Charles Duquet

Gagnant du prix de la relève aux RIDM: Charles Duquet encore sur un nuage

Depuis une semaine, Charles Duquet est sur un nuage. Son documentaire Vers des champs inconnus a remporté le prix de la relève de Radio-Canada dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM). Un prestigieux honneur qui le touche particulièrement, alors qu’il vient de terminer son baccalauréat en production cinématographique à l’Université Concordia.

Il faut dire que le Bromontois de 23 ans a investi temps et efforts dans la réalisation, le montage et la production de ce court-métrage qui traite de l’effet qu’a la maladie sur Liliane, dont le mari André est atteint d’Alzheimer et de Parkinson.

La dame a fait le choix de déménager en résidence adaptée afin de mieux prendre soin de son mari. On suit le couple dans les contrées imprévisibles de la vieillesse.

Selon le principal intéressé, le jury a préféré son court-métrage aux cinq autres en raison du sujet abordé.

« J’étais très émotif et j’ai même versé quelques larmes, car c’est une belle porte d’entrée dans le milieu », avoue celui qui se concentre maintenant à l’écriture de son premier long-métrage.

Grâce à la consécration des RIDM, son film est disponible sur ICI Tou.tv jusqu’au 1er décembre, mais il sera aussi projeté sur grand écran au centre culturel St-John de Bromont, samedi prochain dès 19 h 30.

D’autres réalisateurs présenteront leurs films et la soirée sera suivie d’une discussion.

Le prix de la relève, dit-il, est une façon de confirmer que ses films ont une valeur, ce qui l’encourage à poursuivre dans cette voie.

« Les juges ont salué ma prise de risque au niveau stylistique et l’effet sur le spectateur. »

Intention

En effet, le spectateur est inévitablement interpellé par le thème principal du documentaire : la santé « mais surtout la maladie ».

La caméra accompagne le couple à travers des moments simples — et touchants — de la vie quotidienne.

Pendant que Liliane rase la barbe d’André, « on voit dans ses yeux tout l’amour qu’elle a pour lui, mais aussi tout ce qu’elle a sacrifié ».

« Beaucoup de gens vivent une expérience similaire et c’est pour ça que ça m’intéressait. »

Cet intérêt n’est pas fortuit, puisque la mère de Charles Duquet est médecin. Il gravite donc dans ce milieu depuis sa jeunesse.

L’objectif derrière Vers des champs inconnus ? Montrer aux gens qu’ils ne sont pas seuls à traverser ce genre d’épreuve.

Le réalisateur relève que le documentaire en est un d’incursion alors que peu d’entrevues ont été captées devant la caméra.

« J’ai voulu créer l’impression d’être un fantôme et aussi d’utiliser les moments de silence, focusser sur les détails », donne-t-il en exemple.

Processus

Pour trouver les « personnages » idéaux, Charles Duquet a notamment fait plusieurs appels auprès de médecins.

« Il fallait trouver des personnes prêtes à partager cette transition. C’est un sujet si personnel qu’il fallait que ce soient eux qui viennent vers moi. »

Le jeune réalisateur a fait quelques rencontres pour finalement dénicher Liliane et André.

La connexion s’est confirmée alors que Charles est allé dîner avec eux. Accompagné de sa caméra, il a filmé leur discussion.

« Jamais ils n’ont regardé la caméra. Ils étaient prêts à s’ouvrir », se rappelle-t-il.

Plusieurs scènes ont été tournées à Bromont et Granby, dans la nouvelle résidence pour aînés où on voit le couple emménager.

Expérience

S’échelonnant sur deux mois, le tournage du film a généré plus de 50 heures de matériel.

« On a dû compresser tout ça en 18 minutes. C’est donc beaucoup d’essais-erreurs. »

Et le montage ? « Éprouvant », lance-t-il, alors que le travail a été exécuté durant 9 mois.

« Tu regardes toujours les mêmes images, alors tu ne différencies plus ce qui est bon ou pas, mais on a réussi après plusieurs crises d’anxiété », lance-t-il à la blague.

Le Bromontois baigne dans l’univers cinématographique depuis son entrée au Cégep de Granby où il a étudié en arts et lettre profil cinéma. Il s’est toutefois spécialisé dans le film documentaire lors de son entrée à l’Université de Concordia, il y a trois ans.

« Mon film n’est pas parfait, mais c’est le résultat de trois ans d’apprentissage », dit-il humblement.

Charles Duquet a la tête qui bouillonne d’idées et il ne compte pas éteindre son élan créatif de si tôt. Après avoir tourné un film plus « personnel » cet été avec ses propres moyens, il laisse entendre qu’un documentaire en collaboration avec Radio-Canada devrait voir le jour incessamment.

Pour participer à la projection du documentaire Vers des champs inconnus au centre culturel St-John, on peut se procurer des billets au coût de 10 $ sur le site web de l’endroit ou directement sur place.