On voit ici la cinéaste bromontoise Mimi Tremblay sur la Alaska Highway.

En quête de l’identité canadienne

Pendant que le Québec au complet se lamentait de la météo atroce du mois d’avril, la Bromontoise Mimi Tremblay était à terminer le tournage de son deuxième film d’une série de dix au Nunavut... sous une agréable température ressentie de -37 degrés Celsius !

« On se doute qu’elles [les Premières nations] ne vivent plus dans des igloos, mais il reste beaucoup de choses à démystifier autour d’elles. Ça fait que je suis allée leur poser des questions. Sont-elles encore capables d’en construire un, un igloo ? Est-ce qu’elles chassent encore le caribou ? » explique-t-elle. Pour les curieux, on vous dit tout de suite que la réponse est oui. 

Cette expédition nordique venait clore la démarche qu’elle a adoptée, il y a un an, dans l’élaboration de son deuxième film de son projet Oiseau de nuit, qui vise à réaliser dix longs métrages basés sur dix voyages autour du monde.

L’an dernier, la jeune cinéaste nous a présenté Nomades, qui revisitait le roadtrip américain à travers 28 États ; cette fois, elle tenait à parcourir son pays avant d’aller voir ailleurs. « Pour moi, c’était impensable de faire des voyages partout dans le monde sans connaître mon propre pays », affirmait-elle à La Voix de l’Est en 2017.

« L’essence du voyage ne s’inscrit-­elle pas dans l’échange ? Qu’est-ce que j’avais à offrir à cet Autre que j’allais rencontrer en chemin ? Je me suis mise en tête de devenir une sorte d’ambassadrice du Canada », dit-elle aujourd’hui.

Son approche est la suivante : « tenter de définir ce sur quoi repose l’identité canadienne aujourd’hui, prendre les repères stéréotypés qu’on a envers le Canada et voir s’ils sont encore valables aujourd’hui et comment ils le sont. »

« Je voulais vérifier si c’était davantage des leurres pour attirer les touristes ou si ces symboles étaient encore d’actualité », indique-t-elle en citant parmi eux le Parlement à Ottawa, les ours noirs, le sirop d’érable, le hockey et les inukshuks.

« J’ai vu tout ça à travers mon périple, mais pour moi, ce n’est pas ce qui représente le plus le Canada », reprend-elle.

Qu’est-ce, alors ? « La diversité des gens, des cultures et des paysages dans un même pays. Comme si chaque province était un petit pays en soi. »

Un voyage en quatre étapes

Mimi Tremblay s’est d’abord rendue dans les endroits plus rapprochés, soit au Québec, au printemps 2017. L’été dernier, elle a passé un mois dans les Maritimes, puis six semaines dans l’Ouest canadien. « Je suis montée jusqu’au Yukon, puis j’ai roulé jusqu’aux Territoires du Nord-Ouest, indique-t-elle. C’est long longtemps ! Ça m’a pris trois jours monter à Whitehorse à raison de 12 h de route par jour, puis un autre trois jours pour arriver à Yellowknife. Mais le Nord, ça a été ma portion préférée du voyage. Il n’y a pas grand-chose, juste d’immenses paysages peuplés d’animaux sauvages... Tu te retrouves face à toi-même... Il y a quelque chose d’instinctif, d’authentique qui ressort. »

Grâce à une campagne de sociofinancement, elle a dernièrement pu compléter son tournage à Iqaluit pendant le Toonik Tyme Festival, événement durant lequel les Inuits célèbrent le retour du printemps et du soleil. « Ils sont très près de leurs traditions, de leur instinct, a constaté la Bromontoise. C’est probablement une question de survie parce qu’ils sont complètement coupés du reste du monde. Ça fait en sorte qu’ils ont une mentalité complètement différente de la nôtre. »

Grande première 

La cinéaste âgée de 30 ans commence déjà à penser à son prochain long métrage. Sa prochaine destination : l’Amérique du Sud. Mais avant, elle présentera le fruit de ses voyages en sol canadien en grande première le 16 juin prochain à l’Hôtel Beatnik de Bromont à compter de 19 h 30. Elle reprendra la même formule que son précédent film, c’est-à-dire que la projection aura lieu dans la grange et sera suivie d’une courte conférence et d’un cocktail. Les billets sont en vente dès maintenant sur le www.filmsoiseaudenuit­.com.

Sachez aussi que la bande-annonce de Repères sera disponible le mercredi 16 mai.