Dans sa boutique-atelier de Lac-Brome, Caroline Couture fabrique et vend ses créations, dont des lampes suspendues à l'allure singulière.

De la bouteille vide à l'oeuvre d'art

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » L'artiste Caroline Couture a pris cette célèbre maxime au pied de la lettre. À partir de bouteilles recyclées, elle fabrique des objets décoratifs qui ne passent pas inaperçus. Bienvenue chez Boutiverre.
La souffleuse de verre, qui pratique son art depuis plus de dix ans, a fondé Boutiverre en 2012. Le hasard - et le charme de la municipalité - a attiré la Montréalaise à Lac-Brome il y a deux ans et c'est en plein coeur du centre-ville qu'elle a ouvert son atelier-boutique tout neuf. « Ici, ça me permet de produire davantage. Je suis vraiment autonome », dit celle qui possède un DEC en verre du Cégep du Vieux Montréal.
Fascinée par les possibilités du verre, la jeune femme a choisi cette voie, en perfectionnant son savoir-faire jusqu'en Nouvelle-Zélande. 
Dans les trois fours de son atelier, qui atteignent 1200°C, Caroline Couture chauffe, souffle et façonne des bouteilles usagées de bière, de vin et d'eau pour en faire des oeuvres « utilitaires, mais décoratives », résume-t-elle. 
Luminaires uniques
Elle crée des lampes à l'huile, des verres, des bols, des vases et même des boucles d'oreilles, mais ce qui attire immanquablement l'attention dans la boutique-atelier de Mme Couture, ce sont ses lampes suspendues, toutes uniques par leur forme, leur couleur et leur texture. Le goulot d'origine et un bouchon de liège viennent même compléter le look. 
« Je mélange plein de techniques : gravure à la roue, motif au jet de sable... Et je suis toujours à la recherche de nouvelles formes », fait-elle remarquer.
Ses bouteilles usagées, elle les récupère dans des restaurants et des bars de la région. Parfois aussi directement à la source, comme à la microbrasserie Pit Caribou dont les bouteilles de bière « ont une belle peinture », dit-elle.
Chaque fois, la verrière artisane doit faire preuve de patience, de concentration et d'une grande délicatesse, car travailler le verre soufflé n'est pas une sinécure ; elle estime ses pertes à environ le tiers de sa production.
« Chaque type de bouteille a son caractère et se façonne différemment. Mais j'utilise beaucoup les bouteilles d'eau Eska parce qu'elles se travaillent bien. »
En verre clair, vert ou ambré, ses luminaires sont texturés et formés de mille façons. Selon la technique, elle en fait des suspensions à l'allure tantôt classique, tantôt industrielle. 
« Je sors de nouveaux finis selon mon inspiration du moment ou en adaptant les procédés à mon goût », précise celle qui en fabrique « plusieurs centaines par année ».
Caroline Couture ne se contente pas de montrer ses produits à son atelier-boutique. Elle fréquente aussi les salons des métiers d'art de Montréal, Québec et Toronto où la réaction des visiteurs est toujours positive. « Les gens trouvent que ça sort de l'ordinaire. C'est très valorisant. »
Selon elle, la fascination des gens envers le verre soufflé s'explique surtout par sa rareté. « Des souffleurs de verre, il n'y en a pas à tous les coins de rue. Et c'est beau à voir comme technique. »
C'est sûrement pour cette raison - et parce qu'elle détient un baccalauréat en enseignement primaire - que Caroline Couture a eu envie de partager ses connaissances avec le public. Dans son local, elle enseigne le procédé de verre soufflé et le travail du verre en fusion aux curieux.
« J'aime faire connaître cet art et voir la réaction des gens devant le verre en fusion. »
Son atelier est d'ailleurs ouvert au public qui souhaite la voir à l'oeuvre. Une façon pour elle d'animer l'endroit et de le rendre aussi unique et lumineux que ses créations .
www.boutiverre.com