Kevin Hickey
Kevin Hickey

Festival de la chanson de Granby: des familles d’accueil...sans invité

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Kevin Hickey et France Ménard seront privés d’une bonne dose de plaisir et d’adrénaline cette année. Habitués à accueillir des participants du Festival international de la chanson de Granby, ils devront cette fois vivre l’événement de loin, sans personne à chouchouter.

En raison de la formule virtuelle adoptée cette année par la direction du Festival, les familles d’accueil ne reçoivent en effet aucun artiste. Un véritable petit deuil pour certaines d’entre elles, pour qui la fin août est généralement synonyme d’effervescence.

Parlez-en à Kevin Hickey. Le Granbyen et sa conjointe Isabelle Gagné vivent l’événement de l’intérieur depuis 2014. Amateur du Festival de très longue date — madame depuis encore plus longtemps que monsieur —, le couple a un intérêt marqué pour la musique. Devenir famille d’accueil s’est donc imposé naturellement.

«On reçoit beaucoup de gens à la maison. On est des gens accueillants. Alors, on s’est adapté rapidement à ce rôle. Ça donne lieu à des rencontres humaines, à de beaux échanges. D’autant plus qu’on a toujours eu des festivaliers super», assure M. Hickey.

Leur tout premier invité, Michel Robichaud, a d’ailleurs remporté la palme du FICG 2014; de quoi leur donner à la fois la chair de poule et la piqûre!

«Je pense que dans la salle, on est aussi nerveux que leurs parents! On les motive, on les encourage. Ils vivent avec nous, mangent avec nous. On va plus loin que simplement les héberger. Ils sont reçus chez nous comme des amis. On veut qu’ils focusent sur leurs performances. Nous, on s’occupe du reste», indique celui qui a vécu des «jams sur le patio» et quelques soirées mémorables au fil des éditions.

Pas étonnant que le duo ait gardé contact avec tous les participants qui sont passés dans son foyer. «On les revoit tous. Ils deviennent des amis et on suit leur carrière.»

Michel Robichaud, par exemple, a profité du fait qu’il animait, cette année, les soirées musicales préenregistrées au Palace de Granby, pour aller souper chez les Gagné-Hickey quelques fois ces derniers jours.

Kevin Hickey avoue que l’édition 2020 en version numérique ne l’interpellait pas beaucoup. Pas de spectacles en salle, pas de concurrent à recevoir... Pas très excitant tout ça.

«Mais on a renoué avec l’esprit du Festival», lance-t-il, en expliquant que pour les quatre soirées de demi-finales de cette semaine, lui et sa douce ont une l’idée d’installer un écran géant dans leur cour et d’inviter quelques amis du Festival pour assister aux prestations et passer du bon temps ensemble. «Ce n’est pas pareil, mais ça va nous mettre dans l’ambiance!»

France Ménard

En manque de visite

Parmi les personnes invitées, France Ménard se promettait bien d’être de la fête. Après 13 ans à titre d’hôtesse, elle avoue que l’absence de cette belle visite — elle héberge principalement des demi-finalistes venus de l’extérieur du Québec — lui pèse un peu.

«Ça fait drôle cette année. Il manque quelque chose... Je n’ai pas ma petite dose de nouveautés», dit celle qui prend toujours ses vacances en août pour donner un coup de main au Festival de la chanson, tout en profitant des festivités.

Côtoyer ces jeunes auteurs-compositeurs-interprètes lui plaît au plus haut point. Tellement qu’elle en accueille toujours deux à la fois. «Être deux leur permet de s’épauler, de s’entraider. Ça crée une belle dynamique. En principe, je les aurais hébergés en avril, en juin et en août. Oui, ça me manque.»

Dans sa grande maison, qu’elle habite maintenant seule, elle a tout l’espace nécessaire pour les traiter comme des VIP. Ou plutôt comme ses propres enfants. «Ils ont les mêmes responsabilités. Je veux savoir où ils sont. Avec eux, je joue le rôle de motivatrice et même de styliste parfois!»

France Ménard prend son rôle à coeur. Elle était d’ailleurs reconnue pour les «partys» qu’elle tenait chez elle durant le Festival. «Jusqu’à ce que Kevin Hickey prenne la relève!», dit-elle en riant.

Bref, pour cette édition pas comme les autres, elle suivra religieusement les demi-finales sur le web, mais sans la fébrilité de voir l’un de ses protégés monter sur scène.

Pour Kevin Hickey et France Ménard, la question ne se pose pas : si les choses sont revenues à la normale l’été prochain, leur maison accueillera à nouveau des participants du Festival. Une chambre les attend impatiemment.

«Chaque année, je me demande comment je vais faire un jour pour arrêter», termine Mme Ménard.