Dans Dominos, Émile Schneider interprète pour une rare fois un personnage trouble, Fred, « un jeune homme brillant, mais un peu perdu, un flemmard complètement égoïste qui sait comment parler aux autres et les utiliser pour arriver à ses fins ».

Émile Schneider s’envole pour Cannes

Les expériences ne cessent de s’accumuler sur le CV d’Émile Schneider. Le natif de Shefford s’est envolé pour Cannes jeudi, la websérie Dominos dans laquelle il tient un rôle important étant en nomination dans la catégorie Meilleure série digitale de la toute première édition du festival CanneSeries.

« Je pensais que c’était un genre de sous-festival au vrai Cannes, admet-il d’entrée de jeu, mais je me suis rendu compte que c’est vraiment gros. Ça se déroule en parallèle du MIPTV, la semaine la plus attendue de toute l’industrie internationale de la télévision, et plusieurs acteurs américains prédisent que dans quelques années, ça va devenir une figure de proue tout aussi importante sinon plus que le Festival de Cannes parce que les gens regardent maintenant plus de télévision que de films. »

Dix séries de partout à travers le monde sont en compétition officielle, et dix autres le sont dans la catégorie Court, dont Dominos. « C’est donc une sacrée belle surprise d’avoir été retenu parmi des centaines de candidatures, poursuit le comédien, quelques heures avant son vol. Juste par le fait d’aller là-bas, on a déjà gagné. »

Personnage trouble
Dominos est une websérie de cinq épisodes d’une dizaine de minutes diffusée par TV5 et réalisée par Zoé Pelchat. Cette dernière était notamment derrière la caméra des Presqu’histoires, qu’elle a coécrites avec Sarah-Maude Beauchesne.

Émile Schneider y interprète pour une rare fois un personnage trouble, Fred, « un jeune homme brillant mais un peu perdu, un flemmard complètement égoïste qui sait comment parler aux autres et les utiliser pour arriver à ses fins, assouvir ses besoins ».

Fred, c’est aussi « quelqu’un qui se défonce le matin devant son kid de deux ans avec ses deux chums qu’il héberge suite au décès de leur mère et que sa blonde fout à la porte ».

Dominos, enfin, c’est « la mosaïque de six destins qui s’entrecroisent », servie avec « un humour noir ». « Je crois que c’est ce qui a plu de la série. Le fait que ce ne soit pas trop liché, avance l’acteur de 27 ans. D’ailleurs, j’ai eu beaucoup de liberté dans mon jeu, une liberté qu’on ne retrouve pas à la télévision parce qu’on n’a juste pas le temps, ni au cinéma parce qu’on travaille en amont, alors que tout est pas mal déjà décidé. »


«  Juste par le fait d’aller là-bas, on a déjà gagné.  »
Émile Schneider

Son Fred, il l’avoue, ç’aurait pu être lui s’il avait mal tourné. « J’étais pas mal tannant ado... », laisse-t-il entendre. « Mais Fred, c’est aussi le père que je ne serai jamais ! », ajoute-t-il du même souffle.

Petite parenthèse ici : la semaine qu’il passera à Cannes sera la toute première fois qu’il se sépare de son fils âgé de trois mois.

Mais n’est-ce pas une bonne raison ? « Honnêtement, ça serait vraiment cool d’être les tout premiers gagnants dans cette catégorie de ce nouveau festival, mais je pense qu’on serait tous pris au dépourvu », lance en riant celui qui tournera en août le prochain film d’André Forcier, La beauté du monde.

En mode James Bond
Émile Schneider affirme toutefois qu’il traverse l’Atlantique — il est le seul acteur de la websérie à le faire — « surtout pour rencontrer des gens, créer des ponts, ouvrir des portes et traverser des frontières ». « C’est comme un voyage d’affaires. Je vais être en mode James Bond. Un espion sur la croisette. »

« J’aimerais bien me faire des contacts en France », glisse-t-il encore.

Le trophée de la Meilleure série digitale sera remis lors de la cérémonie de clôture retransmise en direct sur Canal+ le 11 avril 2018.

À noter qu’une autre série québécoise est en nomination dans cette même catégorie, à savoir L’arène, de Marjorie Armstrong.