Marc Hébert devant quelques toiles de sa nouvelle série

Expo écolo et virage à 180 degrés pour le peintre Marc Hébert

Pour le peintre Marc Hébert, la nouvelle exposition Une deuxième vie qu’il présente actuellement au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin lui permet de joindre l’utile à l’agréable : récupérer ses canevas usagés tout en donnant un coup de main à l’environnement.

« J’avais envie de faire cela parce que le recyclage est dans l’air du temps et parce que j’avais beaucoup de toiles sur lesquelles je pouvais peindre à nouveau », explique le Granbyen.

Beaucoup, mais pas suffisamment pour faire toute l’exposition avec des toiles recyclées, ajoute-t-il cependant. C’est donc environ la moitié de la trentaine de tableaux exposés dans la salle du CINLB qui en sont à leur seconde vie. « Et je peux fournir, sur demande, la photo de la toile d’origine ! », précise l’artiste d’expérience qui en est à sa deuxième exposition solo à cet endroit.

Ce dernier rappelle que cette façon de faire n’est pas nouvelle. « Beaucoup de peintres le font. Même les grands maîtres le faisaient. C’est mystérieux de penser qu’une autre toile se cache en dessous de celle qu’on voit... »

Changement de style

Au concept de récupération, Marc Hébert ajoute également un virage « à 180 degrés » de son style. Après sa série Au-delà, plus sombre et plus abstraite que ce à quoi il nous avait habitués, le voilà qui embrasse à nouveau les paysages.

« Au-delà, peinte aux doigts, totalisait une cinquantaine d’œuvres et j’avais envie de faire autre chose », dit-il en montrant quelques-unes de ses toiles sur fond noir qu’il a quand même tenu à accrocher aux côtés de ses nouvelles.

Celui qui peint par émergence à partir de « barbouillages » a en effet eu la surprise, l’an dernier, de voir des paysages se dessiner devant ses yeux.

« Ça faisait des années que je n’en faisais plus ! Ceux-là sont complètement différents, mais on reconnaît toujours ma signature », assure-t-il, en pointant ses plus récentes toiles où l’eau est très présente, aux côtés de musiciens, d’oiseaux et d’animaux.

Et qui dit eau, dit tons de bleu. Pour cette collection, Marc Hébert s’en est donné à cœur joie. « Je crée de nouvelles teintes, je joue avec les turquoises... J’ai tellement d’idées pour cette série ! » s’exclame-t-il, en nous montrant le frisson sur ses bras.

Le plaisir, il est là. Dans le renouveau constant, dans l’expérimentation de nouvelles techniques — « Je travaille à l’huile, aux doigts, au pinceau, à l’essuie-tout, à n’importe quoi », rigole-t-il — et surtout dans la transmission de son art à ses élèves qu’il aime tant.

« Ça fait 30 ans que je peins et je suis encore plus passionné qu’à mes débuts. Je ne cherche jamais à faire ce qui est à la mode. Je me laisse porter par l’inspiration, tout simplement. »

L’exposition se déroule jusqu’au 30 octobre. Le vernissage de l’exposition aura lieu le dimanche 29 septembre de 13 h à 16 h en présence d’un trio de jazz.