Lévi Doré, le personnage principal du film La chute de Sparte, sert la main de l'entraîneur-chef de l'équipe de football des Asterix de Farnham, Ross Lemke, sous le regard amusé de Jonathan St-Armand, qui interprète le rôle de Virgile dans le long métrage.

De la belle visite au Cinéma Élysée

Le Cinéma Élysée de Granby avait des airs de soirée de retrouvailles, lundi. L’équipe de production du film La chute de Sparte y était de passage pour une avant-première, présentée devant un public essentiellement composé de la troupe des Astérix de Farnham et d’élèves de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand ayant agi à titre de figurants.

Ce n’était toutefois pas la première fois que les jeunes footballeurs voyaient le long métrage de Tristan Dubois, qu’il a coscénarisé avec Biz, l’auteur du roman à l’origine de l’adaptation, et auquel ils ont participé. Ils avaient eu droit à un premier visionnement lors de la première montréalaise le 23 mai dernier. Et ils en ont bien aimé le résultat final, ont-ils dit d’un commun accord.

« Ça ressemble beaucoup au livre », a fait remarquer l’un d’eux, Victor Côté.

« En fait, ça ressemble beaucoup à ce que n’importe quel ado peut vivre. Ça peut être l’histoire de beaucoup de monde », a renchéri son coéquipier, Antoine Riberdy.

Depuis la polyvalente Gaston-Miron à Longueuil, l’histoire raconte celle de Steeve à sa dernière année du secondaire. Outre la lecture et la musique, il n’a qu’un seul ami : Virgile. Son quotidien sera chamboulé lorsqu’un incident avec la grosse brute de l’équipe de football des Spartiates l’obligera à sortir de sa coquille... et ça implique une fille.

« Il y a beaucoup de rythme dans le film, c’est bien ficelé, et les scènes de foot sont bien exécutées », ajoute sourire en coin le coordonnateur au programme, José St-Onge.

On se rappelle que sous la direction d’Étienne Boulay, les protégés de l’entraîneur-chef Ross Lemke ont pratiqué neuf jeux chorégraphiés, qu’ils ont ensuite tournés durant deux nuits à l’automne 2016. Les joueurs se sont donc partagé la tâche de représenter les trois équipes de football qu’on voit dans le long métrage, l’équipe locale des Spartiates ainsi que deux adversaires.

L’auteur de La chute de Sparte, Biz, et le réalisateur du film éponyme, Tristan Dubois

Premières fois
Du côté des artisans du film, même son de cloche : on aime le fait que les ados « soient représentés comme ils sont, sans caricature débile », rapporte Biz des commentaires qu’il a reçus lors des deux premières soirées de promotion.

Il faut dire que les comédiens avaient le même âge que leurs personnages lors du tournage, et qu’ils vivaient donc en parallèle dans la vraie vie ce que le long métrage mettait en scène. « Ça donne de l’authenticité au film », croit Jonathan St-Armand, l’interprète de Virgile.

Pour beaucoup d’entre eux, c’était même une première expérience en cinéma, métaphore, s’il en est une, de l’adolescence et de ses grandes premières fois. C’était le cas pour Jonathan St-Amand, pour Lili-Ann De Francesco, qu’on a connue à La Voix, pour Karl Walcott, dans un rôle aussi important que sa brute de Giroux, et même pour Lévi Doré, le personnage principal.

« J’étais vraiment un bébé dans cet univers-là, et j’ai appris énormément », a dit celui que la série Au secours de Béatrice a révélé et qui porte ici le film sur ses épaules dans la peau de Steeve Simard.

C’était pour lui non seulement un premier rôle au cinéma, mais également un premier premier rôle. « Je n’ai pas ressenti de pression, affirme-t-il. La première journée [de tournage] a été tough, mais après, je les ai prises une à la fois et j’en ai profité. »

Même s’il s’est reconnu à travers ce que vivaient plusieurs personnages, la plus grande ressemblance entre Steeve et lui, dit-il, s’arrête à « la chambre bordélique » !

Et s’il y avait un message qu’il voudrait que les jeunes retiennent de ce film, ce serait « qu’on passe tous à travers notre secondaire ». « J’y suis arrivé, je suis au cégep maintenant. Trouvez-vous un espace où vous pouvez avoir du fun, pis ayez-en ! »

La Chute de Sparte sera à l’affiche de 38 cinémas au Québec dès vendredi.