La Cowansvilloise Cayenne ne fait pas dans la dentelle, nous a-t-elle tout de suite avertis après son Cat Call, mais on l’avait déjà deviné en entendant ses textes crus crachés dans un langage québécois sans filtre.
La Cowansvilloise Cayenne ne fait pas dans la dentelle, nous a-t-elle tout de suite avertis après son Cat Call, mais on l’avait déjà deviné en entendant ses textes crus crachés dans un langage québécois sans filtre.

FICG: une quatrième demi-finale de haut calibre

Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est
Il y avait des candidats des ligues majeures au programme de la quatrième demi-finale du 52e Festival international de la chanson de Granby, vendredi. Cette dernière soirée du Grand concours, qui était remplie de performances exceptionnelles, s’est probablement avérée la plus égale en terme de talent.

Les six artistes qui ont défilé sur scène nous ont présenté des projets aboutis, des univers bien définis et une maturité musicale étonnante, si bien qu’on n’est pas gêné d’oser croire qu’il y a une place pour chacun d’eux sur la scène musicale québécoise — et francophone hors frontières.

Ça a démarré fort dès les premières notes de Mclean. De Sudbury, en Ontario, Simon Jutras de son vrai nom a guidé nos oreilles à travers son univers musical riche et ses textes poétiques dans une prestation magistrale. Il nous a fait voyager en première classe dans son monde de rock alternatif «éclectrique et cinématographique».

Pas étonnant que son album Une dernière fois ait remporté le titre de Meilleur album au gala du Trille Or en 2019.

L’Ontarien Mclean nous a fait voyager en première classe dans son monde de rock alternatif «éclectrique et cinématographique».

Sandrine St-Laurent est ensuite venue contraster de belle façon avec une proposition beaucoup plus tranquille. La Montréalaise originaire de Sherbrooke nous a tricoté du folk alternatif «solaire et délicat» aux textes «lucides et honnêtes», qu’elle a magnifiquement rendu en douceur avec une voix tendre et caressante.

À 25 ans, la finissante 2016 de l’École nationale de la chanson de Granby a enfin osé s’assumer, après des années d’hésitation, et nous a offert un premier EP, Pamplemousse, en juillet dernier.

On a par la suite été étonné par l’aplomb de Samuel Mallais. Âgé de seulement 18 ans, le Néo-Brunswickois de Petit-Rocher possède déjà une enviable feuille de route.

Avec son groupe Ananas, le gagnant du Festival de la chanson de Caraquet a lancé Fausse réalité en juillet dernier, mais c’est avec son projet solo qu’il s’est présenté à Granby. Un mélange de «folk doux et de rock puissant», qui ne réinvente certainement rien, mais qui s’avère efficace. Surtout avec sa chanson Quand j’arriverai, livrée en version quasi acoustique en hommage à son grand-père décédé.

La Montréalaise Bagaï lui a succédé avec une «pop impure aux racines classiques» à la fois intéressante et particulière, et on aurait bien aimé avoir accès à plus pour se faire une meilleure tête.

Ça tombe bien: la Française d’origine nous mijote un premier album, intitulé À l’endroit où dorment les hyènes, à sortir très bientôt.

Sandrine St-Laurent nous a tricoté du folk alternatif «solaire et délicat» aux textes «lucides et honnêtes», qu’elle a magnifiquement rendu en douceur avec une voix tendre et caressante.

Réveil brutal

Après tout ce doux, la Cowansvilloise Cayenne a «réveillé nos instincts», pour lui emprunter ces paroles, avec sa musique «épicée». Du rock éclectique teinté de musique américaine allant du blues au country au jazz manouche, toujours avec une solide touche de guitare électrique bien maîtrisée.

La diplômée 2019 de l’École nationale de la chanson de Granby ne fait pas dans la dentelle, nous a-t-elle tout de suite avertis après son Cat Call — mais on l’avait déjà deviné en entendant ses textes crus crachés dans un langage québécois sans filtre.

Stéphanie Bouchard-Tremblay, de son vrai nom, sait toutefois nous attendrir avec sa spontanéité... et son touchant hommage à sa région natale, la Côte-Nord, dans Au nord du Nord — sans se transformer pour autant en un Gilles Vigneault, attention!

C’est RSVP qui a bouclé la boucle de cette quatrième et dernière demi-finale du 52e Festival avec un style qu’on n’est plus habitué de voir depuis un bon petit bout au Québec. Trio originaire de Québec, Darren Vaudreuil, Henri Gendron et Jean-Philippe Michaud forment un authentique «boys band» qui donne dans la pop actuelle aux tendances 80s.

Et les gars ont tout du genre: la musique, les paroles, l’habillement et l’attitude, bien que ce dernier point pourrait être amélioré. Tsé, tant qu’à y aller à fond...

Étonnant quand on sait que les trois amis nageaient plutôt dans le heavy métal il n’y a pas si longtemps, avant de s’assagir dans le rock, puis la pop-rock avant d’atterrir dans la pop pure et dure.

Pas de finale, mais 21 prix remis

Rappelons qu’au terme de ces quatre demi-finales d’une 52e édition particulière, aucune finale ne sera présentée. Les 24 candidats se voient automatiquement accéder aux auditions de l’an prochain, sans avoir à repasser par le processus de sélection.

Les prix normalement remis au terme des demi-finales sont quand même décernés cette année, mais les gagnants seront annoncés ultérieurement, le 31 août, sur les réseaux sociaux. En tout, ce sont 21 prix qui seront remis à l’un ou l’autre des 24 demi-finalistes de cette 52e édition.