Florie Valiquette tient présentement le rôle-titre de l’opéra "Coraline" à Lille.

Florie Valiquette: l’Europe lui va si bien...

Chaque fois qu’on prend des nouvelles de Florie Valiquette, sa carrière semble poursuivre son envol, au même titre que sa voix. Installée en Europe depuis deux ans, la soprano s’apprête d’ailleurs à emménager à Paris. Si, si !

« Je ne peux pas me plaindre ! », a admis la jeune femme quand La Voix de l’Est lui a fait remarquer que les choses allaient plutôt bien pour elle. Au moment de l’entrevue, elle se préparait pour la répétition générale de la production Coraline, dont la première a lieu ce mercredi à Lille, en France.

Dans cet opéra pour enfants, présenté en version française, Florie tient le rôle-titre. « Je suis sur scène tout le temps. Ça prend un bon niveau de concentration », dit la Granbyenne d’origine. Si quatre semaines de répétition ont été nécessaires pour mettre tous les pions en place, son travail à elle a débuté en mai dernier. « Musicalement, c’est complexe, car c’est un opéra contemporain », fait-elle remarquer.

Attirer l’attention

C’est son passage au Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, en 2015, qui lui a permis de briller dans l’opéra Svadba et d’attirer l’attention du milieu pour de bon. Les deux années qu’elle vient de passer à Zurich, en Suisse, sont en quelque sorte le fruit de ce succès. « Je m’imaginais chanter en Europe. On me disait que ma voix légère s’y prêtait bien », explique-t-elle simplement.

Pour Florie Valiquette, demeurer sur place ouvre les portes à beaucoup d’auditions. Il permet également une certaine stabilité, grâce à la présence de troupes pour lesquelles un artiste peut jouer plusieurs oeuvres.

De là à dire que l’exil est nécessaire pour développer une solide carrière lyrique, il n’y a qu’un pas. « J’ai beaucoup chanté à Montréal, mais ce n’est pas facile de vivre de son art. Ici, il y a plus d’opportunités, plus de travail », affirme-t-elle.

Bien sûr, l’éloignement est le prix à payer. « Je m’ennuie de ma famille. Je suis allée la voir en septembre dernier. Mais c’est tellement un métier extraordinaire que je n’ai rien à redire. »

Dans cet univers particulier qui sourit aux fonceurs et aux fortes personnalités, elle retient surtout la qualité des rencontres qu’elle y fait. « Ce n’est pas rare de retrouver des collègues avec qui on a déjà travaillé. C’est agréable », dit-elle en refusant de qualifier le monde lyrique de snob. « Je côtoie des gens extraordinaires. Les plus grands artistes sont souvent les plus humbles et les plus travaillants. »

Projets en France

Maintenant qu’elle a terminé sa saison à Zurich, retrouver son statut d’artiste indépendante ne lui fait pas peur. Elle préfère le voir comme « une belle aventure ». « Il faut que je gagne mes auditions. J’essaie de saisir toutes les chances. »

Les prochains mois s’annoncent d’ailleurs fort intéressants pour Florie Valiquette. Elle fera ses débuts parisiens en avril au sein de la troupe Favart de l’Opéra Comique de Paris dans la production Le Postillon de Lonjumeau. Le mois suivant, elle chantera dans Midsummer Night’s Dream à l’Opéra de Montpellier, puis dans Werther au Capitole de Toulouse.

À travers ces engagements, elle ne boudera pas non plus son plaisir de chanter à titre de soliste dans quelques concerts en France et en Suisse. « Même si la majorité de mon temps est consacré aux productions, j’adore faire des récitals ! », lance-t-elle, déterminée à briser les frontières et les limites.