L’artiste Carole Lamoureux devant quelques-unes de ses oeuvres.

Exposition de Carole Lamoureux: les couleurs de la vie

Étrangement, l’exposition que présente Carole Lamoureux au CINLB n’a pas de titre. Elle pourrait pourtant en porter plusieurs, tellement la proposition de l’artiste est riche et variée. Elle pourrait aussi n’en porter qu’un seul : Couleurs.

« Je suis coloriste avant tout. Dans mes oeuvres, c’est d’abord la couleur ; la forme vient après. La couleur m’aide à passer à travers la vie », confie la Bromontoise, d’une voix douce et fragile.

Peintre professionnelle depuis 1989, Carole Lamoureux a touché à l’aquarelle et à l’acrylique. D’abord à travers l’hyperréalisme qu’elle a notamment exprimé à travers ses fameuses cordes à linge de ruelles, sur lesquelles flottaient des brassées de vêtements colorés. Puis, l’abstrait s’est subtilement invité, sans jamais trop s’éloigner du style figuratif.

Des chevaux qui s’ébattent, des fruits appétissants, des fleurs qui s’épanouissent... L’artiste montre et suggère, avec une technique longuement raffinée. « L’observation développe l’imagination », dit celle qui pratique son art depuis 35 ans. « C’est mon premier et mon seul métier. Il faut beaucoup de passion pour faire ça ! »

Quelques minutes en sa compagnie suffisent à comprendre que la peinture est pour elle une nécessité et une seconde nature. « J’y pense tous les jours. Quand je peins une chose, j’ai le goût d’en faire une autre. Devant un tableau, je ne pense à rien d’autre et quand je le laisse, il faut que je sois entièrement satisfaite. »

Surtout contemporaine, son oeuvre est joyeuse et rythmée, ajoute-t-elle.

Son conjoint, complice artistique et agent, Robert Lortie, souligne que le processus de création de Mme Lamoureux fonctionne « à l’envers ». « C’est rare qu’elle peigne des séquences d’hiver en hiver. Le climat l’influence beaucoup. » Durant les blancs et gris mois d’hiver, la couleur éclate donc plus que jamais sur ses tableaux, comme un antidote à la fadeur du paysage.

Rétrospective

Les visiteurs qui franchissent la porte de la galerie du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin ont droit à une rétrospective du talent de Carole Lamoureux. Parmi les 47 créations proposées, certaines datent de plusieurs années et offrent un bel aperçu du cheminement de l’artiste.

D’autres, plus récentes, sortent carrément du lot. Intitulée Métal, cette première collection conjointe avec son compagnon Robert est à la fois peinture et sculpture. Madame voit à la couleur et au martelage méticuleux du métal. Monsieur s’occupe du support en bois exotique. Les deux artistes, qui sont aussi diplômés en design, conçoivent les croquis et se relaient au besoin.

« On cherchait un support qui ne nécessitait pas d’encadrement traditionnel. Et ça a pris deux ans pour développer un fini qui protégeait les oeuvres des tâches et des égratignures », explique M. Lortie, en montrant les trois tableaux de métal intégrés à l’exposition.

Et parce que les Lamoureux-Lortie ont engendré un fils doté d’un fort sens artistique, ils ont pris soin d’inclure également quelques oeuvres à l’aquarelle de Yan.

Ici, l’art est une affaire de famille.

L’exposition tiendra l’affiche jusqu’au 7 avril au pavillon d’accueil du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin de Granby. L’entrée est gratuite.