Pour créer ses sculptures, la Granbyenne superpose plusieurs couches de verre à la verticale.

Ghyslaine Couture : le verre... libre comme l’air

Question : est-il possible d’admirer une sculpture de verre de Ghyslaine Couture sans avoir le réflexe de se coller le nez dessus en fronçant les sourcils d’étonnement ? On vous met au défi. « Les gens sont toujours curieux de la technique et de l’effet... », admet l’artiste au sujet de ses œuvres pour le moins captivantes.

Depuis 2010, la Granbyenne crée des sculptures de verre libre. D’abord adepte de vitrail, elle a un jour eu envie de faire les choses différemment. « La soudure au plomb me donnait des maux de tête. Et je me disais qu’on pouvait sûrement donner un nouveau souffle à ce médium », raconte-t-elle. La découverte de la technique du verre libre, et les bons conseils du spécialiste en la matière, Guy Simard, ont été une véritable révélation pour la dame, qui a réussi la transition avec brio et passion. 

Ce que fait aujourd’hui Ghyslaine Couture est bien loin des techniques traditionnelles des verriers. Résolument moderne, le verre libre permet de superposer à la verticale plusieurs couches de morceaux de verre dans un cadre de bois ou de métal. Vue de face, en pleine lumière, la sculpture propose ainsi de multiples dimensions, rehaussées par l’ajout de fil métallique. Tiges de verre, billes de verre, éclats de pare-brise... Chaque pièce est soigneusement choisie — et généralement coupée et meulée par l’artiste — pour composer des tableaux aux formes, textures et couleurs uniques. 

Production limitée

Inspirée par la nature, Ghyslaine Couture propose des scènes où les arbres et les oiseaux sont souvent présents, mais l’abstraction a aussi sa place dans son univers créatif et intuitif. 

« Chaque sculpture représente un défi. Ce sont souvent des essais-erreurs », explique celle qui réalise ses œuvres chez elle, dans une petite pièce spécialement aménagée pour ses besoins. Lampe de travail, meule, outils (inventés de toutes pièces), verre en feuille et en morceaux, lunettes de protection... Tout est à portée de main pour fabriquer ses fresques, qui font rarement plus de 20 pouces sur 20 pouces. Parce qu’en raison du lourd socle qui les soutient et de la pression du verre, mieux vaut s’en tenir à des formats « raisonnables ». « C’est un gouffre, le verre. Ça en prend beaucoup ! » ajoute l’artisane.

C’est à la lumière du jour que ses oeuvres prennent tout leur sens.

Chaque sculpture peut lui demander deux mois de travail. « La majorité du temps, je la fais trois fois ! », lance-t-elle le plus sérieusement du monde. C’est donc à une production limitée que Ghyslaine Couture se concentre. À peine dix ou douze pièces sortent de son atelier chaque année. 

Vous ne la croiserez jamais dans un symposium extérieur, en raison de la fragilité de sa matière première. En revanche, elle expose régulièrement dans des salons des arts, des galeries et des boutiques de la province. Du 6 au 9 août, celle qui signe simplement « Couture » sera notamment présente au Marché Bonsecours de Montréal.

Pour cette amoureuse de couleur, de transparence et de lumière, le verre libre permet de laisser libre cours à son imagination, tout en allant vers les gens. « C’est constructif et valorisant de créer et d’exposer mon travail. Les gens — même les enfants — sont surpris et posent beaucoup de questions sur ma technique. Et plusieurs disent ressentir les vibrations qui émanent de mes œuvres. »

Et si, comme plusieurs, vous vous demandez si Ghyslaine Couture doit composer avec les inévitables coupures et éraflures du métier, la réponse est oui. « Souvent ! »