La vaisselle très colorée et régulière du céramiste Sébastien Houle, décrit comme un « tourneur exceptionnel à la production­ impeccable » par l’organisateur de CéraMystic.

De l’air pur et de la céramique

Irrégulières ou symétriques, utilitaires ou décoratives, aux couleurs éclatantes, pastels ou terreuses : les œuvres présentées au CéraMystic 2018, qui allaient de la simple assiette à la sculpture de monstre complexe, rappelaient encore une fois l’incroyable diversité du monde de la céramique.

Pour la 15e mouture de l’événement, plus de 4000 visiteurs se sont déplacés jusqu’au hameau de Mystic, à St-Ignace-de-Stanbridge, afin d’admirer les œuvres de 25 artisans de la céramique. Le tout était exposé dehors, beau temps mauvais temps, du 22 juin au 2 juillet.

« Le principe ici est de mélanger jardin et céramique. Ça donne un côté un peu zen à l’événement... On ne veut pas que ça fasse sous-sol d’église ni que ça soit une bâtisse plate où le monde déambule dans des allées plates », explique Jacques Marsot, céramiste d’expérience et organisateur du CéraMystic.

Ainsi, pendant les 11 jours de l’expo-vente, M. Marsot transforme le terrain de son atelier de création en musée extérieur : un sentier guide les visiteurs dans un sous-bois orné d’œuvres pêle-mêle, puis longe l’atelier de M. Marsot — une bâtisse munie d’étagères extérieures, elles aussi garnies de créations des différents exposants. Le chemin passe ensuite par la galerie intérieure, où se trouvent des œuvres en verre, avant de revenir vers la cour où sont disposées les tables des exposants.

Invités spéciaux
Chaque année, CéraMystic met de l’avant un invité « coup de cœur », soit un artiste débutant dans le métier de céramiste, mais qui se distingue déjà par son talent. Cette année, il s’agissait d’Alexandra Daris. « Elle a à peu près trois ans de métier, donc c’est une jeune, mais qui a une signature très personnelle, alors on entrevoit une belle carrière pour elle », indique l’organisateur de l’événement.

Avant de se lancer dans la céramique, Alexandra Daris a étudié l’architecture, ce qui se reflète dans ses créations épurées et droites, « très cartésiennes », comme le formule M. Marsot.

L’autre élément qui détonne dans l’expo-vente sont les œuvres en verre présentées dans le seul espace intérieur de l’exposition. Même si le verre n’est pas un type de céramique, M. Marsot rappelle que « c’est du silicate, comme la céramique, alors c’est un peu la même famille ». Des créations en verre ont donc été ajoutées à l’événement depuis quelques années. Cette année, elles étaient confectionnées par Jean-Marie Giguère.

Palette d’artistes
Aucun thème n’est imposé pour le CéraMystic. C’est même tout le contraire : les artisans sélectionnés peuvent présenter des œuvres autant utilitaires que fantaisistes ou décoratives.

Les visiteurs ont donc droit autant à la folie créatrice des uns qu’à la maîtrise technique des autres, où les maisons pour oiseaux de Marie-Josée Desjean côtoient la vaisselle pratique et colorée de Guy Simoneau.

« [Les 25 artistes] ont été invités pour leur diversité et leur professionnalisme. Ils sont chevronnés, avec 10 ou 15 ans de travail minimum [...]. Ça prend de l’expérience pour développer son style, sa signature », signale M. Marsot, qui cumule lui-même près de 50 ans d’expérience comme céramiste.

Il souligne par exemple l’adresse de Sébastien Houle, un « tourneur exceptionnel à la production impeccable », et s’émerveille devant les œuvres « vraiment poétiques et très délicates » de Vanessa Villarreal.

Et si certains visiteurs ne font qu’un tour pour admirer l’exposition, plusieurs autres se laissent tenter et achètent leurs pièces favorites. M. Marsot ne connaît pas encore le nombre exact d’articles vendus, mais cela se chiffrerait dans les milliers. « L’événement est rentable. Les artistes qui viennent exposer ici le font pour faire de l’argent. Il faut bien qu’ils gagnent leur vie ! », rappelle le céramiste.