Bien que virtuelle, la fête du Canada rassemblera les Canadiens et les Canadiennes autour de la thémartique «le Canada ensemble».
Bien que virtuelle, la fête du Canada rassemblera les Canadiens et les Canadiennes autour de la thémartique «le Canada ensemble».

Fête du Canada virtuelle: de Marc Hervieux à Alanis Morissette en passant par... Ricardo

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Patrimoine canadien a dévoilé lundi 15 juin la programmation de la fête du Canada 2020, essentiellement virtuelle cette année, à cause des risques de pandémie de la COVID-19. Mais, même séparés, les Canadiens auront l'occasion d'être connectés «ensemble», promet Patrimoine. 

La Fête du 1er juillet réunira en musique plusieurs vedettes francophones de la chanson, dont Alex Nevsky, Marc Hervieux, Damien Robitaille et Laurence Nerbonne, qui participeront à l’un ou l'autre des deux spectacles télévisés organisés (l’un en journée, l’autre le soir). 

Mais de nombreuses personnalités issues d’autres disciplines, comme le sport et la gastronomie, se greffent aux festivités. Ainsi, le chef Ricardo ainsi que plusieurs athlètes – la patineuse Kaetlyn Osmond et l’ex-joueur de football Étienne Boulay, ou encore le blogueur de voyage Gunnarolla, entre autres – alimenteront leurs réseaux sociaux «dès les prochaines semaines».

Le 29 juin, sera mise en ligne une série de capsules vidéo réunissant des Canadiens et des Canadiennes des quatre coins du pays. «Inspirantes» ou «touchantes», ces vidéos se veulent avant tout «rassembleuses», dans l’esprit «soyons ensemble!» .

Les capsules Cuisinons ensemble! et Bougeons ensemble!, par exemple, se présentent comme des défis «amusants et haut en couleur», l’un culinaire, l’autre sportif. La vidéo Innovons ensemble! célébrera l’ingéniosité canadienne, tandis que Découvrons ensemble! cherchera à mieux faire connaître «des trésors cachés du Canada numérique». 

La trousse comprend plusieurs coffret d'activités. Le coffret Feuille d'érable «met l'accent sur les arts et la culture». Les autres coffrets proposent des activités axées autour de l'histoire du Canada et ses traditions, ainsi que des activités physiques (de plein air) et culinaires.

«Cette année plus que jamais, la fête du Canada rassemblera les Canadiens et les Canadiennes, même si elle se déroule virtuellement», martèle Patrimoine Canadien.


Spectacles télévisés

Deux émissions pancanadiennes  sont prévues le 1er juillet.

Pierre-Yves Lord et serena Ryder animeront La fête du Canada à travers le pays, en début d’après-midi. Les deux coanimateurs «partiront à la découverte» d’artistes représentant le Canada coast to coast, tout en célébrant «la diversité culturelle, l’excellence sportive, la culture et les langues autochtones».

L’émission du soir, La fête du Canada ensemble, également animée par Pierre-Yves Lord et Serena Ryder, présentera quant à elle «des collaborations artistiques originales entre artistes d’un bout à l’autre du pays».

La programmation musicale fait la part belle aux femmes. L’affiche réunit Alanis Morissette, Avril Lavigne, Sarah McLachlan, Charlotte Cardin, Roxane Bruneau, Natasha Kanapé Fontaine, Alexandra Stréliski, Ria Mae et Haviah Mighty.

Pour le volet masculin, on attend Alex Nevsky, Loud, Corneille, Radio Radio et Damien Robitaille, du côté des francophones. Ils se grefferont à Shane Koyczan, Alan Doyle, et Joel Plaskett, ainsi qu’aux formations The Sheepdogs et The Jerry Cans. La danse sera bien représentée, en compagnie de Guillaume Côté (The National Ballet of Canada), Vanesa Garcia-Ribala Montoya (Les Grands Ballets Canadiens) et Alanna McAdie (the Royal Winnipeg Ballet).

Le traditionnel feu d’artifice sera toutefois remplacé «par un bouquet d’images des plus beaux feux d’artifice de la fête du Canada des années passées», mentionne Patrimoine Canadien. Les détails seront dévoilés ultérieurement.

Au détour de l’émission de jour, on croisera Marc Hervieux, Laurence Nerbonne et Sarahmée, Kelly Bado et Patricia Cano. L’Orchestre du Centre national des Arts et le Ballet Atlantique Canada y participeront aussi.

Les émissions seront retransmises sur les ondes de Radio-Canada et de la CBC (de 13 h à 14 h  puis de 20 h à 22 h, heures de l’Est), ainsi qu’à la CPAC et sur les plateformes numériques de Patrimoine canadien.

Plusieurs événements  sont prévus dans certaines villes, fruits d'initiatives locales cooptées par Patrimoine canadien. Des spectacles et des rassemblements virtuels se tiendront à Montréal, Québec et Drummondville, entre autres, mais aucun spectacle n'est toutefois prévu dans la capitale fédérale, cette année. Le site Internet de Patrimoine répertorie la liste des villes où se tiendront des célébrations d'envergure, classées par grandes zones. Pour le Québec et l'Ontario, on trouve les détails ici.

Trousse familiale

Une «Trousse de célébration virtuelle» est désormais disponible en ligne. Cette trousse propose des activités interactives, créatives et éducatives familiales. Patrimoine Canadien invite les internautes à exprimer leur fierté en partageant leur expérience numérique au moyen du mot-clic #FêteduCanada.

Les festivités seront cette année l’occasion de souligner le 40e anniversaire du Ô Canada ainsi que «le rôle déterminant» qu’a joué la Nation métisse dans l’entrée du Manitoba dans la Confédération il y a 150 ans, rappelle Patrimoine Canadien.

Patrimoine Canadien a élaboré une «Trousse de célébration virtuelle», disponible en ligne.

«Fruit d’un effort collectif»

« Cette année n'est pas comme les autres. Mais même si nous traversons des temps difficiles, nous pouvons réfléchir à ce que cela signifie d'être Canadiens. Je vous invite tous, où que vous soyez, à participer aux activités que nous avons prévues. Aujourd'hui, l'histoire de notre pays, nos valeurs, notre talent et notre créativité sont exposés aux yeux du monde entier», a estimé lundi le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault.

En entrevue avec Le Droit, le ministre Guilbault a partagé sa satisfaction quant à la mise en place, en seulement quelques mois, du virage virtuel de la fête du Canada. 

L’opération était complexe, notamment à cause des mesures de déconfinement qui n’étaient pas les mêmes partout à travers le territoire. Les étapes devaient avancer, tout en acceptant «un niveau d’incertitude» inhabituel, au regard de la planification. L’aventure était ambitieuse, surtout dans les délais serrés et sa réalisation est le «fruit d’un effort collectif», rappelle-t-il.

«Il faut féliciter l’ingéniosité, la créativité et la débrouillardise de toutes les personnes impliquées, que ce soit  les artistes, les entreprises et les municipalités.»

Le public sera-t-il au rendez-vous, derrière ses écrans ? Dans le domaine de l’organisation événementielle, «on n’est jamais sûr que ça va bien se passer; on doute toujours». «Là, c’est un nouveau concept, alors j’ai un peu de nervosité mais j’ai bon espoir que ce sera un succès». Entre autres, parce qu’il constate que, durant la période de confinement, «nous avons collectivement acquis certaines habitudes» indiquant que ce nouveau mode opératoire est viable. 

Il croit d’ailleurs que le grand public, séduit par le «volet innovant» des  technologies numériques, «va garder» à long terme ces nouveaux réflexes de consommation numérique, même lorsqu’il sera possible d’assister à des concerts en plein air, après le déconfinement.

Ce qui est intéressant, de cette édition 2020, estime-t-il, c’est précisément qu’elle facilite la participation, en abolissant la distance. Pour les gens, «partout où qu’ils soient au pays, ce sera facile de participer» aux activités proposées. 


Pas d’économies substantielles

Même si l’absence de feux d’artifice, a permis d’économiser quelques millions $, le budget alloué aux festivités demeure sensiblement le même que celui  des dernières années. À peine «un peu moins que l’an dernier», stipule le ministre. 

Cette année, la télédiffusion des spectacles a occasionné des «coûts importants», rappelle-t-il. «Au lieu de [se contenter de] faire un enregistrement dans un même lieu, avec des artistes qui défilent sur scène, il a fallu enregistrer une série de performances individuelles aux quatre coins du pays, d’une côte à l’autre», évoque par exemple M. Guilbault. 


Défi supplémentaire à Ottawa

«Le défi supplémentaire qu’on avait à Ottawa, c’est que ce lieu est inaccessible présentement» à cause de travaux d’envergure dont fait l’objet l’édifice du parlement. «C’est difficile de trouver un lieu proche, tout en respectant les enjeux liés à la distanciation», a commenté le ministre.

Il faut se réjouir de ce que la fête du Canada se tienne malgré la crise pandémique, même si elle n’a pas lieu cette année sur son site habituel, hautement symbolique, la colline du parlement, estime Patrimoine Canadien.

La «fête du Dominion»  n’a été annulée qu’une seule fois, en 1976. Dans un rapport des débats de la Chambre des communes daté du 28 janvier 1976, le député de la circonscription de Grenville-Garleton, Walter Baker, semble imputer l’annulation des festivités à des compressions budgétaires ayant affecté Festival Canada, au sein duquel les célébrations s'inscrivaient à l’époque.

Le 1er juillet 2020 marquera le 153e anniversaire de la Confédération canadienne.

Renseignements: Patrimoine canadien (ou sur Facebook).