Accueilli chaleureusement, Gabriel Cyr a immédiatement accroché toutes les oreilles présentes. Sa voix rauque, toujours juste, et son intensité nous ont fait un effet bœuf.

Des performances inégales lors de la troisième demi-finale du FICG

Les personnes présentes à la troisième soirée de demi-finale du Festival de la chanson, vendredi, ont assisté à un méli-mélo de genres et de performances. Si certains concurrents ont difficilement réussi à s’imposer, d’autres ont fait très forte impression.

Thomas Hodgson de Saint-Jean-sur-Richelieu n’en est pas à ses premières armes sur scène. L’artiste multidisciplinaire roule sa bosse musicale et son nom depuis une dizaine d’années. On l’a notamment vu à La Voix en 2014. Résultat : c’est un chanteur en pleine possession de ses moyens qui a ouvert le spectacle vendredi soir, avec sa propre bande de musiciens.

Trop de bouteilles nous a bercés sur une mer de blues, parfois tranquille, parfois plus agitée. Malgré sa voix solide, Thomas Hodgson aurait cependant intérêt à limiter ses envolées vocales, ayant un peu de peine à atteindre les notes aiguës.

C’est lorsqu’il a entonné Au nom des gars (de l’Onondaga) en canon avec ses musiciens que sa richesse musicale s’est déployée comme un oiseau. Une très belle pièce rythmée comme une complainte amérindienne.

Cité d’allumettes, c’est le surnom qu’il donne affectueusement à sa municipalité qui, dit-il, brûle sans arrêt. Livrée de joyeuse façon, sa chanson a encore une fois gagné du coffre grâce aux voix derrière lui. Beaucoup d’humour, d’énergie et d’assurance, le monsieur.

Musique de soie et voix de dentelle, c’est ainsi qu’a été présentée la seconde concurrente, Gabrielle Maria Gourd. La Gatinoise a d’abord poussé la note sur Si la peine n’est qu’une vague. On a pu apprécier son registre vocal dans toute son intensité, jamais bien loin de celui d’une soprano.

Prenant ensuite place au piano, la jeune femme a offert Rouge, une ballade lancinante, profonde, mettant en valeur son double talent d’artiste. Rivière, une chanson « environnementale » rendue de façon plus dépouillée, n’a cependant pas réussi à atteindre sa cible. On aurait aimé qu’au-delà de la performance vocale, Gabrielle fasse davantage sentir sa présence et sa personnalité.

À son arrivée sur scène, Gabriel Cyr a peut-être suscité un sentiment de déjà-vu chez certains spectateurs. À raison, car le chanteur d’Ottawa a fait le plateau de La Voix en 2019, se rendant jusqu’en demi-finale.

Accueilli chaleureusement, il a immédiatement accroché toutes les oreilles présentes avec sa chanson Entre les silences. Sa voix rauque, toujours juste, et son intensité nous ont fait un effet bœuf. Le piano, les percussions, la voix féminine en support, on avait là l’exemple même d’une chanson populaire réussie.

On pourrait vivre, qu’il a interprété à la guitare, n’a fait que confirmer que Gabriel Cyr, avec son petit je-ne-sais-quoi, venait de rehausser la compétition d’un cran.

Puis, c’est au piano que Rayon a été présentée au public. Bien que ses paroles n’aient rien d’exceptionnel, sa musique, elle, frappe dans le mille. Le chanteur peut ici remercier les arrangements magnifiques d’André Papanicolaou, qui sont venus habiller littéralement ses chansons. Gros coup de cœur, ce Gabriel Cyr.

Pour son troisième soir d’affilée à l’animation, le conteur Cédric Landry a trouvé son erre d’aller. De plus en plus à l’aise dans son rôle, le Madelinot a déridé la salle à maintes reprises, s’excusant au passage de ne pas avoir eu le temps de visiter la cantine Chez Ben et promettant de s’y rendre sans faute le lendemain. Tarte aux pommes pimpée, voyante, homards des Îles… ses histoires sont un bel « ajoutage » aux demi-finales !

Tous styles confondus

Avec un nom comme Laurence et les Polygones, on s’attendait, après la pause, à voir surgir un band complet autour de la Laurence en question. Que nenni. C’est à une seule artiste, Laurence Carré ( !) de son vrai nom, qu’on a eu droit. L’auteure-compositrice-interprète s’est accompagnée au clavier pour lancer sa composition Astronaute, sur laquelle on a cru déceler un petit déficit vocal. Elle s’est toutefois bien reprise en attaquant Perdre le Nord, sonorités électros à l’appui. Manifestement dans son élément, Laurence y a exploité son côté dramatique et théâtral à fond.

Pour introduire Jericho, la brunette a bellement parlé de son amour de la vie, de ses petits bonheurs et de sa vingtaine, avant se remettre au clavier. La musique était planante, mais la chanson elle-même, plutôt quelconque.

Pour décrire l’avant-dernière concurrente, Marie-Ange, le programme de la soirée mentionnait son univers douillet comme un chandail de laine et un vent de printemps. Avec son allure sage comme une image, cette diplômée de l’École nationale de la chanson de Granby a lancé Le feu presque sur la pointe des pieds. Malgré quelques fausses notes, son folk-pop était en effet paisible et charmant.

En enchaînant Tout va bien, puis Le plein de réconfort au piano, Marie-Ange la bien-nommée a sans doute réussi à réconforter, un par un, tous les spectateurs dans la salle. Comme une chaude doudou en hiver.

Après cette pause détente, l’organisation du Festival a misé sur une finale sous le signe de l’excentricité. Le duo Classe Mode a atterri sur la scène comme deux extraterrestres avec leurs casques et leurs vêtements volontairement démodés. Sur L’amour est un jeu, Daryl et Datta nous ont amenés dans un univers bien près de celui de Jean Leloup. Chorégraphies, mises en scène, sons des années 80… les gars ont offert une performance nettement au-dessus de nos attentes. Computer Love a montré qu’ils pouvaient chanter pour vrai sous leurs dehors rigolos ! Et la pièce Fashionistaire a fini de nous convaincre du sérieux de leur démarche. À suivre !

AU FESTIVAL AUJOURD'HUI

Palace de Granby

19 h 30 : Demi-finale 4

Valse Fréquence

Joëlle Villeneuve

Guillaume Bordel

La Croisée d’Antan

Maelydée

le.Panda


Marché public de la Place Johnson

10 h et 12 h : Duo Bisou de feu


Église St-Georges

15 h : Demi-finale du Petit Festival (10 à 13 ans)

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AU FESTIVAL DIMANCHE

Église St-Georges

15 h : Finale du Petit Festival (6 à 13 ans)