«Je me sens bien quand je chante. Encore plus quand ça plaît aux gens.»

Édouard Lagacé: le charme opère

Édouard Lagacé a surpris bien des gens, dimanche dernier, en se présentant à nouveau sur le plateau de La Voix. Après une première tentative infructueuse en 2016, le Cowansvillois a cette fois fait un tabac auprès des quatre juges. Le charme a opéré.

Quand La Voix de l’Est lui a parlé, mardi, il appréciait doublement sa semaine de relâche. Cela lui laissait plus de temps pour gérer les demandes d’entrevues et tous les textos et messages — en provenance de connaissances, mais aussi de purs inconnus — qu’il recevait via les réseaux sociaux. «Que de bons commentaires», glisse-t-il, un peu soulagé.

C’est finalement avec Alex Nevsky qu’Édouard a choisi de poursuivre sa route à l’émission. Et même si les deux chanteurs viennent de la région et qu’ils roulent leur bosse depuis un bon moment, ils ne se connaissaient pas, assure-t-il.

«On n’avait jamais chanté ensemble. Une fois, on avait été embauchés dans le même mariage, mais on ne chantait pas en même temps...»

Vous aurez compris que malgré ses 23 ans, Édouard Lagacé possède déjà une solide expérience musicale. Cette passion, il la tient de son père Sylvio, avec qui il se produit régulièrement.

Mais pas seulement. Il joue en groupe à l’occasion. Accompagné de son inséparable guitare, le jeune homme multiplie aussi les prestations en solo. On peut le voir dans des événements corporatifs, des réceptions et des festivals, mais également dans les bars et les restaurants où il chante assez régulièrement. «Je joue trois ou quatre fois par semaine», dit-il.

«En fait, je suis tout le temps en train de faire de la musique. C’est entré plus sérieusement dans ma vie vers l’âge de 11 ou 12 ans. J’étais très timide quand j’étais jeune et la musique était une façon de m’ouvrir des portes. Elle m’a aussi ouvert les yeux sur plein de choses. Ça m’a entre autres donné confiance en moi. C’est toujours resté dans ma vie.»

Le plaisir de jouer et de chanter est à ce point naturel dans sa vie qu’il peine à mettre des mots sur les raisons de cet amour. «C’est quelque chose de personnel. Je me sens bien quand je chante. Encore plus quand ça plaît aux gens.»

Et même s’il termine son bac en finance et marketing à HEC Montréal, son objectif avoué est faire de la musique. «Le top du top pour moi, ce serait de faire un album, de faire un spectacle et de voyager avec ma musique.»

Il se verrait bien tracer son chemin dans le style folk pop acoustique qui l’a fait connaître, «quelque part entre James Bay et Ed Sheeran».

Se mettre à la composition demeure toutefois un défi. «Avec l’école et tout le reste, je ne consacre pas assez de temps pour composer. Comme dans tout, pour réussir, il faut y mettre du temps. Mais je sais aussi qu’il est possible de travailler avec des auteurs. Certains le font. C’est peut-être l’avenue que je pourrais emprunter.»

La Voix
En s’inscrivant à La Voix — deux fois plutôt qu’une — Édouard a un peu dérogé de ses principes. Plus jeune, il avait couru quelques concours, mais ne le faisait plus depuis quelques années. «J’ai arrêté d’en faire. C’est tellement subjectif. Et il y a un côté compétitif que je n’aime pas trop...»

Pour prendre part à l’émission, il a fait exception, en ne perdant pas sa belle lucidité, cependant.

«Il y a plein de portes pour faire de la musique. La Voix en est une, mais ce n’est pas la seule. Ce n’est pas une finalité. Je vois plutôt ça comme une vitrine pour me faire voir. Je vais tirer le maximum de ça, mais je reste très conscient de ce qui se passe.»

On reconnaît là le Édouard cool, doublé du gars rationnel. «Je ne suis pas trop dans les excès d’émotions. Je vois toujours les deux côtés des choses...», dit-il, en faisant remarquer que depuis sa première tentative en février 2016, il a gagné en confiance et en expérience. «Maintenant que j’y repense, c’était probablement mieux ainsi.»

Et la pression qui vient immanquablement avec La Voix, c’est comment? «La pression vient surtout de moi-même. Je suis quelqu’un de très perfectionniste... Je ne vois pas vraiment la pression externe. Je fais ce que je peux, ensuite, ce n’est plus moi qui contrôle.»

Dimanche dernier, il a écouté son audition préenregistrée en compagnie de sa famille. Mais il a tenu à revoir son passage devant les juges, sans complaisance, dans l’intimité. «Je me réécoute, je m’analyse. Il y a des trucs que je dois améliorer...», dit-il.

On aura amplement l’occasion d’en prendre acte.