Jeff Boudreault interprète le journaliste Jean Brière dans l'émission District 31.

District 31: deux gars, une émission-phare

Peter Miller et Jeff Boudreault partagent non seulement le plateau de District 31, mais aussi le village de Bromont, où ils résident depuis quelques années avec leur famille respective. La Voix de l’Est a contacté ces deux bons amis pour jaser de leur patelin d’adoption et de leur rôle dans la populaire émission.

JEFF BOUDREAULT

Jeff Boudreault, c’est Jean Brière, le journaliste égocentrique et ratoureux, toujours à la recherche d’un scoop. « Mais c’est aussi un gars teinté d’humanité, précise son interprète. C’est un personnage le fun à faire. Une semaine, les gens m’aiment, la semaine d’après, ils me détestent », ajoute le comédien pour qui il est important de « jouer le plus vrai possible ». « Je ne force rien. »

Ce rôle est arrivé en 2016 comme un cadeau. On le lui a offert sans audition, la veille de l’annonce de l’émission ! Il a donc découvert District 31 en même temps que le public québécois, mais de l’intérieur. Et il avoue que la quotidienne a changé son quotidien... 

« Brière est un personnage satellite, alors ça me donne un très bel horaire, même si la charge de texte est imposante », relève-t-il. 

Ce qui a surtout changé, c’est le regard que posent les téléspectateurs sur lui, désormais. En 22 ans de carrière au cinéma et à la télévision, Jeff Boudreault n’a jamais été autant reconnu. « C’est fou ! L’auditoire de District 31 est tellement large. Ça va vraiment de 7 à 77 ans. Et il y a plus d’hommes. »

L’impact de l’émission de Luc Dionne est, selon ses dires, extraordinaire. « On n’avait pas vu venir ça. La réponse du public dépasse toutes les attentes. Pourquoi ? Parce que dans District 31, on est toujours dans l’action, ça bouge sans cesse. Il y a un crochet avant les pauses et à la fin de chaque épisode... Les gens sont curieux de la suite. C’est du pur divertissement. »

Jeff Boudreault fait partie du noyau central de la télésérie, mais il sait bien que l’intrigue peut prendre n’importe quelle direction. Comme à l’époque où il tournait dans Virginie, il prend connaissance des péripéties de son Jean Brière au fur et à mesure, bouchée par bouchée. Pourtant, il affirme que cette instabilité ne l’angoisse pas outre mesure. « Si un personnage disparaît de l’histoire, il ne faut pas en faire une affaire personnelle. Mais Luc Dionne ne croit pas beaucoup à la disparition de ses personnages principaux... », prend-il soin d’ajouter.

Le tournage de la présente saison se termine à la fin du mois. Cela lui laissera le temps de renouer avec la pièce La folle odyssée de Jacques-Cartier, qu’il a coécrite et dans laquelle il a joué dans les années 2000. Il passera donc l’été en spectacle à Chambly.

« Et j’attends des nouvelles pour la saison 3 de la série La Dérape. »

En vacances à l’année

Entre deux tournages et deux représentations théâtrales, Jeff Boudreault se la coule douce depuis deux ans dans sa « maison-chalet » de Bromont. Amateur de moto, il avait souvent roulé dans les Cantons-de-l’Est. Mais le vrai crédit de son arrivée à Bromont revient à son ado, raconte-t-il. Fiston a un jour convaincu papa d’aller y skier. 

« C’était une soirée exceptionnelle, avec la petite neige qui tombait et le village si charmant. Je lui ai dit “On devrait déménager ici”. »

Paraît-il que sa conjointe n’a pas été bien difficile à convaincre. « On a rapidement vendu le chalet dans Lanaudière et la maison à Richelieu et on est venu s’installer ici. Bromont, c’est un endroit de villégiature, comme le prolongement du Vermont. C’est tellement beau ! C’est zen et on dirait que ça invite à faire du sport. On s’y sent en vacances à l’année. »

Ses endroits favoris

« La boulangerie Canaël est un incontournable. Le Chardo est mon petit resto préféré. Et Gaïa aussi. En tant qu’amateur de bière, je fréquente également la microbrasserie Le Brouemont. »

Peter Miller vient de faire son entrée dans District 31 dans la peau de François «Tonio» Labelle.

PETER MILLER

Les habitués de District 31 ont fait la connaissance d’un nouveau personnage la semaine dernière. Derrière la dégaine cool de François « Tonio » Labelle, ils auront rapidement reconnu le comédien Peter Miller.

« Je m’amuse comme un fou ! », lance-t-il au sujet de ce rôle encore tout frais dans sa vie, qu’on lui a tout bonnement proposé. 

On a ici affaire à un membre du groupe criminalisé Les Sixers. « Mais il est un peu différent. Il fait le lien entre tout le monde : la police, les services secrets et les Sixers. C’est comme le ‘conciliere’ ; il fait un peu d’échange d’informations, dans le but de maintenir la paix. C’est un criminel avec une certaine sensibilité et une tête sur les épaules. »

Bien qu’il ait totalement le physique de l’emploi — « C’est mon casting, dit-il » —, Peter Miller est quand même bien loin de ce Tonio. 

« Je suis un gars fin et sensible de nature, mais j’a-do-re jouer les toughs. J’ai quand même joué
20 ans au football ! Dans ce type de rôle, je peux jouer des choses que je ne me permets pas de faire dans la vraie vie », dit-il, un sourire dans la voix.

Pas question, cependant, de tomber dans la caricature du mauvais garçon. Jusqu’à maintenant, le ton est juste et les réactions positives, selon lui.

N’empêche, arriver sur le plateau d’une émission quotidienne, rodée au quart de tour, demeure impressionnant. Peter Miller concède qu’il y a fait son entrée avec une bonne dose de pression sur les épaules. « Ça va vite et il y a beaucoup de texte à apprendre. J’étais fébrile, car je ne voulais pas ralentir la cadence. Mais j’ai été accueilli à bras ouverts. C’est une équipe tissée serrée. »

L’acteur, qu’on a surtout connu pour son rôle de Mike Ludano dans Lance et compte, confie candidement qu’il ne regarde pas beaucoup la télévision. Il avait beaucoup entendu parler de District 31, mais sans plus. 

« Je découvre le show et je trouve ça vraiment intéressant. C’est exceptionnel, car ça rejoint tout le monde. L’écriture de Luc Dionne nous embarque complètement, elle pique notre curiosité. Je le trouve génial. »

François « Tonio » Labelle aura-t-il sa place longtemps dans le scénario ? Personne ne le sait à part l’auteur lui-même. « Tu sais quand tu arrives, mais tu ne sais jamais quand tu pars. En même temps, ça crée une fébrilité qui sert bien le rôle, je trouve. On est toujours sur la pointe des orteils. »

Peter Miller profite donc de chaque scène comme si c’était la dernière. Il n’aurait pas pu demander mieux, dit-il. « Ça fait du bien de travailler chez nous, au Québec. Il y a longtemps que je n’avais pas eu quelque chose d’aussi gros », laisse entendre l’acteur qui a tourné au Canada anglais et aux États-Unis.

Un Bromontois comblé

C’est d’ailleurs après avoir beaucoup bourlingué que Peter Miller a ressenti le besoin de s’ancrer quelque part. Il y a quatre ans, lui et sa conjointe de longue date ont décidé que louer un chalet à Bromont n’était plus suffisant. Ils ont eu envie de s’y installer pour de bon.

« On adore ça ici. Il y a une volonté des gens de protéger le village contre l’expansion, un soin de garder l’endroit petit et de conserver son charme. L’ambiance est super. Je ne m’ennuie pas de la grande ville ! »

Ses endroits préférés

« Je suis presque tous les jours sur la montagne. Je fais du ski et de la raquette de montagne. J’aime beaucoup aller au Brouemont pour sa bonne bière de microbrasserie et au Edgar Hyperlodge. J’aime l’ambiance de montagne qu’on y retrouve. »