Lana Greben et Francesca Penserini exposent au Musée Bruck.

Explorations en deux temps au Musée Bruck

Les œuvres monochromes de Francesca Penserini et les installations colorées de Lana Greben proposent aux visiteurs du Musée Bruck d’explorer le temps à travers le textile et le fil.

« Lana a un contenu couleur important et je trouvais que c’était vraiment intéressant parce que, ce que Suzanne Morin [directrice du Musée Bruck] et moi avions sélectionné de ma démarche, c’était plus austère, un peu plus monochrome, raconte l’artiste de Magog Francesca Penserini. Ce que je savais qui allait arriver, c’est qu’elle allait dynamiser et permettre aussi ce respire plus lent, plus introspectif. De là à ce que cette cohabitation soit aussi dynamique, c’est une belle surprise, c’est même au-delà de ce qu’on pouvait soupçonner. »

L’exposition Sans coutures réunissant les deux artistes multidisciplinaires a été lancée lors d’un vernissage, samedi après-midi, au musée cowansvillois.

L’artiste de Gatineau Lana Greben travaille le tissu et le dessin. Ses scénographies sont inspirées des magasins de vêtements avec les hauts ou les bas de mannequins de vitrine et des installations métalliques. Y sont accrochés chandails, couvertures tricotées et autres textiles dans des agencements surprenants. On y trouve également des pièces de vêtements venues de partout dans le monde et de toutes les époques.

« Ce sont des projets participatifs, dans le sens où j’ai une collection personnelle de vêtements et, dans cette collection, j’ai des vêtements qui étaient portés par moi-même dans des situations différentes, mais aussi j’ai des vêtements traditionnels et folkloriques qui me sont prêtés ou donnés. Ici, c’est un tablier allemand traditionnel, montre-t-elle. Ici c’est de la broderie hongroise des années 30, là une broderie palestinienne des années 1900. J’ai des vêtements tricotés par ma mère, des tissus tricotés par ma belle-sœur, un foulard tricoté par ma fille. »

Le montage de l’exposition permet de faire un lien entre cette scénographie et ses dessins représentant toujours un visage monochrome et un vêtement coloré. « Les formes vont être répétées dans le dessin, tout comme les couleurs. Ça semble un peu aléatoire, mais c’est comme un collage où chaque pièce est pensée. C’est agencé de cette façon pour en faire un ensemble cohérent. »

Mme Greben remarque un rappel entre ses œuvres et celle de Francesca Penserini, comme si les dessins de cette dernière étaient un plan rapproché du textile représenté dans le travail de la Gatinoise.

Les dessins de Mme Penserini sont numérisés et agrandis pour l’impression. Dans la salle principale, il y a de petits formats tout comme des grands.

La thématique qu’elle a exploitée pour cette exposition est « le fil qui est entrecroisé, qui est noué, tressé ; le fil unique qui des fois est crocheté et qui se déploie sur une surface et qui fait référence au temps qui passe, au tissu qui nous relie tous. » En plus des dessins numérisés et agrandis, on peut observer le travail de sculpture de la Magogoise, comme des empreintes de dentelle dans l’argile.

L’exposition est présentée jusqu’au 3 mars prochain.