Émile Bilodeau ne le cache pas : le public de la région a un petit quelque chose de spécial, plusieurs l’ayant découvert bien avant qu’il jouisse d’une certaine notoriété. « Je sens que je suis attendu, que les gens sont derrière moi. C’est comme aller chez mes grands chums ! » illustre-t-il.

Émile Bilodeau: dans la cour des grands

Contrairement à ce qu’il chante, Émile Bilodeau est loin d’en avoir plein son casque. Il savoure chaque instant de cette carrière qui décolle à vitesse grand V et qui a atteint un premier point de non-retour dimanche dernier, alors que le jeune auteur-compositeur-­interprète a été sacré Révélation de l’année au Gala de l’ADISQ.

Il était « encore sur un gros high »  quand il s’est entretenu avec La Voix de l’Est cette semaine. « Je suis vraiment sur un nuage, et je ne sais pas comment mon corps fait pour tenir le coup parce que je n’ai pratiquement pas dormi depuis deux jours ! »

Ce Félix, son premier, il va sans dire, est à la fois une récompense et le fruit de son travail. « Ç’a été une année incroyable, au-delà de mes attentes. J’ai travaillé très fort et saisi toutes les occasions qui se sont présentées à moi, et ça donne des résultats. Mais ma grande surprise, c’est surtout de voir que mes chansons rentrent fréquemment dans les oreilles des Québécois. Il n’y a pas si longtemps, je me gavais de différents artistes d’ici, et là, c’est moi qui excite les papilles auditives des gens... C’est malade ! »  lance-t-il, candide et pétillant, avec toute la fougue et la verve qu’on lui connaît.

C’est malade, en effet, mais malgré ses tout récents 21 ans, il y travaille fort depuis déjà un bout de temps. « J’ai fait mon premier concours à 16 ans » , mentionne-t-il, avant de rappeler qu’il a célébré ses 18 ans entre les demi-finales et la finale du Festival de la chanson de Granby, en 2014, où il avait reçu de très beaux cadeaux. Il était reparti avec la moitié des prix distribués, dont le Choix du public, le prix de la chanson SOCAN et le prix Lynda-Lemay, qui l’a amené de l’autre côté de l’Atlantique.

Depuis, il est monté sur scène une fois puis une autre, a assuré les premières parties de Bernard Adamus­ et Les Trois Accords, notamment, et a séduit les oreilles d’un public qui grossit de jour en jour.

On ne saurait trop dire si c’est son mélange de fraîcheur et de bonhommie, ou bien ses textes accrocheurs et sa musique « folk-comico-identitaire » , comme il la définit, qui font qu’on tombe sous le charme — ou encore un peu des deux —, mais la recette fonctionne. Qui, honnêtement, n’a pas fredonné à un moment où un autre « J’en ai plein mon cass » , comme on chantonnait avant « Ma vie c’est d’la marde »  ?

Le plus jeune

Concrétisation d’un grand rêve, son premier album est sorti il y a un an presque jour pour jour. « Ce n’est pas pour rien que je l’ai intitulé Rites de passage. Je trouve important de s’assumer en tant qu’adulte qui sait ce qu’il veut faire dans la vie. Dès que je me suis mis en tête que je voulais faire ce métier-là, j’ai tout mis en œuvre pour que ça fonctionne. J’ai pris le temps de bien faire les choses, j’ai sauté sur toutes les bonnes opportunités... Si on regarde en arrière, on se rend vite compte que je suis passé par les mêmes étapes que tout le monde, mais plus jeune », constate-t-il.

D’ailleurs, il a souvent été le plus jeune partout où il allait. Il l’était lors de son passage à Granby il y a trois ans, il l’était encore en tant que plus jeune nominé du Gala de l’ADISQ 2017 dimanche dernier. Pourtant, il ne s’est jamais senti comme le bébé de la gang. « Je ne pense même pas que ça traverse l’esprit du monde. Quand je monte sur scène, je suis aussi capable qu’un autre de défendre mes chansons selon la direction que j’ai choisie. »

Cette direction, c’est celle « d’un jeune homme un peu naïf qui tente d’entrer dans le monde des grands, armé de sa guitare et de sa créativité... Un jeune homme qui a connu des joies et des peines, et qui est rempli d’attentes » , disait-il à pareille date l’an dernier.

Comme à la maison

C’est avec les mêmes armes et les mêmes attentes, mais un pas de plus dans le monde des grands qu’Émile Bilodeau débarquera à la Maison de la culture de Waterloo­ le vendredi 10 novembre prochain. Avec de nouvelles histoires aussi, laisse-t-il savoir, et de nouvelles chansons. « J’ai une heure et demie de show avec juste du matériel original... mon CD dure juste 45 minutes... Faites un calcul rapide ! »  lance-t-il.

Il ne le cache pas : le public de la région a un petit quelque chose de spécial, plusieurs l’ayant découvert bien avant qu’il jouisse d’une certaine notoriété. « Je sens que je suis attendu, que les gens sont derrière moi. C’est comme aller chez mes grands chums ! »  illustre-t-il.

« Et pour être franc, j’espère, j’attends beaucoup de mon show à Waterloo ! »

Envie d'y aller ?

Quand: le vendredi 10 novembre à 20h

: à la Maison de la culture de Waterloo

Première partie: Maxim Guérin

Infos et billets: www.mcwaterloo.com