Surfant sur «les malaises et les non-dits», Didier Lambert n’a pas peur d’aborder les sujets de front.

Didier Lambert à la conquête du Québec

Didier Lambert n’est pas diplômé de l’École nationale de l’humour. Ses classes, il les a faites sur scène, dans les bars, les galas, à la télévision et en première partie d’humoristes connus tels Stéphane Rousseau, Patrick Groulx et Laurent Paquin.

Si ce parcours atypique lui a fait faire un détour, il lui a été très bénéfique, affirme-t-il. Puisque, jumelé à sa longue feuille de route en improvisation, il lui a permis d’acquérir une solide aisance sur scène qui lui sert bien, maintenant, pour se concentrer sur autre chose durant le rodage de son premier one man show.

Un spectacle qui n’a pas encore de titre, mais qui se veut la somme des efforts qu’il déploie depuis huit ans pour percer le milieu, et la suite logique d’Entre parenthèses, qu’il qualifiait l’an dernier de «one man show qui n’en est pas vraiment un».

«Je reprends certains numéros de ce happening-là, admet l’humoriste au bout du fil, mais la grande majorité de mon matériel, c’est du nouveau. La moitié, sinon plus.»

Surfant sur «les malaises et les non-dits», Didier Lambert n’a pas peur d’aborder les sujets de front. N’importe quel sujet. Pour lui, les tabous n’existent pas. Il suffit de trouver la bonne façon d’en parler. Entre le racisme, les différences générationnelles et divers constats sociaux, il se permet de toucher à des sujets un peu plus légers allant des séchoirs à main au café trop chaud.

Il ponctue le tout de chansonnettes au ukulélé, notamment sur l’intolérance au lactose et au gluten.

Débuts et honneurs

Bref, Didier Lambert tire dans toutes les directions tout en se donnant de l’espace pour l’improvisation, premier contact qu’il a eu avec la scène il y a plus d’une quinzaine d’années.

«Depuis 2002, je faisais beaucoup de théâtre et d’improvisation, raconte celui qui vient de fêter ses 41 ans. C’est peut-être pour ça que ça m’a pris du temps à me lancer en humour. Ces deux arts venaient combler mon besoin de scène.»

C’est Olivier Martineau qui lui donnera la poussée nécessaire pour qu’il tente sa chance dans le monde du stand-up. C’était à l’automne 2010.

Depuis, il a été finaliste d’En route vers mon premier gala Juste pour rire en 2014, a remporté les prix Révélation au gala Juste pour rire et ComediHa! en 2016, année où il a participé à ses premiers galas et où il est devenu, selon ses dires, humoriste professionnel. «C’est à ce moment que j’ai lâché ma job de barman et que j’ai commencé à vivre de mon art.»

Il s’est ensuite rendu à Cannes, Morges et Marrakech en tant que représentant du Québec, a présenté Le Monde à Lambert au Zoofest à l’été 2017 avant d’assurer les premières parties de Laurent Paquin pendant plus d’un an, tout en préparant son premier one man show.

Humble humoriste

Malgré ses nombreuses expériences, Didier Lambert affirme toutefois que celle d’un premier spectacle solo est bien différente de tout ce qu’il a fait auparavant.

«J’ai encore de la difficulté à comprendre pourquoi les gens viennent me voir, moi. Je suis habitué à devoir me prouver parce que dans tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, je faisais partie d’un tout, les gens ne venaient pas que pour moi. Là, je dois en quelque sorte prouver aux gens qu’ils ont eu raison de me choisir. Ça ajoute une petite pression supplémentaire», dit-il.

Néanmoins, il se dit fin prêt à conquérir le Québec, chose qu’il a commencée le 15 février dernier avec le rodage officiel de son spectacle.

Celui-ci s’étirera sur un peu plus d’un an, la grande première étant prévue au printemps 2020, laisse-t-il savoir.

**Didier Lambert reviendra dans la région le mardi 1er octobre à 19h30 au Palace de Granby, ainsi que les 25 janvier et 22 février 2020, respectivement à la salle Laurent-Paquin d’Acton Vale et au Théâtre des Tournesols.

ENVIE D'Y ALLER ?

Quand : ce samedi 18 mai à 20 h

 : au Cabaret Eastman

Billets : www.cabareteastman.com