Virginie a certainement une très, très belle voix et elle la maîtrise à la perfection. Sans doute la plus belle voix qu’on a entendue jusqu’à présent. Ajoutez à cela un bel aplomb et une présence scénique assurée, et vous ne serez pas surpris de la retrouver en finale.

Deuxième demi-finale du FICG: une soirée qui déménage

On s’est promené pas mal, jeudi soir, lors de la deuxième soirée de demi-finales du 50e Festival international de la chanson de Granby. On a eu droit à du gipsy punk, un univers torturé, un rock festif, du hip-hop pas 100 % pur, une voix sublime et un crooner qui porte des bas dans ses gougounes.

Mais s’il y a une chose qui ressortait de cet ensemble hétéroclite, c’est l’énergie débordante et contagieuse qui s’en dégageait.

La soirée a démarré sur les chapeaux de roues avec le duo d’hommes-orchestres Fidel Fiasco. Avec beaucoup d’autodérision et d’humour, les deux gars de Drummondville ont garroché leur gipsy punk aux accents rock — avec même une touche de flamenco sur Encore icitte.

Il n’y a pas de doute : ils ont du plaisir à jouer ensemble, et leur chimie impeccable et explosive transparaissait sur scène. Le tandem a même pris la peine de souligner ses cinq ans de « vie commune ». Il n’en fallait pas plus pour semer de la bonne humeur dans le Palace.

Si on avait peut-être un point négatif à mentionner, c’est la vague impression d’écouter toujours la même chanson. Il y a peut-être une limite à jouer de la batterie avec ses pieds tout en jouant de la guitare et en chantant...

L’univers tourmenté d’Alexandre Dionne est ensuite venu clairement contraster avec l’ambiance festive de Fidel Fiasco. Le gagnant du 49e Gala de la chanson de Caraquet n’a peut-être pas une voix à tout casser, mais ses textes à la fois simples et profonds lui font marquer des points. Surtout sa dernière offrande, L’amour et la mort, cri déchirant sur le thème du deuil d’un enfant. Poignant.

JS Lachance nous a ensuite servi son pop-rock aux textes bruts de belle façon. Pour un gars qui jouait ses compositions sur scène pour la première fois, il démontrait un bel aplomb. Malgré un bon groove, on a tout de même eu de la difficulté à accrocher. Peut-être parce que la proposition de l’auteur-compositeur-interprète de Saint-Georges-de-Beauce manquait d’une couleur particulière.

Après l’entracte
À l’instar de la première moitié de soirée, la deuxième a repris en force avec le quatuor de Longueuil Les Autres. Trois gars, une fille, ils nous ont présenté un intéressant mélange : une base de formation rock classique « bémolisée » d’un chant rap. Il s’en dégageait une belle énergie de party sur une cadence effrénée, que même un problème technique n’est pas parvenu à déstabiliser.

Venue de Rivière-des-Prairies, Virginie a ensuite habité le Palace, carrément. La jeune femme de 25 ans a certainement une très, très belle voix et elle la maîtrise à la perfection. Sans doute la plus belle voix qu’on a entendue jusqu’à présent.

Ajoutez à cela un bel aplomb et une présence scénique assurée, et vous ne serez pas surpris de la retrouver en finale.

Elle a sûrement conquis plus d’une oreille avec sa très belle Je t’attends encore, sur laquelle elle nous a bercés un peu à la manière de Sarah McLachlan.

Mentionnons également qu’elle a pris la peine de traduire en français le refrain de Rien à faire, qu’elle chante habituellement en anglais, compte tenu des 50 ans du Festival... et de la Francophonie.

La soirée s’est terminée sur une drôle de note avec Jessy Benjamin, une bizarre de bibitte venue nous chanter la pomme façon mauvais crooner. Il nous a d’abord présenté son ami Carol, une fausse guitare, avant d’entamer ses déhanchements un peu gauches et ses pas maladroits — serait-ce à cause des bas dans ses gougounes ?

Le gars, originaire de Varennes, a une belle voix, mais on peine à imaginer sa proposition en dehors d’un Festival Juste pour rire. D’autant plus qu’il est plutôt comique, faut-il l’admettre.