Joanne Lapointe et Carole Pilon exposent au Musée Bruck, à Cowansville, jusqu’au 21 décembre.

Exposition au Musée Bruck: l’art de la transformation

Le Musée Bruck de Cowansville accueille une nouvelle exposition conjointe, Corps modulés et Avatar, réunissant les œuvres de Joanne Lapointe, de Brome, et de la Montréalaise Carole Pilon. Le mariage est harmonieux, même si les deux artistes ne se connaissaient pas auparavant.

« Il y a la même sensibilité par rapport à la matière et au thème », remarque Mme Pilon lors du vernissage, qui avait lieu samedi. La transformation est au cœur de leur travail.

Mme Pilon travaille le verre depuis environ 30 ans et elle se concentre maintenant sur la métamorphose des corps.

« Je me suis mise à utiliser des formes humaines, un corps complet ou morcelé, il y a environ 10 ans, et j’essaie d’intégrer des formes végétales pour donner un peu ce parallèle qu’il y a entre l’humain et la nature. Évidemment, c’est ludique et métaphorique, mais ça reste une espèce de poésie sur l’adaptation, la transformation. »

Sa technique est complexe. Il s’agit de verre moulé à la cire perdue, qu’elle incorpore à d’autres techniques pour les intégrer au verre, notamment des formes végétales à base de différentes matières.

Le verre moulé à la cire perdue permet de travailler avec un seul moule, plutôt qu’une combinaison de plusieurs. « C’est une technique qui me permet d’avoir plein de petits détails. Ce que j’aime faire avec le verre, c’est de le combiner avec d’autres matières, comme du bois, de la résine, du ciment, de la pulpe de papier, du métal. Tout est segmenté au départ. »

Un berceau de branchages représentant une main soutient une tête d’enfant en verre. Une œuvre signée Carole Pilon.

Ainsi, les orteils d’un pied deviennent des racines. Les bras d’un buste humain sont prolongés par des branches. Une main formée de branchages devient un berceau qui porte la tête d’un enfant.

La plupart des œuvres de Mme Pilon sont des sculptures, tandis que quelques-unes sont suspendues au mur.

Redonner vie

Joanne Lapointe réalise de son côté des tableaux. Cependant, ses matériaux ne sont pas incorporés sur une toile. Elle utilise plutôt des panneaux de bois qu’elle peint et transforme.

« Je récupère des choses abandonnées, jetées dans la nature ou par terre et j’essaie de les mettre dans d’autres situations pour leur rendre leur beauté. Je fais un assemblage. »

Des planches de bois vieillies par la chaleur des moules d’une fonderie ont trouvé une autre vocation, de même que des branches et d’autres objets rouillés. Une plaque de métal rouillé et percé rappelle, par exemple, la forme d’un ours qui devient le personnage central d’une œuvre.

« Ma démarche est de trouver une autre utilité pour des objets qui ont été abandonnés, de les voir autrement. Les gens sont en général portés à jeter rapidement des choses, mais des fois, il s’agit juste de les repeinturer, de les remettre dans un autre contexte pour que l’objet continue à vivre. »

Les œuvres de Joanne Lapointe mettent en scène des matériaux qu’elle trouve abandonnés.

L’exposition se déroule jusqu’au 21 décembre au Musée Bruck.