Dave Crowe et Andrew Balcon ont développé une signature musicale tout à fait singulière.

Heymoonshaker: quand le blues rencontre le « beatbox »

Lorsqu'il était débarqué à Waterloo en janvier dernier, il s'était avéré une révélation pour plusieurs. Même chose au Festival de jazz de Montréal cet été. Encore au Festival d'été de Québec. Et il en a été de même partout où il est passé depuis trois ans. Avec une facture musicale unique mariant racines blues et rythmes viscéraux, Heymoonshaker offre une proposition unique qui se taille une place de plus en plus importante sur la scène internationale.
Heymoonshaker, c'est la rencontre du chanteur-guitariste Andrew Balcon et du « human beatbox » Dave Crowe dans un camping en Nouvelle-Zélande, en 2009.
Une aventure qui a débuté pour le fun, parce qu'ils « s'adonnaient bien » malgré leurs univers complètement différents. Le premier est issu du milieu du blues, l'autre de la danse contemporaine d'abord, puis du beatbox, habituellement rattaché­ au monde du hip-hop.
De fil en aiguille, leur chimie a conduit à quelques prestations et à l'enregistrement d'un album, Beatbox Blues, avant que chacun reparte chacun de son côté.
Il aura fallu attendre 2012 pour que les deux gars à l'aube de la trentaine reprennent contact, en Suède cette fois. En 2013, ils ont fait paraître leur EP Shakerism, qui a trouvé plus de 20 000 preneurs uniquement à la sortie des centaines de spectacles qu'ils ont donnés un peu partout à travers le globe.
Avec leur album Noir, sorti en octobre 2015, le tandem s'est ouvert à de nouveaux horizons, explorant le rock et le soul, toujours appuyés de racines blues et de l'implacable beatboxing, s'inspirant profondément de Led Zeppelin­ et de Muddy Waters.
Pourquoi Noir plutôt que Black ? Tout simplement pour dire merci, répondent-ils. Parce que ce sont la France et le Québec qui leur ont pratiquement « donné l'opportunité d'une carrière ». « Je ne sais pas trop pourquoi, mais où ça parle français, vous avez une attitude intéressante envers la musique, une ouverture d'esprit qui ne se retrouve pas ailleurs. Quand vous voyez quelque chose qui pourrait paraître bizarre, au lieu de fermer la porte, vous l'ouvrez grand. C'est cool », dit Dave Crowe au bout du fil dans sa langue maternelle.
Fin de tournée et nouvel album
Heymoonshaker se définit d'abord comme un groupe de scène. « Parce qu'il est difficile de reproduire l'esprit de ce qu'on produit sur scène sur un CD », indique le « human beatbox ». « Mais on s'en rapproche de plus en plus », tient-il à ajouter.
Ceux qui étaient présents à leur spectacle à Waterloo en début d'année reconnaîtront certainement leur signature, mais ils auront également droit à bien des surprises. « En janvier, on venait tout juste de lancer notre album, on n'avait pas un show fini. C'était juste une première idée de comment on voulait présenter nos chansons », explique Dave.
Le spectacle a donc évolué à travers la centaine de représentations qu'Andrew Balcon et Dave Crowe ont offertes cette année en Europe, aux États-Unis et au Canada. Et ils qualifient 2016 « d'année tranquille­ » ! 
« Depuis nos débuts, on faisait environ 180 shows par année. C'était pratiquement un soir sur deux dans une quinzaine de pays ! Mais ce rythme-là fatigue, donc on a décidé de mettre le focus sur les places qui nous ont bien accueillis. »
En 2017, ils s'octroieront par ailleurs une « petite pause » et se concentreront sur le nouvel album qu'ils souhaitent ardemment faire paraître cette année-là. « On ne veut pas trop en dire pour l'instant, c'est bien de laisser planer le mystère, mais on vous garantit que vous aurez un nouvel album en 2017 », conclut Dave Crowe.