Il n’est pas question de penser à ouvrir la grande salle du Palace de Granby pour le moment tellement ce ne serait pas rentable. Sur les 952 places disponibles, seules 224 personnes pourraient y entrer.
Il n’est pas question de penser à ouvrir la grande salle du Palace de Granby pour le moment tellement ce ne serait pas rentable. Sur les 952 places disponibles, seules 224 personnes pourraient y entrer.

Des temps difficiles pour les salles de spectacles

Les salles de spectacles se désespèrent d’accueillir à nouveau des spectateurs chez elles. Malgré la récente annonce du gouvernement de faire passer la limite de personnes pour un rassemblement intérieur de 50 à 250, les directions interviewées par La Voix de l’Est ne voient pas le moment où leur place respective pourront à nouveau être rentable. Et agréable à fréquenter.

Selon les règles sanitaires en vigueur, une distanciation de 1,5 mètre doit toujours être respectée, et c’est ce qui cause bien des maux de tête, a-t-on constaté.

Le Palace de Granby, par exemple, peut normalement accueillir 952 personnes. Pour respecter la distanciation, la salle de spectacle ne pourra en recevoir que 224. Un chiffre qui fait dire à la direction qu’elle est loin de pouvoir présenter de gros noms, pour lesquels plus de 200 billets seraient vendus. «Tous ceux-là sont reportés», indique Dany Giard, le directeur communication et marketing.

En fait, il n’est même pas question de penser à ouvrir la grande salle pour le moment tellement ce ne serait pas rentable, ajoute-t-il, précisant que l’organisation est à élaborer une série de spectacles qui seront présentés dans le foyer du Palace en août et septembre. «On ne s’attend vraiment pas à faire de profits avec ça, on veut juste remplir notre mission.»

Même son de cloche du côté de la Maison de la culture de Waterloo. «Selon nos calculs préliminaires, on pourrait accueillir 80 personnes en respectant la distanciation», indique le DG, Frédéric Messier, précisant que sa salle a normalement une capacité de 230 à 280 personnes. «C’est mieux que 50, mais ça ne permet pas encore de présenter de gros noms.»

Il compte néanmoins offrir quelques spectacles dès cet automne, ceux qui n’auraient de toute façon pas vendu plus de billets que la capacité permise.

Le DG de la Maison de la culture de Waterloo compte offrir quelques spectacles dès cet automne, surtout ceux qui n’auraient de toute façon pas vendu plus de billets que la capacité permise.

Prêts pas prêts?

Sur la scène Davignon aussi entend bien ouvrir les portes de l’église Emmanuel à une ou deux reprises. «Surtout pour garder un lien avec le public, même si on produit à pertes», laisse savoir la directrice, Marianne St-Pierre.

«En même temps, ça va nous donner un indice à savoir si les gens sont prêts à venir en salle ou s’ils sont encore trop craintifs de se déplacer dans des endroits où il y a beaucoup de monde», ajoute-t-elle.

Le lieu de culte converti en salle de spectacles compte 160 places. Mais en respectant la distanciation physique imposée par la Santé publique, seulement 40 personnes pourront assister aux prestations. «C’est loin d’être rentable», dit-elle.

L’auditorium Massey-Vanier, où sont présentés chaque année quelques spectacles de la programmation de l’organisme, présente des perspectives plus intéressantes, reprend-elle. «Là, on pourra probablement s’approcher des 250 personnes permises.»

Mais encore là, un casse-tête reste à résoudre: «Plusieurs artistes ont annulé ou déplacé leurs tournées. Ma programmation 2020-2021 était toute prête ce printemps, et avant même que j’aie pu la présenter, j’ai, par exemple, une artiste qui a changé trois fois de date, et ce n’est même pas sure encore qu’elle puisse venir», se désespère Mme St-Pierre.

Devant tant d’incertitude, les portes du Théâtre des Tournesols resteront fermées jusqu’au 31 décembre 2020.

Trop d’incertitude

Devant tant d’incertitude, le propriétaire du Théâtre des Tournesols Robert Goyette a pour sa part décidé d’annuler tout événement jusqu’au 31 décembre prochain. «80% des spectacles que je présentais ont de toute façon été remis à 2021», dit-il.

Ce qui fait bien son affaire, enchaîne-t-il, car plusieurs d’entre eux affichaient déjà complet. «J’aurais fait comment, sur les 290 personnes, pour choisir qui vient et qui ne vient pas?»

Il aurait pu regarder pour se monter une nouvelle programmation, il en est conscient. «J’ai fait des calculs pour la distanciation et tout, mais selon moi, l’ambiance aurait été vraiment poche. Un show d’humour avec une poignée de gens éparpillés, c’est pas pareil pantoute!»

«Et puis, je ne sais même pas si les gens veulent sortir. Personnellement, je ne vois pas le plaisir qu’ils auraient en ce moment à venir voir un spectacle. J’ai hâte en maudit qu’on trouve un vaccin!»

La Voix de l’Est a aussi tenté de rejoindre sans succès la salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton ainsi que le Théâtre Lac-Brome.

L’an dernier, Le grand Bric-à-brac avait attiré pas moins de 20 000 personnes au Théâtre de la Dame de Coeur.

La Dame de Coeur prête pour une demi-saison

Avant même que la Santé publique décide de faire passer le cap du nombre de personnes permises lors d’un rassemblement extérieur de 50 à 250, le Théâtre de la Dame de Coeur d’Upton avait pour sa part annoncé qu’il rouvrirait à compter du 4 août.

«On avait eu des indices que le 250 s’en venait», laisse savoir le grand manitou de la place, Richard Blackburn.

Selon le plan qu’il a présenté à la Santé publique, 203 personnes peuvent s’entasser dans sa salle extérieure tout en respectant la distanciation de 1,5 mètre entre chaque famille. À raison de six représentations par semaine jusqu’au 30 août, il espère bien rejoindre quelque 5000 spectateurs.

«On est confiant. Notre gros avantage, c’est qu’on est à l’extérieur. On dirait que ça fait moins peur aux gens. Et de ce qui avait été vendu en prévente, seulement 8% ont demandé un remboursement pour cette saison», fait-il valoir.

L’autre gros avantage, poursuit-il, c’est que le spectacle de cette année était déjà monté de toutes pièces. «Il n’a fallu faire que des ajustements sur le site pour se conformer aux mesures sanitaires.»

Toilettes familiales, corridors de plexiglas, désinfectant «partout»... tout a été aménagé pour que petits et grands se sentent en sécurité et vivent un bon moment, affirme-t-il. «On souhaite redonner un peu de magie, de couleurs, de plaisirs dans cette période un peu trouble.»

L’an dernier, Le grand Bric-à-brac avait attiré pas moins de 20 000 personnes. Vu cet immense succès, de l’avis de M. Blackburn, et étant donné que la saison 2020 est quelque peu tombée à l’eau, il est fort probable que le spectacle soit présenté à l’été 2021.

«On est déjà en création pour notre prochain spectacle, mais je ne vois pas pourquoi on ne reviendrait pas avec celui-là une autre saison.»