Le jeune cinéaste Édouard Godbout-Corriveau.

Court métrage, grand prix pour Édouard Godbout-Corriveau

La journée de lundi a été chargée en émotions pour le Granbyen Édouard Godbout-Corriveau. À quelques heures d'intervalle, il a mis un point final à son DEC en cinéma, a sauté dans sa voiture en direction de Montréal et s'est vu remettre le Prix Coup de coeur assorti du Grand Prix du concours «375 Jeunesse on tourne!» tenu dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.
Son court métrage Les Oeillères, son tout premier hors de la sphère académique, faisait partie des 13 oeuvres finalistes à cette compétition organisée par Cinémaginaire, en collaboration avec plusieurs partenaires, dont Québecor Média. Ouvert aux jeunes créateurs de moins de 24 ans - Montréalais ou non -, 375 Jeunesse on tourne! leur demandait de porter un regard amoureux ou humoristique sur la Ville de Montréal.  
C'est la mère d'Édouard qui lui a appris l'existence de ce concours. Cela tombait à point nommé : sa dernière session au cégep de Granby était «tranquille». «Je voulais justement me lancer dans un projet personnel. J'en ai parlé à un ami, Louis Cabanac, et on a travaillé sur le concept ensemble. Et Louis y a été acteur», raconte le cinéaste de 19 ans. 
Le sujet, raconte Édouard, lui est venu «sur un coup de tête», en faisant le constat que les téléphones intelligents prenaient beaucoup de place dans la vie des jeunes, mais pas tellement dans la sienne. 
Montréal sans cellulaire
Dans Les Oeillères, on suit donc une personne qui doit se rendre dans un café de Montréal sans son cellulaire. Privée de son indispensable appareil, incapable de s'orienter, elle redécouvre Montréal avec un regard nouveau. En noir et blanc au début du court métrage, les images retrouvent leurs couleurs au fil des quatre minutes que dure le film.  
Armé d'un maigre budget de 500 $, Édouard Godbout-Corriveau a dû faire preuve de créativité et de débrouillardise. «On a trouvé les trois acteurs, loué l'équipement, consacré une quarantaine d'heures au scénario et tourné durant 13 ou 14 heures en ligne. Ensuite, il y a eu environ 90 heures de montage. Ça s'est étalé sur un mois», explique-t-il.
Le jury de 375 Jeunesse on tourne! était composé de jeunes artistes en vue, dont les acteurs Marianne Fortier, Antoine Olivier Pilon, la Youtubeuse Noémie Lacerte et l'artiste granbyen Miro Belzil. Il semble que le concept et la beauté des images de Les Oeillères les aient charmés. 
Quand La Voix de l'Est lui a parlé, mardi après-midi, Édouard peinait encore à prendre la mesure de ce qu'il avait vécu la veille. «Je commence un peu à le réaliser. J'ai été vraiment surpris de gagner. Disons qu'on a fêté la victoire!»
Festival de cannes
Les 13 finalistes verront leurs oeuvres diffusées dans l'avant-programme de certaines salles de cinéma de Cinéplex Odéon durant un mois. 
Quant à Édouard, son Grand Prix lui donne accès à un stage de deux semaines au sein de l'équipe de Cinémaginaire. Il sera notamment invité au prestigieux Festival de Cannes en mai 2017 pour participer au Short Film Corner, faire partie de la campagne promotionnelle de Téléfilm Canada, assister à un visionnement et prendre part à diverses activités de réseautage.  
Les frais de déplacement et de séjour seront toutefois aux frais du Granbyen. «Mais je vais m'arranger!», lance-t-il, résolu à profiter de l'occasion unique qui se présente à lui.
Il faut ce qu'il faut quand on rêve de réaliser un jour ses propres longs métrages!