La propriétaire de l’école de danse Tendanse de Granby et Bromont, Geneviève Gallant
La propriétaire de l’école de danse Tendanse de Granby et Bromont, Geneviève Gallant

Des studios de danse vides et silencieux

Depuis le 13 mars, la propriétaire de l’école de danse Tendanse de Granby et Bromont, Geneviève Gallant, n’a jamais vu ses locaux aussi vides et silencieux. Après plus de deux mois de fermeture, elle rêve du jour où son immense studio grouillera de vie à nouveau.

«La session est sur le hold, alors il ne se passe rien. Ça pousse fort sur le gouvernement en ce moment. Les gens ont hâte que ça recommence, dit-elle. Ce que je trouve difficile, c’est que oui, la danse est un loisir, mais on est des entreprises.»

Certains élèves ont poursuivi leur formation en ligne. Tendanse a aussi offert des capsules vidéo gratuites de danse à ses clients. «La danse, c’est rassembleur. Mais l’intérêt commence à diminuer un peu, car il manque le côté humain de tout cela.»

Elle mentionne que mai donne généralement le coup d’envoi à la période des compétitions, à laquelle Tendanse participe activement. «On a un plan A, B et C... Certaines ont été annulées et remboursées, d’autres sont reportées pour l’instant. Je reste positive», indique Mme Gallant, qui fête les 15 ans de fondation de son école.

Même chose pour le grand spectacle de fin d’année, qui devait se tenir au Palace de Granby en juin. Même si cet événement très couru ne constitue pas le revenu principal de l’école, il revêt une grande importance pour les danseurs. «C’est un bonus. Pour les jeunes, c’est un peu leur but; et ça permet aux parents de voir leurs enfants à l’oeuvre. À la place, est-ce qu’on pourrait filmer les danseurs dans les classes — lorsqu’ils reviendront — et diffuser la vidéo? On brainstorme là-dessus.»

Pour passer à travers ce moment éprouvant, la dame peut heureusement compter sur l’aide du gouvernement. Et sur le fait que peu de familles ont demandé à être remboursées. Car il y aura moyen de reprendre la session entamée, croit-elle. La tenue des camps d’été n’est pas non plus mise de côté.

Il est pensable, estime Geneviève Gallant, de danser à deux mètres de distance, avec un ratio moindre et un horaire à 15 minutes d’intervalle. «On a un grand studio et c’est possible de suivre les règles. On va tout faire pour rassurer les gens.»

En attendant, il faut faire preuve de créativité. L’enseignante pourrait par exemple aller animer des séances de danse extérieures dans les écoles primaires.

Nancy Coutu de l’Agora de la danse

«On est à la limite»

«C’est long et difficile. La danse me manque et les élèves aussi», laisse tomber sans détour Nancy Coutu, propriétaire de l’Agora de la danse à Granby et copropriétaire de la succursale de Bromont.

Ce mois-ci, la dame célèbre les 25 ans de l’Agora. Elle rêvait de moments plus festifs. Surtout que les subventions tardent à venir, dit-elle, et que les revenus sont beaucoup moindres. La femme d’affaires confie avoir déjà vécu «des dégâts d’eau et des crises économiques», mais jamais de crise de cette ampleur.

«On est à la limite. Je me croise les doigts pour que ça rouvre en juillet. Sinon, ça pourrait remettre en question bien des choses.»

Avec ses 350 élèves — composés d’enfants en grande majorité —, le studio n’a pas jugé bon d’opter pour les cours en ligne. «Pour les jeunes, ce n’est pas vraiment possible. Et puis, il faudrait facturer...»

Pour garder le contact avec son monde, Nancy Coutu a préféré diffuser, en avril, une chorégraphie de son cru intitulée My Corona, en invitant les internautes à l’apprendre et à danser avec elle sur la page Facebook de l’Agora.

Elle assure que les cours seront repris dès qu’il sera possible de le faire, quitte à finir la session plus tard, tout simplement. «Dans notre cas, on peut respecter la distance. Ça se fait. Mais je prévois un retour où les masques et les gants seront à prévoir. Pour la danse en groupe, ce sont des classes de 17 maximum, alors les locaux sont assez grands pour accueillir tout le monde.»

Quant au spectacle de fin d’année, qui était prévu ce mois-ci, il sera repoussé en décembre prochain. «Les chorégraphies seront rafraîchies et les costumes sont déjà faits. Mais il faudra peut-être rallonger les pantalons!»

Par ailleurs, les quatre compétitions auxquelles l’Agora devait participer ont toutes été remises à l’an prochain, sans remboursement. «Ma gang a bien hâte de revenir. On est tous confinés dans nos maisons depuis assez longtemps. Ça va faire du bien tant physiquement que socialement.»