Le réalisateur Guy Édoin

Entre vérité et fiction

Après la finale-choc de sa deuxième saison, jeudi soir, District 31 nous reviendra mardi prochain, à 20 h, sous la forme d’un documentaire portant sur les dessous du métier d’enquêteur.

Derrière la caméra : le réalisateur de Saint-Armand Guy Édoin, connu notamment pour ses très beaux films Marécages et Ville-Marie.

Il a également signé les deux documentaires sur Unité 9, dont le second a été présenté à l’antenne de Radio-Canada mardi dernier. « Fabienne [Larouche] était très contente de ce que j’avais fait pour Unité 9, et elle m’a demandé si je voulais faire la même chose pour District 31, raconte Guy Édoin. J’ai dit oui sans hésiter. »

Il explique que District 31 - Les enquêteurs est divisé en deux volets. « J’ai accompagné les policiers dans leur patrouille pendant deux nuits, et j’ai aussi fait des entrevues de bureau avec les enquêteurs et d’anciens enquêteurs à la retraite, qui ont maintenant une plus grande liberté de parole », laisse-t-il savoir.

Le réalisateur souhaitait non seulement dresser un portrait du travail d’enquêteur, mais aussi des individus qui portent l’uniforme. « Ce sont des gens tellement passionnés ! Ils rentrent dans la police avec le désir de sauver le monde, de contribuer à la société. Mais il y a un côté plus sombre au métier qui amène une certaine détresse chez certains... »

« L’expérience la plus enrichissante »
Bien qu’il soit maintenant établi dans le monde du cinéma, Guy Édoin aime retrouver le documentaire de temps à autre. « Je ne hais pas l’idée d’avoir des documentaires on the side, dit-il. Le travail est différent... On y trouve une certaine vérité qu’on n’a pas en fiction. Mais en fait, ce sont deux vases communicants : le documentaire nourrit la fiction, et la fiction nourrit le documentaire. Il y a un bel équilibre à aller chercher entre les deux. »

De fait, il affirme que le documentaires Unité 9 - Les familles, qui a été présenté l’an dernier, est « l’expérience la plus enrichissante » qu’il a vécu à titre de réalisateur. « Il y avait une charge émotionnelle super forte dans ces rencontres avec des familles qui voient l’un des leurs faire de la prison. C’était des journées de tournage très épuisantes. Ce sont souvent des gens maganés par la vie, ils ont des histoires dures à entendre. Mais il y avait quelque chose de thérapeutique pour eux à parler à la caméra, comme s’ils avaient besoin de se livrer. »

Malek
L’Armandois laisse par ailleurs savoir que son prochain long métrage, Malek, est fin prêt et qu’il devrait probablement sortir à l’automne.

Le film est une adaptation du roman Le Cafard, de Rawi Hage, qui raconte la renaissance fragile d’un immigrant libanais vivant à Montréal et qui est hanté par la mort de sa sœur. Il met notamment en vedette l’acteur français Tawfik Jallab, Karine Vanasse ainsi que le dramaturge Mani Soleymanlou.

Il s’agissait pour lui d’une première incursion dans la réalisation d’un long métrage dont le scénario ne vient pas de lui. S’il admet que l’expérience lui a plu — « c’est l’fun de prendre un break de mon écriture, qui n’est jamais la partie la plus facile ni la plus naturelle pour moi » —, il annonce d’ores et déjà que son prochain film, sur lequel il a commencé à plancher, aura comme matériel narratif un scénario de son cru.

Il refuse toutefois d’avancer le moindre détail, mais il assure qu’il s’agira pour lui d’un « retour aux sources », avec probablement « un tournage dans la région des Cantons-de-l’Est ».