L’artiste récupérateur Ernst Perdriel présente sa première exposition solo, Parcelles­ temporelles, au Centre d’art Dunham jusqu’au 14 mars.

Ernst Perdriel, un artiste écologiste et autodidacte

Pour Ernst Perdriel, tout peut servir à la création : des bouts de bois ou des morceaux de verre polis par le va-et-vient des marées, des jouets pour enfants ramassés dans des bazars, des déchets technologiques, entiers ou en pièces, et même des rebus ramassés dans un boisé.

Depuis 25 ans, l’artiste cowansvillois utilise les rebuts de nos civilisations comme médium. Dans ses mains, ces objets abandonnés reprennent vie et se transforment en véritables œuvres d’art sous forme de collages et de mosaïques. Elles sont tantôt purement esthétiques, tantôt utilitaires, comme ses tableaux à la craie et ses porte-clés muraux.

Bien qu’il se défende d’être un écologiste activiste, il admet d’emblée qu’il ne se gêne pas pour susciter une réflexion auprès du public. « En tant qu’artiste, je me dis “pourquoi acheter des matériaux quand il y en a déjà plein qui sont à portée de main ?” J’aime faire mon humble petite part pour l’environnement pour lutter contre la surproduction et cette tendance d’acheter des objets, qui brisent, qu’on jette et qu’on rachète. Je crois qu’il existe déjà suffisamment de biens sur la planète pour arrêter d’en produire de nouveaux. »

L’artiste récupérateur invite d’ailleurs les gens à lui faire don de leurs vieux téléphones cellulaires. « J’ai l’idée d’une série de tableaux avec ça... »

Archéologue du futur

Dans l’exposition qu’il présente au Centre d’art Dunham à compter d’aujourd’hui, Ernst Perdriel propose une rétrospective de son cheminement d’artiste depuis ses débuts. Ses tableaux 2D et 3D, tous mis en valeur dans d’anciens cadres, de vieilles fenêtres ou d’anciennes portes d’armoire, sont regroupés selon les phases qu’il a traversées. « C’est un peu pour ça que je l’ai appelée Parcelles temporelles », mentionne-t-il.

C’est aussi parce que le temps est un élément central de sa démarche artistique, ajoute-t-il. « Je dis toujours que je fais de l’archéologie du futur, comme si j’essayais de me projeter dans l’avenir et de témoigner de notre époque. »

Une première expo solo

Ernst Perdriel est un artiste essentiellement autodidacte. Il a bien suivi quelques cours d’art au travers ses études en design de l’environnement, mais sa démarche en est surtout une d’exploration, dit celui qui a débuté par s’exprimer à travers le dessin avant de bifurquer vers le collage puis la mosaïque, il y a une dizaine d’années.

S’il a connu une belle période dans les années 90, il admet qu’il a vécu un énorme creux de création durant la première décennie des années 2000. « J’ai recommencé à créer en quittant la métropole pour m’installer à Cowansville, en 2010 », indique-t-il.

Depuis, il a participé à plusieurs expositions collectives ici et là — à Sutton, Dunham, Cowansville, même New York et au New Jersey. Parcelles temporelles est sa première expérience en solo dans la région.

L’artiste exposera également au Centre d’arts de Frelighsburg en juillet.

Envie d’y aller ?

Quoi : Exposition Parcelles temporelles, d’Ernst Perdriel

Quand : jusqu’au 14 mars

Où : au Centre d’art Dunham

Vernissage : ce samedi 23 février de 14 h à 16 h

Coût: Entrée libre