Habile avec les mots, fin raconteur, Guillaume Aubertin a servi de fort jolies histoires au public jeudi soir au Festival de la chanson.

Deuxième demi-finale du Festival de la chanson: pas moins bonne, juste différente

La seconde demi-finale du Festival de la chanson allait-elle supplanter la première, en terme de diversité et de qualité? Après avoir vu et entendu les six concurrents de jeudi soir, on peut seulement constater qu’il n’y a pas deux soirées pareilles… Et que tout est une question de goût.

Première à monter sur scène, Mélanie Venditti ne l’a pas eu facile dans la vie. Une maman schizophrène décédée trop vite, un père absent, la vie en foyer d’accueil et des moments à oublier… Écrire des chansons, dit-elle, lui a sauvé la vie. Sachant cela, on est entrée dans son univers musical avec une oreille particulièrement attentive. Mais visiblement très nerveuse, la Montréalaise a rendu sa première chanson Pompéi avec peine.

Faire tourner des assiettes, composée sur le thème de la colère, et Les départs en retard n’ont malheureusement pas modifié notre première impression. Si la musique de la jeune femme et de son band avait un certain groove, sa voix ne nous a pas convaincue. On aurait pourtant tant voulu tomber sous le charme…

Acte 2 : Guillaume Aubertin. On dit de lui qu’il a décidé de faire de la pop un peu contre vents et marées. Pour ce gars de Montréal «toujours à côté de la track», la musique est une façon d’exister. Sa pop, pourtant, n’arrive pas dans le format auquel on s’attendait.

Avec ses guitares bien en évidence, Permafrost nous a plutôt semblé du pur folk. Tout comme Guérette (on a appris que c’était le nom d’un «dépanneur rempli de poésie»…). Seul au piano, il a ensuite livré sa touchante Berceuse. Habile avec les mots, fin raconteur, l’auteur-compositeur-interprète nous a servi de fort jolies histoires.

On attendait avec impatience le passage sur scène d’Isabelle Hébert, décrite comme «une véritable femme fatale de l’Acadie». Avec sa musique teintée du «ragtime» des années folles, c’est vrai que la Néo-Brunswickoise a l’air qui va avec la chanson.

Costumée dans le style du «ragtime» des années folles et très théâtrale, Isabelle Hébert a d’abord interprété Déficit d’attention et J’t’aime J’t’aime pas avec une belle assurance.

Costumée dans le style de l’époque, très théâtrale, elle a d’abord interprété Déficit d’attention et J’t’aime J’t’aime pas avec une belle assurance. Pour Ma rage, elle a poussé son côté aguicheur un peu plus loin, y allant aussi de quelques pirouettes vocales. Au-delà du paraître, Mlle Hébert possède un talent d’entertainer certain. On aime!

Seconde partie

La seconde partie de la soirée a démarré sur les chapeaux de roue, gracieuseté du groupe de Gatineau Double Magnum. Leur chanson Halicarnasse était un déroutant mélange de jazz, de ballade et de voix électroniques. Ces cassures de rythme, aussi présentes sur Babylone, semblent en fait la signature du quatuor composé de trois frères - les Boivin - et d’une pianiste. Avec une incontestable complicité, Double Magnum a proposé une excellente dernière pièce, Phare d’Alexandrie, plus mainstream, qui pourrait facilement trouver sa place dans les stations de radio commerciales.

Pour Renelle Ray, cette présence au Festival de la chanson est un cadeau du ciel. Arrivée troisième au concours Chant’Ouest, l’Albertaine ne devait pas venir à Granby, jusqu’au désistement de l’artiste Kaya Free, en raison d’un problème d’immigration. «Je réalise mon rêve à Granby», a-t-elle confié avec émotion.

Guitare à la main, la douce brunette a donné un aperçu de sa voix mélodieuse sur Mon soleil, mon amour. Les arrangements créés pour elle par l’orchestre maison du Festival ont su apporter une texture intéressante à ses compositions Jamais capable et Elle m’a toujours dit, aux paroles simples, mais senties.

Présenté comme une bête de scène, Ray Marcianno n’a pas fait mentir sa réputation. Celui qui s’est fait les dents dans le métro et dans les rues de Montréal maîtrise parfaitement l’art d’accrocher le public. Avec sa voix éraillée, son aisance naturelle, sa camisole et sa casquette, le Montréalais a soudainement changé l’air ambiant et insufflé du fun dans la salle.

Parfois rock, parfois folk, parfois même country sur les bords, sa performance sur Shift de nuit, Trop tard et Courir le temps a permis aux spectateurs de quitter le Palace sur une très bonne note. On devrait le revoir, celui-là...

On remet ça ce soir!

Au Festival aujourd’hui

Au Palace de Granby

19h30 : Demi-finale no 3

- Thomas Hodgson

- Gabrielle Maria Gourd

- Gabriel Cyr

- Laurence et les Polygones

- Marie-Ange

- Classe Mode