Comme à l’époque où il faisait du rap, la scène demeure l’endroit favori de l’humoriste Eddy King, car « la réponse du public est directe ».

Eddy King présente Mokonzi

Dans sa langue congolaise natale, Mokonzi signifie « roi ». Il n’en fallait pas plus pour que l’humoriste Eddy King baptise ainsi son nouveau spectacle, en guise de clin d’œil à son nom et à ses origines.

« Je veux partager ce côté de ma personne et de mes racines. J’apprends au public un peu plus d’où je viens, qui je suis et où j’en suis dans ma vie. Je raconte comment j’arrive à faire le pont entre mon monde et le mainstream québécois », dit-il pour expliquer le choix du titre.

Manifestement, ce rapprochement des cultures compte beaucoup pour Eddy King. « Mon spectacle permet cela, je pense. C’est fascinant qu’on puisse être si proches et si éloignés à la fois au Québec. Ce n’est pas normal qu’il y ait un fossé qui sépare les cultures. On ne se connaît pas. Ça prend un dialogue », croit-il, en rappelant que les gens partagent pourtant bien des points communs.

« Sans aucune prétention, je sais que ce show est important pour moi et pour les autres, car il permet ce rapprochement », poursuit-il. Je n’aborde pas le sujet avec mon opinion. Je le fais avec mes sentiments. Ça fait une grosse différence. »

Avant sa rentrée montréalaise, l’automne prochain, Eddy King aura eu amplement le temps de roder Mokonzi, qu’il présente depuis le 18 janvier dans de petites salles.

« Je pensais que j’étais moins avancé que ça sur le plan de l’écriture et je suis très content du déroulement », dit-il au sujet du rodage. « C’est complexe. C’est comme un puzzle qu’on essaie de mettre ensemble. »

Il ne se gêne pas non plus pour participer à des « soirées laboratoires » pour tester son matériel. « Je suis dans beaucoup de soirées d’humour, en français et en anglais... C’est comme un entraînement de niveau olympique ! »

Eddy King a souligné récemment ses 11 ans de carrière en humour. Invité à décrire son parcours, il prend quelques secondes pour y réfléchir. « Onze ans, ce n’est pas beaucoup, mais j’en suis fier. Il y a eu des hauts — des moments vraiment mémorables — et des bas, que je vois comme des apprentissages inouïs. »

Mais comme à l’époque où il faisait du rap, la scène demeure son endroit favori, « où la réponse du public est directe ».

Touche-à-tout
À ceux qui lui demandent ce qu’il fait dans la vie, Eddy King répond parfois « qu’il fait ce qu’il veut »... C’est un peu vrai.

Les habitués de l’émission Gravel le matin, sur les ondes de la radio de Radio-Canada, le connaissent aussi pour les billets d’humour/humeur qu’il y livre de façon ponctuelle. Cette voie parallèle n’est pas sans lui déplaire. « J’aime bien le format de Gravel le matin et la liberté que ça me donne. »

On le verra également cette année dans le prochain film de Denys Arcand, Le triomphe de l’argent. Et une fois la tournée de Mokonzi terminée, Eddy King ne dirait pas non à un retour en musique. « Je suis DJ depuis un an et demi. C’est plus dans cette tangente que je me dirige. On verra où ça me mènera. Je pourrais aussi revenir à la composition », confie-t-il.

L’homme est aussi conférencier à ses heures, surtout pour les jeunes. « Je leur propose une conférence appelée Minoritairement majeur, l’art de prendre sa place. C’est une façon de raconter mon parcours et de leur expliquer comment j’ai pris ma place. Il ne faut pas attendre qu’on nous la donne, il faut la prendre ! », lance le trentenaire.

À un groupe de jeunes filles du secondaire, il a d’ailleurs prodigué ce conseil inspirant récemment : « N’oubliez pas que si la porte est fermée, il y a toujours les fenêtres ! »


ENVIE D'Y ALLER?

Quand: Eddy King sera en spectacle ce mercredi 21 février à 19 h 30 dans le foyer Yves-Gagnon du Palace de Granby et le 24 mars à 20 h à la Maison de la culture de Waterloo.

Billets: www.ovation.qc.ca