À Dunham, FX Chamberland expose une trentaine d’assemblages faits d’objets récupérés.

Hommage aux patenteux du Québec

Qu’il parle de l’art ou de la vie, François-Xavier Chamberland a toujours beaucoup de choses à raconter. Il en va de même pour ses œuvres, dont chacune est une histoire en soi.

« Je travaille comme un poète ; je joue avec les objets comme avec les mots », laisse entendre l’artiste qui présente son exposition L’art, accident perpétuel au Centre d’art de Dunham jusqu’au 10 mai.

Les visiteurs y verront une trentaine d’assemblages récents et plus anciens de FX Chamberland, toujours créés à partir d’objets récupérés. Ici, de jolis chapelets ou un petit cheval de bois, là, un talon d’escarpin ou des éclats de faïence... Dans ce désordre organisé, tout prend son sens. « Je revalorise les objets et le passé. C’est aussi la valorisation de ce qu’on est et de ce qu’on a fait. Bref, c’est un hommage aux patenteux du Québec. »

À 87 ans, ce Gaspésien d’origine a encore le regard curieux et lumineux derrière ses lunettes bleues électriques ! Son parcours a d’ailleurs été tout sauf ennuyant.

Cartographe, réalisateur, producteur, animateur de radio, l’homme a vécu à Ottawa, Montréal, Toronto, avant de s’établir dans le coin de Cowansville en 1996.

Toute sa vie, l’art l’a accompagné comme un fidèle ami. Il a abordé la poésie, la peinture, la sculpture, le dessin avec un égal plaisir.

« À 14 ou 15 ans, à Mont-Joli, je fabriquais des crèches de Noël pour l’église. À 21 ans, j’ai suivi mon premier cours de peinture. J’ai fait un peu de théâtre, des décors... Ça fait partie de moi. Je vais créer tant que je vais vivre ! », assure M. Chamberland en riant.

Chez François-Xavier Chamberland, l’humour n’est jamais loin. Plusieurs de ses œuvres en sont d’ailleurs empreintes. Comme Noce d’argent, un présentoir de bois vitré rempli de vaisselle brisée et de bijoux. « On dirait que ça s’est mal fini ! », lance-t-il, moqueur.

La beauté, partout
Il manie le bois, le métal, se laisse porter par l’inspiration et par les trésors qu’il a sous la main, voyant la beauté partout.

« J’aime jouer avec le mystère, le deuxième degré. L’idée me vient de l’objet et le titre naît une fois l’œuvre faite. »

Le temps du rut, Hommage à Nelligan et Solitude font notamment partie de la collection exposée à Dunham.

Devant tant de sagesse et de passion, on est curieux de connaître sa définition bien personnelle de l’Art avec un grand A. « Pour moi, c’est l’un des modes d’expression les plus profonds et mystérieux. C’est un privilège et un don. J’ai été privilégié. J’ai fait tout ce que j’ai voulu. »