Le noyau de base du Labo d’impro : Victor Lussier, Kevin Dunn, Catherine Labrecque, Patrick Goleau, Rémi Jacques et l’animateur, Simon Pâquet.

Improvisation expérimentale

Pour sa nouvelle saison, la gang du Labo d’impro promet au public « tout un show de boucane ». Pas pour rien que ses membres ont retenu leur souffle, le temps de prendre une photo officielle au beau milieu d’un nuage de fumée jaune. Les concepts, ils connaissent...

La troupe, qui entamera bientôt sa sixième année, a su se distinguer en présentant des spectacles d’improvisation théâtrale, dans lesquels elle laisse place à une bonne dose d’expérimentation. « Chaque année, on conserve ce qui marche, tout en gardant une fenêtre ouverte pour essayer des choses. Chaque soir est différent », laisse entendre un des membres du groupe, Rémi Jacques.

Selon lui, le Labo d’impro ne réinvente pas la roue, mais s’éloigne néanmoins du côté classique de cette discipline. Les joueurs ne portent pas le chandail de hockey trop grand, n’ont pas de chronomètre à respecter, ne forment pas d’équipes et n’ont pas besoin d’arbitre. Par le fait même, aucune pénalité ne vient ponctuer le jeu. C’est plutôt l’animateur, Simon Pâquet, qui mène le bal, bien appuyé par les spectateurs, qui sont quelques dizaines à remplir la salle à chaque représentation.

« On demande au public de suggérer des thèmes et on improvise là-dessus. La seule limite, c’est notre imagination », indique M. Jacques. Qu’il s’agisse de jeux ou de mises en situation, tout est prétexte à alimenter le spectacle. « C’est de la création pure. »

Le jeune homme fait partie du noyau dur du Labo d’impro, avec ses camarades Patrick Goleau, Victor Lussier, Catherine Labrecque et Kevin Dunn. Tous possèdent une dizaine d’années d’expérience en la matière, même si leurs noms ne sont pas en tête d’affiche.

« On n’est pas connus, mais ça ne veut pas dire qu’on n’est pas bons ! », lance Rémi Jacques, en ajoutant que chaque soir de spectacle, un joueur invité vient se greffer au petit groupe.

Pour tout ce beau monde, le Labo d’impro est une véritable passion à temps partiel, qu’ils entretiennent à travers leurs autres obligations. « On fait ça par plaisir. On est juste contents que des gens viennent nous voir ! », rigole-t-il.

Et qui sont ces gens ? « Ils ont vraiment de 7 à 77 ans, comme dit la formule. On a beaucoup de familles avec des enfants, mais aussi des personnes plus âgées. » Devant une assistance aussi large, les joueurs doivent bien sûr adapter leur discours... « On peut inventer des histoires sans que ce soit salace et gratuit », assure le Bromontois.

Pour ces laborantins de l’impro, le but ultime est « d’offrir le meilleur spectacle possible ». Le groupe n’hésite d’ailleurs pas à répéter ensemble pour hausser la qualité de son jeu et cristalliser sa complicité.

Sur la route

Bien décidé à étendre son terrain de jeu — tout en élargissant son auditoire —, le Labo fera du chemin cette année. Entre le 26 octobre prochain et le 31 mai 2019, 11 sorties sont au programme, les vendredis, tant au Centre culturel St-John de Bromont, à la Cidrerie Milton de Sainte-Cécile-de-Milton qu’à la Salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton. Un arrêt est aussi prévu à Granby, en mars. « On veut le faire dans un lieu qui n’est pas une salle de spectacle. On a une idée, mais la date n’est pas encore sûre... »

Bref, l’impro semble bien se porter en région. À ceux qui pourraient croire que ses meilleures années sont derrière elle, Rémi Jacques assure que ce n’est pas le cas. « C’est un milieu qui se réinvente tout le temps. Il y a une démocratisation de l’impro et on voit de plus en plus de concepts différents. C’est encore super vivant ! »

Pour connaître le calendrier détaillé des spectacles et le prix des billets, on consulte la page Facebook Le Labo d’impro.