L'artiste-peintre Renée duRocher verra quelques-unes des toiles de sa toute dernière exposition, XHAN, exposées à l'ambassade du Canada à Washington en 2018.

Des tableaux de Renée duRocher à l'ambassade du Canada à Washington

L'année 2017 commence en force pour Renée duRocher. L'artiste-peintre a récemment appris que son projet Quand diversité devient unicité avait été retenu par l'ambassade du Canada à Washington, qui accueillera l'an prochain quelques toiles de sa toute dernière exposition, XHAN. Celle-ci sera dévoilée au public en juin, à Boréart.
Ce n'est certes pas la première fois que les oeuvres de la Granbyenne voyageront; elle fait d'ailleurs affaire avec la galerie Zenith dans la capitale américaine depuis une douzaine d'années. Mais voir ses tableaux accrochés sur les murs d'un lieu aussi prestigieux que l'ambassade du Canada chez nos voisins du Sud n'est pas sans faire un petit velours. «Disons qu'ils sont assez sélectifs», dira-t-elle seulement.
À l'instar de Lieux magiques sur la Turquie, Les esprits de Xi'an sur la Chine, Lieu de passage sur l'Égypte ou Couleurs de l'Inde, XHAN est directement inspirée du voyage qu'a fait Renée duRocher en décembre 2015, au Vietnam cette fois. Et comme pour sa série sur le Royaume-Uni, qui puisait à même le jaune intense des champs de colza, ce sont les paysages et ses verts luxuriants plutôt que des éléments architecturaux qui alimentent sa création. «Xhan» signifie d'ailleurs «vert» en vietnamien, mentionne l'artiste.
«Plus particulièrement, ce sont les montagnes de Sapa, au nord du Vietnam, qui m'ont séduite, raconte-t-elle. C'est un lieu pas très touristique et moins développé que le sud, mais on dirait que tout y a été dessiné à la perfection.»
Elle a également été interpellée par l'ambiance du marché du dimanche. «J'ai été fascinée d'y découvrir la même façon de magasiner, le même entrain, le même copinage, la même coquetterie, bien que ces gens-là portent en tout temps leur costume traditionnel, qui est très coloré», dit-elle.
«Ce ne sont pas nécessairement des couleurs qui vont bien ensemble, mais tout fonctionne en harmonie quand même», ajoute-t-elle.
Ces conjugaisons chromatiques, très vives, sont d'ailleurs transposées sur la vingtaine de toiles qui composeront sa série XHAN, dont une douzaine sont achevées.
Kim Thuy en renfort
Pour l'aider à se replonger dans ses souvenirs du Vietnam, Renée duRocher s'inspire également de l'oeuvre littéraire de l'auteure Kim Thuy, atterrie à Granby à l'âge de 10 ans, en 1979, après avoir fui le Vietnam avec ses parents et autres boat people. «Elle est l'une des plus connues, mais ils sont plusieurs milliers à avoir fait la même chose», souligne l'artiste-peintre.
Sa «relation» avec Kim Thuy est d'ailleurs la pierre angulaire du projet qu'elle a proposé à l'ambassade du Canada. Quand diversité devient unicité s'attarde sur la contribution de chacun, qu'il soit immigrant ou de premières nations, au développement de notre société. «Les oeuvres proposées dans ce projet posent plus particulièrement un regard sur la communauté vietnamienne. Il faut se rappeler que cette communauté a représenté une portion importante d'immigrants au Canada qui débute en 1975 avec l'accueil des boat people. Ainsi, de 1975 à 1992, plus de 100 000 réfugiés vietnamiens sont admis au pays dont la majorité sont réfugiés de la mer. Aujourd'hui à l'instar de l'auteure Kim Thuy, ces Vietnamiens et leurs descendants font partie intégrante de la grande communauté canadienne et enrichissent notre paysage culturel», décrit-elle dans le document qu'elle a soumis avec son projet.
L'exposition XHAN débutera à l'ambassade du Canada à Washington en mars 2018, mois de la Francophonie dans la capitale américaine. Elle s'y poursuivra jusqu'en mai.
Auparavant, du 31 mai au 2 juillet 2017, elle sera présentée à Boréart.