L’auteure Marie Clark

«De tout petits cris serrés les uns contre les autres»: une histoire de fins de vie

Dans De tout petits cris serrés les uns contre les autres, l’auteure Marie Clark délaisse ce qu’elle appelle « les extraterrestres », les écorchés vifs qui n’entrent dans aucun moule de la société actuelle tel le Benjamin de ses trois précédents romans pour se tourner vers une thématique beaucoup plus universelle : la mort et le deuil qui l’entoure.

« C’est selon moi un sujet essentiel à aborder, mais on n’en parle généralement pas parce que ça fait peur, ça fait mal, est d’avis la Suttonaise. Pourtant, en parler permet justement de démystifier la mort, de l’apprivoiser, de se rendre compte que ce n’est finalement pas si grave que ça. »

À travers le personnage de Julie, Marie Clark invite les lecteurs à « une exploration sur la fin de vie ». Bénévole dans un centre de soins palliatifs, sa protagoniste nous présentera « un kaléidoscope de portraits sensibles, vibrants et touchants » d’une cinquantaine de résidents qu’elle aura accompagnés, entrecoupés de réflexions et de questionnements personnels présentés davantage sous forme de journal intime.

Au fil des chapitres, on fait la rencontre de Réjeane, de Michel, de Yvon, de Julie-Anne, de Suzanne et de bien d’autres. « Tous ces personnages ne sont pas là par hasard, ils représentent un thème que je voulais aborder », indique l’auteure.

« Une mère de famille qui vient tout juste d’avoir 40 ans et qui n’est pas prête du tout à ne pas voir grandir ses enfants ; un homme si amoureux de sa femme qu’il refuse d’entamer son deuil pour ne pas sentir sa peine ; comment un gros conflit familial qui dure depuis plusieurs années peut se dénouer sur un lit de mort, etc. », donne-t-elle à titre d’exemple.

À travers cette brochette de personnages, Julie cheminera elle aussi dans un deuil qu’elle traîne depuis longtemps et qui n’avait pas encore été fait, laisse également savoir Mme Clark.

« Une ode à la vie »

L’idée d’écrire De tout petits cris serrés les uns contre les autres n’est pas le fruit du hasard. L’auteure a elle-même dû, dans les dernières années, accompagner quelques proches dans cette ultime étape de vie. « J’imagine que la rédaction de ce livre devait faire partie de mon processus pour faire mes deuils. La mort est selon moi LE plus grand mystère de la vie, et quand on y est confronté, on reste bien souvent avec beaucoup plus de questions que de réponses à nos réflexions et nos interrogations. »

Pourtant, malgré l’apparente lourdeur du sujet, Marie Clark nous présente un ouvrage lumineux, « une ode à la vie qui défie le tabou entourant sa fin », indique-t-on chez XYZ éditeur.

« Ce que j’ai surtout réalisé en accompagnant mes proches là-dedans, c’est qu’on est vivant jusqu’à la toute fin. Qu’on ressent des émotions, qu’on réfléchit, qu’on aime jusqu’à notre dernier souffle. Et que la mort n’est qu’une façon de boucler la boucle », ajoute celle qui est également chargée de cours en création littéraire à l’Université de Montréal et dirige des ateliers d’écriture un peu partout au Québec.

De tout petits cris serrés les uns contre les autres sortira en librairie le 13 février prochain.