mensonges (écrite par des élèves de l’école secondaire J.-H.-Leclerc de Granby), L’irréel permanent, Ton monde virtuel et Vietuel ont toutes mis en lumière ce thème.

Cette dernière pièce, résolument électro, a d’ailleurs fait lever la foule. Réflexion sensée sur les jeux vidéos, voix solide de Gabrielle Jouanno, chorégraphie enlevante, tout le monde a adoré.

1050 textes

Il est nécessaire, ici, d’expliquer le formidable concept de Jamais trop tôt. Tenez-vous bien, cette année, un record de 1050 textes sont nés de 244 classes de secondaire 3 à 5 dans 85 écoles secondaires de partout au Canada. Il y a neuf ans, au lancement de Jamais trop tôt, à peine 36 textes étaient parvenus aux organisateurs…

Mais ce n’est pas tout d’avoir des mots bien tournés, encore faut-il transformer les 24 meilleurs textes retenus en chansons. Pour cette délicate étape, on a fait appel à d’anciens demi-finalistes du Festival de la chanson, dont Karim Ouellet, King Melrose, Pierre Guitard, AMÉ et Mehdi Cayenne.

Déjà rythmée au possible, le spectacle a été pimenté par les interventions de l’animatrice Gabrielle Côté.

Et pour faire vivre ces nouvelles compositions, 24 jeunes interprètes ont été sélectionnés à travers neuf provinces canadiennes et le territoire du Yukon. Ces talents d’ici et d’ailleurs étaient tous réunis, mardi soir, au Palace de Granby.

Soirée rythmée et bourrée de talent

Déjà rythmée au possible, le spectacle a été pimenté par les interventions de l’animatrice Gabrielle Côté. Drôle, parfaitement à l’aise, la jeune femme s’est glissée dans la peau d’une extraterrestre pour la soirée, soulevant avec humour nos petits travers humains, mais aussi nos qualités. Elle s’en est d’ailleurs servi pour faire de beaux liens vers les chansons.

Vous croyez que l’environnement et le monde virtuel sont les seuls sujets qui font réfléchir les ados? Oh que non. La chanson Apparence du gender a abordé «le genré, non géré» avec originalité. Fille au début, garçon à la fin, bon flash.

Voici qui je suis et Vraiment ont ensuite rassemblé les 24 interprètes pour clore en beauté la première partie. Leur message : «Finalement, ce qui est important, qu’on oublie souvent : être heureux vraiment.»

Tout naturellement, la quête d’identité, le mal-être et le deuil (les touchantes Grand-papa et Demain matin) ont été abordés, mais aussi le goût de vivre, l’envie d’aventure (On est des voyageurs livrée par l’excellente Charlotte Bergeron), la soif de liberté (chantée par Léo Giroux, une belle découverte), sans compter la nécessaire admiration face à l’autre.

Le Granbyen Arnaud Quintal-Émard, le seul chanteur de la région, a pour sa part chanté l’amour sur Elle avec beaucoup de théâtralité et d’intensité.

Si quelques fausses notes tout à fait pardonnables ont ponctué certains numéros, les voix et l’énergie de ces chanteurs de demain nous ont jeté par terre et (oui!) mouillé le regard. Mille bravos.

Coup de chapeau également à Charles Robert-Gaudette à la direction musicale et à Andréanne A. Malette à la direction artistique qui ont fait un travail fantastique pour rendre toutes ces chansons si vivantes et mettre en valeur leurs protégés.

De ces 24 chansons, 12 feront partie d’un album à paraître en 2020, avec les voix de six interprètes de la francophonie canadienne et de six autres du Québec.

Aujourd’hui au Festival

À l’Église St-Georges à 13h30

  • Vitrines Solotech

- Chloé Breault

- Trio BBQ

- É.T.É

- Marie-Gold

À l’Église St-Georges à 20h

- Ponteix

- Ali Daniel

- Raton Lover