Reney Ray nous a gratifiés d’un petit extra avec son hommage à Aretha Franklin, décédée jeudi. Elle a interprété a capella un extrait d’Amazing Grace à donner des frissons.

Du talent à revendre au FICG

On a vu défiler beaucoup de talent, vendredi soir au Palace lors de la troisième soirée de demi-finales du 50e Festival de la chanson de Granby. Plusieurs candidats affichaient même déjà une bonne feuille de route et un avenir prometteur.

Premier candidat à monter sur scène, Élie Dupuis a placé la barre très très haute. À l’âge de 23 ans, le pianiste et auteur-compositeur-interprète fait déjà preuve d’une maturité musicale étonnante et se montre déjà très accompli. Son univers porte bien sa signature, et il réussit à créer une ambiance différente sur chaque chanson. Pour tout dire, il en a jeté plus d’un en bas de sa chaise.

Bref, ça sentait la finale à plein nez. Et même s’il n’y accède pas, on serait prêt à lui garantir une belle carrière. Le jeune Montréalais prépare d’ailleurs un premier album en collaboration avec l’auteur Daniel Beaumont.

Sachez par ailleurs que si son visage ou son nom vous dit quelque chose, c’est que vous l’avez peut-être aperçu au petit ou au grand écran puisqu’il est aussi comédien. Ah oui ! Et il a aussi participé à la deuxième saison de La Voix.

Reney Ray n’avait pas à être gênée de monter sur scène après Élie Dupuis puisqu’elle a défendu de bien belle façon son pop-folk infusé de country. La voix douce et unique de la Franco-Ontarienne servait à merveille sa plume sensible et décomplexée aux valeurs universelles.

On a particulièrement aimé La reine des guerres, touchante à souhait, mais Le monde est con n’était vraiment pas vilaine non plus. Elle tourne d’ailleurs déjà dans les radios en tant que premier extrait d’un album à venir à l’automne. Il s’agira d’un troisième disque pour elle, mais un premier en français après deux offrandes en anglais. Pour être francs, on se demandait un peu ce qu’elle faisait là...

La dame nous a par ailleurs gratifiés d’un petit extra avec son hommage à Aretha Franklin, décédée jeudi. Elle a interprété a capella un extrait d’Amazing Grace à donner des frissons.

Autre Franco-Ontarien à fouler les planches, Daniel Groleau Landry nous a amenés complètement ailleurs. C’est peut-être parce qu’il nous a été présenté comme un poète — le gars vient de publier son troisième recueil —, mais on a été surpris par sa voix rauque et son style rock progressif influencé de fingerstyle acoustique et de folk.

Malgré le côté « poète tourmenté » indéniable de l’ensemble, son univers reste à polir, d’autant plus que sa voix et sa guitare n’étaient pas toujours justes et bien maîtrisées.

Rock lourd, folk planant et mélancolie
Le groupe de Joliette Les Monsieurs a explosé en début de deuxième partie en nous crachant son rock lourd et décapant. Aux riffs lourds et aux guitares saturées se mariait une « poésie aux inspirations sociales et politiques » qui faisait sonner le tout comme une tonne de briques, c’est le moins qu’on puisse dire.

Récent diplômé de l’École nationale de la chanson, Simon Elliot est ensuite venu nous présenter sa musique submergée de folk planant, de pop et d’électro. Même si on a bien aimé sa dernière chanson, Marée noire, celui qui a également fait Ma première Place des arts en 2016 nous a par moments semblé un peu trop champ gauche, surtout sur Avaler des bombes.

La tâche de clôturer la soirée incombait à Désirée, qui s’est fait remarquer à La Voix il y a deux ans grâce à son interprétation de Ayoye, d’Offenbach. On a fait connaissance avec un univers empreint de mélancolie, peut-être même un peu trop, oserait-on dire.

Quoi qu’il en soit, la chanteuse-pianiste à la voix rauque en a conquis plus d’un, et elle continuera certainement de le faire puisqu’elle prépare elle aussi un premier album pour l’hiver avec la même boîte qui a signé Pierre Guitard, Mara Tremblay et Joseph Edgar, Rosemarie Records.