Le photographe et artiste-peintre Axel Bussmeyer a exposé à Munich, Milan, Paris, New York et Los Angeles, et a reçu de nombreux prix pour ses œuvres. Il présente une toute première exposition solo en terre québécoise au Musée Bruck de Cowansville jusqu’au 7 juillet.

Deux univers, une seule exposition

Admirer les photographies d’Axel Bussmeyer, c’est comme regarder la réalité à travers un kaléidoscope. Les images ont été copiées, multipliées, juxtaposées et reproduites selon des effets miroir. Elles ont effectué une ou plusieurs rotations, des détails ont été amplifiés, et au bout de ces manipulations, elles sont devenues à la fois méconnaissables, intrigantes et touchantes.

Avec sa série de photographies d’architecture Temples magiques, présentée au Musée Bruck de Cowansville jusqu’au 7 juillet, l’artiste de renommée internationale nous invite à découvrir son univers.

Il s’agit d’une première exposition solo en terre québécoise pour l’Allemand d’origine, qui réside à Lac-Brome depuis une quinzaine d’années.

« À travers la multiplication d’une seule image, je redéfinis un lieu ayant sa propre énergie, un espace insoupçonné », dit-il. Sa conception d’une réalité en mouvement devient ainsi un hymne à l’imagination, un monde magique aux mille facettes, un tableau abstrait qui pique la curiosité.

Sans pour autant toujours reconnaître les bâtiments d’origine, on ressent l’âme de Paris dans certaines photographies, la démesure de New York dans d’autres, ou encore la grande soif culturelle de Milan.

Mais Axel Bussmeyer ne s’arrête pas là. Il propose une double exposition puisqu’il est aussi artiste-peintre. Et le contraste entre ses photographies et les tableaux de sa série Deux chaises rouges est saisissant. Autant les premières explorent de façon calculée les principes symétriques et les transformations mathématiques — rotation, translation, réflexion —, autant les seconds semblent surgir de façon instinctive, primitive, un peu à l’image des dessins qu’on retrouvait dans des grottes à l’ère de la préhistoire.

Contrairement à ses clichés, ce sont non pas des édifices, mais des individus qui composent la majorité des tableaux peints par M. Bussmeyer. « J’explore la dualité de la vie et la symbiose entre deux forces opposées, laisse-t-il savoir. L’amour et la haine, la vie et la mort, l’homme et la femme, la guerre et la paix, etc. »

Changement radical
Axel Bussmeyer est originaire de Munich. Il a fait carrière en photographie commerciale, œuvrant pendant 30 ans pour les plus grandes agences internationales. Il a vite gravi les échelons pour devenir designer puis directeur artistique.

Un jour, il a tout laissé tomber ; il était mûr pour un changement radical de vie. « Je suis venu m’établir dans les Cantons-de-l’Est, j’ai travaillé dans une érablière, et j’ai commencé à chasser. J’avais besoin de me retrouver dans la nature, de faire quelque chose de manuel. Je n’ai pas retouché à une caméra ni à mes pinceaux pendant 10 ans », raconte-t-il.

Il a renoué avec l’art il y a à peine deux ou trois ans. Déjà, il a exposé à Munich, Milan, Paris, New York et Los Angeles, en plus d’avoir reçu de nombreux prix pour ses œuvres.

Il travaille actuellement à trouver une façon pour marier ses deux passions : la peinture et la photo.

La double exposition d’Axel Bussmeyer se tiendra au Musée Bruck de Cowansville jusqu’au 7 juillet. Le vernissage a lieu ce samedi 12 mai, à 14 h.