Jusqu’au 19 juillet, les 70 chevaux n’auront «rien d’autre à faire qu’être des chevaux, courir en toute liberté, se rouler dans l’herbe et prendre du soleil», explique Laure Warda, attachée de presse pour Cavalia.

Des chevaux au paradis

Edgefield, Adagio, Silver, Hercule, Nazareno et tous leurs amis s’en donnaient à cœur joie dans les vastes champs situés au pied du mont Sutton, cette semaine. C’est là, à la ferme Cavalia, qu’ils passent une dizaine de jours de vacances avant d’entamer leur prochaine série de représentations du spectacle Odysseo, à Montréal.

Arrivés de Winnipeg mercredi, où ils ont passé environ deux mois, ils bénéficiaient jeudi, lors du passage de La Voix de l’Est sur les lieux, d’une toute première sortie à l’extérieur dans les plaines verdoyantes, loin du brouhaha de la vie de tournée.

« Ils sont super excités ! Même s’ils adorent leur job, ils ont besoin de temps pour décrocher. Comme nous, les humains, quoi ! » explique Laure Warda, l’attachée de presse de la troupe Cavalia chargée de la visite.

Jusqu’au 19 juillet, les 70 chevaux n’auront « rien d’autre à faire qu’être des chevaux, courir en toute liberté, se rouler dans l’herbe et prendre du soleil ». « Ils ne seront pas montés, pas entraînés, ils ne travailleront pas du tout », assure Mme Warda.

Pas à plaindre
Pourtant, les bêtes ne sont pas à plaindre en tournée. Elles sont traitées aux petits soins. « Ils en deviennent même un peu princesses », admet en riant l’attachée de presse, qui a depuis toujours côtoyé des chevaux.

D’abord, ils ne font en général pas toutes les représentations. « Ils sont seulement 45 à faire partie du spectacle chaque soir, donc on a un bon roulement », indique-t-elle, mentionnant que, très intelligentes, les bêtes qui restent au repos dans leur box réagissent bien souvent en entendant la musique du numéro qu’ils font. « Comme si elles se disaient ‘hey ! C’est mon tour d’entrer en piste, qu’est-ce que je fais ici ?’ »

Les chevaux sont également les premiers à partir pour la prochaine ville, « dans la nuit même suivant la dernière représentation ou au plus tard le lendemain matin », et les derniers arrivés sur le nouveau site. « Ils ont donc les vacances les plus longues », résume Mme Warda.

Ils bénéficient des services d’un massothérapeute et d’un ostéopathe, le premier pour détendre les muscles et le second pour les étirer. « Ce sont des athlètes ! »

Et peu importe l’endroit où ils se trouvent dans le monde, ils ont droit à du foin du Québec. « C’est important de leur offrir une diète stable. En fait, de la stabilité en général, question de réduire leur stress au maximum. »

Ainsi, durant les transports ou dans chaque écurie où ils séjournent, les chevaux ont toujours les mêmes voisins de box et les mêmes personnes s’occupant d’eux (grooms). « On connaît leur caractère, et on les a pairés en conséquence », laisse savoir Mme Warda.

Adieu
Une fois les vacances terminées, les chevaux s’installeront dans leur grande écurie érigée à côté du Grand Chapiteau blanc à l’entrée du pont Jacques-Cartier, sur la rue Sainte-Catherine Est à l’angle de l’avenue De Lorimier. En plein centre-ville de Montréal, donc. « Ils recommenceront doucement leur entraînement pour se remettre dans le bain et diminuer le risque de blessures », indique l’attachée de presse.

Ils reprendront leurs représentations à compter du 25 juillet et jusqu’au 3 septembre dans cette dernière tournée canadienne qui se veut à la fois une façon de fêter les 15 ans de Cavalia à la maison, et une façon de dire adieu. « On ne sait pas encore où on s’en va après, mais il y aura quelques autres villes avant que le spectacle s’installe dans un lieu permanent dont on ne peut dévoiler le nom pour l’instant », indique Laure Warda.

Un prochain spectacle n’est pas exclu, dit-elle, mais il ne se fera probablement pas avec des chevaux. « Normand [Latourelle, le fondateur de Cavalia] ne pense pas pouvoir faire plus ni mieux qu’Odysseo avec des chevaux », se contente-t-elle de dire.

À CHAQUE RACE SA DISCIPLINE

La troupe de Cavalia comporte 13 races de chevaux : des Arabes, des Appaloosas, des chevaux canadiens, des Lusitaniens, des Paint Horses, des Percherons croisés avec des Hanovriens, des Warmblood, des Quarter Horses, des Pures Races Espagnols, des Selles Français, des Pur-Sang, des Warlander et, le dernier venu, un cheval miniature du nom de Renaissance, qui a commencé avec la troupe à Winnipeg.

Chacune a sa spécialité selon sa physionomie, explique Laure Warda. « Par exemple, les Quarterhorses vont faire de la voltige puisqu’ils sont stables et solides au sol, les Lusitaniens vont plus faire du dressage puisqu’ils sont gracieux dans leurs mouvements, et les Arabes sont très intelligents et à l’écoute, de sorte qu’ils sont parfaits pour la liberté (discipline qui se pratique sans équipement et qui consiste à commander le cheval simplement avec la voix et le langage corporel, NDLR). »

Les chevaux sont recrutés par une équipe de dépisteurs en Europe, aux États-Unis et au Canada. Leur entraînement dure de quelques mois à quelques années, tout dépendant de leur background et de la discipline à laquelle ils sont destinés.

Leur intégration au spectacle se fait progressivement. « On commence par simplement les amener backstage, pour qu’ils s’imprègnent du brouhaha qui règne les soirs de représentations. Ensuite, on fait ce qu’on appelle un ‘training show condition’, avec costumes, musique, éclairage et tout, pour qu’ils s’habituent. Puis, on les incorpore à la finale dans l’eau avec tous les autres chevaux, avant de leur faire faire leur numéro de temps en temps », explique Laure Warda.

Les bêtes ont en moyenne entre 6 et 15 ans. Elles ne travaillent pour Cavalia que quatre ou cinq ans. «Parce que la vie de tournée, c’est très exigent. Et on ne veut pas qu’ils arrivent à détester ce qu’ils font. Mais on respecte leur rythme; certains montrent des signes d’agacement plus tôt, d’autres peuvent continuer un peu plus longtemps», indique l’attachée de presse.

Quand l’heure de la retraite a sonné, ils sont bien souvent adoptés par un membre de la troupe. D’autres sont vendus, avec pour condition qu’ils ne soient pas destinés à la compétition.