Jill Barber fera une première et rare apparition à Lac-Brome ce samedi soir.

Incomparable Jill Barber

Certains affirment qu’elle a la trempe d’une Diana Krall, ce qu’elle considère comme un compliment. Pourtant, Jill Barber ne ressemble à personne. L’auteure-compositeure-interprète canadienne l’avoue d’emblée : sa voix atypique lui a permis de faire sa marque dans le monde de la musique, au Canada et ailleurs dans le monde.

«Je pense que j’ai une voix unique et authentique. J’ai déjà été complexée par elle, mais maintenant j’en suis fière et je comprends que c’est un avantage d’avoir une voix reconnaissable», confie-t-elle.

Depuis son premier album en 2002, l’artiste s’est gagné un public fidèle et charmé par ses mots et ses envolées teintées de folk, puis de jazz. Parmi eux, les Québécois n’ont pas fait exception. «Pour moi, le Québec est l’un des plus forts marchés au Canada. Les gens y sont uniques, passionnés et enthousiastes. Différents du reste du pays. Je me sens «very embraced» par mon public québécois», poursuit Jill Barber, en faisant de son mieux pour s’exprimer dans la langue de Molière.

C’est d’ailleurs ce qui explique, croit-elle, une partie de son succès chez nous. «Je ne suis pas très bonne, mais j’aime parler français. Je fais un effort... En tant qu’anglophone, je me sens privilégiée de pouvoir jouer au Québec, dans les grandes villes, mais aussi en région.»

Jill Barber a même osé, en 2013, lancer l’album Chansons, entièrement composé de reprises francophones. «Depuis dix ans, j’essaie de mettre une ou deux pièces en français sur chaque album.»

Son plus récent opus, Metaphora, lancé en juin dernier, ne fait pas exception, avec deux extras — Une femme doit faire et Bigger Than You en français — disponibles en streaming.

Pop et personnel

Peu portée sur les étiquettes, Jill Barber a sciemment choisi de délaisser le folk et le jazz pour plonger dans la pop avec Metaphora. Pourquoi donc? «J’avais besoin d’un véhicule musical plus contemporain pour parler des sujets plus actuels de l’album. Et puis, j’avais besoin d’évoluer, de changer un peu. J’aime la musique pop; il s’en fait d’ailleurs de la très bonne.»

Metaphora est, de l’avis de la principale intéressée, un album hautement personnel, qui reflète la femme de 38 ans qu’elle est devenue. «Je me sens tellement différente aujourd’hui qu’à 28 ans! J’ai réalisé ma force en tant que femme. Avoir eu deux enfants a complètement changé ma vie», raconte celle qui, sur ce disque, aborde des enjeux comme la dépression, les aléas amoureux et l’émancipation des femmes.

Oui, admet Jill Barber, elle a dû travailler très fort pour gagner sa place dans l’univers de la musique. Bien qu’elle refuse de se voir comme une victime, elle réalise, avec le recul, avoir dû adopter certains comportements parce qu’elle était une femme. «Je veux voir les choses changer pour ma fille. Et j’aimerais voir plus de femmes dans l’industrie de la musique.»

Détour à Lac-Brome

La chanteuse, qui réside à Vancouver, était brièvement de passage à New York, en début de semaine, dans le cadre de sa tournée Metaphora, avant de revenir sillonner le Canada. Et parmi ses concerts dans les principales villes du pays, son équipe s’apprêtait à faire un étonnant - et tout premier - détour à Lac-Brome.

Mais tout s’explique. Depuis plusieurs années, la chanteuse confie ses relations de presse à l’agence québécoise SIX Média Marketing, dont le président fondateur est Simon Fauteux. «Vous connaissez Simon? Il habite à Lac-Brome! Je pense qu’il y a une motivation personnelle derrière ça!»

Ce samedi soir, dans le petit Théâtre Lac-Brome, Jill Barber livrera les pièces de Metaphora et d’autres tirées de son ancien répertoire. Cinq musiciens, dont une batteuse et une guitariste, l’entoureront dans ce spectacle qu’elle veut intime.

«Je jase un peu avec le public pour l’inclure dans le spectacle. Je veux que ce soit un échange entre lui et moi», dit-elle en promettant «un spectacle digne d’une grande salle».

On comprend aisément pourquoi ce rare rendez-vous avec elle affiche complet.