« J’ai encore des frissons quand j’entends la musique du Déclin de l’empire américain », partage Richard Leclerc.

François Dompierre et plus de 50 ans de carrière

Le compositeur et chef d’orchestre François Dompierre sera honoré tout l’été au Musée des communications et d’histoire. Une exposition retraçant les principales réalisations de sa carrière qui s’est étirée sur plus d’un demi-siècle prend l’affiche à Sutton jusqu’au 8 octobre.

En visitant les installations sur François Dompierre au Musée des communications de Sutton, on s’aperçoit rapidement que l’on connaît le musicien, ou du moins ses réalisations.

Ses œuvres variées, ses compositions, ses arrangements et ses collaborations ont marqué la culture populaire québécoise.

Disques, partitions, trophées, une foule d’objets et documents multimédias témoignent de la carrière aux multiples facettes de ce compositeur qui était présent à Sutton vendredi dernier pour le lancement de l’exposition.

« Le plus difficile ce fut de convaincre François, confie le concepteur de l’exposition et directeur du Musée des communications, Richard Leclerc. Il disait toujours “Vous ferez une exposition quand je serai mort”. C’est quelqu’un qui regarde toujours vers le futur. »

Parmi les artefacts les plus touchants, une partition de Noël écrite par le musicien alors âgée de 12 ans. Le papier est jauni et l’écriture peu assurée, mais ce premier jalon témoignait déjà d’une carrière qui s’annonçait prometteuse.

Artefacts et frissons
Au fond de la salle, un téléviseur diffuse les bandes-annonces des films pour lesquels François Dompierre a participé à l’élaboration de la bande sonore. Parmi ces films, on peut penser à IXE-13 (1972) avec les Cyniques, le Matou (1985) et bien sûr Le déclin de l’empire américain (1986) de Denys Arcand dont François Dompierre a composé la musique à partir de thèmes du compositeur allemand Friedrich Haendel.

« J’ai encore des frissons quand j’entends la musique de ce film ! », lance Richard Leclerc.

Des dizaines d’objets évoquant la longue carrière de François Dompierre prennent place dans l’exposition au musée de Sutton.

Plus récemment, c’est La passion d’Augustine (2015), de la réalisatrice Léa Pool, qui a été mis en musique par le compositeur de renom.

Des photographies et des disques vinyles rappellent par ailleurs que le musicien — qui fêtera bientôt ses 75 ans — a multiplié les collaborations avec de nombreux artistes populaires.

Ici, une photo avec Richard Séguin, là, un coffret extrêmement rare d’albums de Félix Leclerc avec les arrangements de François Dompierre (Le tour de l’île, Mon fils et Chansons dans la mémoire longtemps). Cette collaboration lui avait d’ailleurs mérité un Félix au Gala de l’ADISQ en 1979.

Sur un autre mur, l’affiche de la comédie musicale Demain matin, Montréal matin (1970) de Michel Tremblay. « La composition de la musique s’est vraiment faite en communion, raconte Richard Leclerc, qui est l’ami de François Dompierre depuis plusieurs années. Michel et François étaient dans la même pièce et il arrivait que l’un suggère une modification à l’autre, et vice-versa. »

Les plus vieux se souviendront également de la publicité de Labbat On est six millions, il faut se parler. Encore une fois, c’est François Dompierre qui est derrière la musique.

De la Hongrie à Sutton
Au beau milieu de l’exposition trône un magnifique piano antique. Les habitués de l’église Good Sheperd y reconnaitront l’instrument de Mme Diane Cormier qui était précédemment à Glen Sutton et qui a été transféré au musée pour qu’il puisse être préservé dans un meilleur environnement.

« Quand j’ai conçu le visuel de l’exposition, je ne savais pas qu’on allait avoir un piano. Maintenant, c’est comme une histoire parallèle à celle de François », explique Richard Leclerc.

Par « histoire parallèle », M. Leclerc fait référence à celle de ce piano Bösendorfer construit au début du 19e siècle en Hongrie et importé au Québec en 1999.

Malheureusement, des souris probablement amatrices de musique classique ont décidé d’y nicher, rendant inutilisables quelques notes dans les graves. Selon le directeur du musée, restaurer l’instrument coûterait dans les 50 000 $, mais cela n’a pas empêché François Dompierre d’y jouer quelques airs, au grand plaisir des visiteurs lors du lancement officiel de l’exposition.

CAFÉ JEHANE-BENOIT

Après après fait le tour de l’exposition, les visiteurs pourront se restaurer au tout nouveau café-boutique Jehane-Benoit, situé dans le hall d’entrée du musée. Ouvert depuis le 23 juin dernier, le petit café offre des petites bouchées sucrées préparées par l’entreprise suttonnaise Les macarons de Nathalie selon les recettes de l’une des cheffes les plus connues au Québec du siècle dernier, Jehane Benoit.