Mana Rouholamini a lancé dimanche soir le livre Partager le voeu.

Des mots et des valeurs

Mana Rouholamini a lancé dimanche soir le livre Partager le voeu, fruit d'une collaboration amorcée en 2015 avec le centre d'essai en art actuel 3e impérial.
Lors de ses trois séjours à Granby, l'artiste multidisciplinaire d'origine iranienne s'est installée dans des commerces du centre-ville, tous tenus et fréquentés par des immigrants.
Mme Rouholamini offrait alors aux clients de repartir avec un mot qui les interpelle, pourvu qu'ils en lèguent un autre dans leur langue maternelle. Imprimés avec de la poudre de cannelle et de la colle à bois, les quelque 110 mots ont ensuite été numérisés pour former un recueil.
« La plupart des mots, c'était à propos des valeurs. C'est "liberté", c'est "égalité" et "igualdad". C'est "dieu". Ce à quoi on tient », note la résidente d'Ottawa. L'artiste a d'ailleurs pu constater certaines « connexions invisibles » entre les contributeurs.
« Il y a des gens qui ne se connaissaient pas, mais qui sont liés avec des mots. Par exemple, Laurent est lié avec Ophélia par le mot "amour" », précise-t-elle.
Le projet Partager le voeu s'inspire de la Nazr, une coutume séculaire iranienne à travers laquelle on troque des souhaits pour une portion de sholeh zard, un dessert persan traditionnellement décoré de mots dessinés avec de la poudre de cannelle. Lors du lancement, les visiteurs pouvaient d'ailleurs goûter une variété de mets ethniques, dont le sholeh zard.