Le spectacle de clôture a vu défiler sur scène une brochette impressionnante d’auteurs-compositeurs-interprètes, tous passés par Granby il y a peu ou bien longtemps.

FICG: une fin toute en beauté

Les organisateurs du 50e Festival international de la chanson de Granby ont eu les yeux rivés sur le radar météo une bonne partie de l’après-midi et de la soirée, dimanche. Et quand une trombe d’eau s’est abattue sur le parc Daniel-Johnson, peu avant 19 h 30, ils ont eu chaud.

Le malaise a cependant été de courte durée, et les répercussions n’ont pas été très désastreuses. « On va forcément perdre quelques joueurs, anticipait le directeur général adjoint Érick-Louis Champagne durant l’averse, mais ceux qui resteront auront droit à un spectacle magique. »

Heureusement, l’averse a été de courte durée, et ils sont nombreux à être restés pour le grand spectacle de clôture de cette « super édition », dixit M. Champagne. « Le parc a été bien rempli tous les soirs, la deuxième scène et l’espace des Chansons à boire ont été de belles révélations, on a eu un record d’assistance en salle, le calibre des demi-finalistes de partout au pays est de plus en plus fort, bref, on a reçu tellement de bons commentaires qu’on se demande comment on va reproduire ça maintenant », a résumé Érick-Louis Champagne concernant la 50e mouture du FICG.

Fou de toi n’a pas fait exception et a vu défiler sur scène une brochette impressionnante d’auteurs-compositeurs-interprètes, tous passés par Granby il y a peu ou bien longtemps.

Leur chemin s’est tantôt arrêté en demi-finales, tantôt ils ont mis la main sur les grands honneurs, mais ils font aujourd’hui tous carrière.

La soirée a débuté avec un petit quinze de minutes de retard, et c’est Pierre Lapointe qui en a donné le coup d’envoi avec sa Forêt des mal-aimés, et pour laquelle sont venus se joindre à lui tous les artistes.

Le reste de la soirée s’est avérée être un feu roulant d’univers musicaux tous aussi différents les uns que les autres, et on nous a rappelé de bons souvenirs avec l’interprétation de chacun des artistes d’une des chansons qu’ils avaient faites lors de leur passage à Granby.

Damien Robitaille nous a fait son Porc-Épic, Jean-François Breau a replongé pour la toute première fois dans Je t’attendrai — « je suis quasiment nerveux », a-t-il admis —, Pierre Lapointe a ressorti son Colombarium, puis Pointant le nord, qui a mûri à Granby durant le Festival 2001 et apparaît sur son premier disque.

Robert Paquette intronisé
Mais c’est sûrement Robert Paquette qui nous a fait remonter le plus loin dans le temps avec sa chanson Dépêche-toi soleil, juste avant qu’on l’intronise officiellement au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens pour sa chanson Bleu et blanc.

« Il nous semblait absolument approprié de faire ça à Granby puisqu’en 1971, Robert a terminé deuxième au Festival et il a reçu l’année suivante le prix du public. Il n’y a donc pas de meilleur endroit que le Festival de la chanson pour introniser sa chanson Bleu et blanc, qui a été promue classique de la SOCAN en 2001 grâce à au moins 25 000 passages à la radio, et qui a figuré sur la liste des chansons importantes lors du 150e anniversaire du Canada en 2017 », a dit Marc Ouellet, administrateur du Panthéon, aux côtés de la directrice générale, Vanessa Thomas.

« Quand on écrit des chansons, on ne sait jamais quelle route elle va prendre, mais je suis très fier du voyage qu’elle m’a fait faire », a tenu à dire Robert Paquette en guise de remerciements, juste avant d’entamer son grand succès.

La soirée, qui avait aussi vu défiler sur scène Karim Ouellet, King Melrose, Klô Pelgag, Maude Audet, AMÉ, Caroline Savoie, Cindy Bédard et Julie Massicotte, s’est poursuivie dans la même énergie avec Luc De Larochellière et son incontournable Amère America. Également animateur de la soirée et directeur artistique, il n’a pas manqué de saluer le fondateur du Festival, Yves Gagnon, avant de se lancer dans Cash City.

Le dernier à monter sur scène s’est avéré être nul autre qu’Alex Nevsky. Le nouveau papa nous a généreusement offert Les coloriés et On leur a fait croire, une belle façon, pour le Granbyen, de clore cette ultime soirée de Festival qui, depuis 50 ans, habite Granby.

PAS QUE DES HEUREUX...

Les festivités entourant le 50e Festival international de la chanson de Granby n’ont pas fait que des heureux. Des résidents vivant près du parc Daniel-Johnson ont écrit à La Voix de l’Est pour se plaindre du trop haut volume de la musique.

« Avec les répétitions qui débutent sur l’heure du midi, qui se terminent vers 18 h et puis les spectacles qui enchaînent, nous n’avons aucun répit au niveau sonore. Pas moyen d’écouter la télé ou notre choix de musique, les vitres en tremblent à la maison », indique Mario Therrien, qui réside dans le boulevard Leclerc Est.

« Il y a beaucoup d’activité dans ce beau parc, et c’est OK, car il n’y a que le FICG qui ne nous respecte pas. Tous les autres utilisateurs le font dans le respect du quartier. Pas un soupçon de trouble avec le week-end des voitures anciennes, et pourtant il y a beaucoup plus de monde que les shows du FICG ! » déplore-t-il.

« Le son est vraiment trop fort », abonde dans le même sens un autre résident du boulevard Leclerc Est, Donald Louis Leblanc, qui se dit pourtant un amateur d’art et de culture. « Mais trop, c’est trop ! Ma femme est malade, et nous avons quatre jours et quatre soirs de musique à tue-tête [à endurer]. La vaisselle en vibre dans les armoires. »

Questionné à ce sujet, le directeur adjoint du Festival de la chanson, Érick-Louis Champagne, s’est dit au fait de certaines plaintes, dimanche soir. « Il y aura toujours des mécontents », a-t-il laissé tomber. 

« En même temps, je ne veux pas leur donner trop de crédit, surtout de la façon dont ces plaintes ont été formulées. On nous a accusés d’avoir eu à recours à des pots-de-vin pour pouvoir faire ce qu’on fait, alors qu’on est passé par tout le processus d’autorisations de la Ville », a-t-il ajouté. Marie-Ève Lambert