L’Armandois Christian Guay-Poliquin se rendra à Ottawa le 29 novembre prochain pour recevoir le Prix littéraire du Gouverneur général 2017, l’une des plus prestigieuses récompenses au pays, pour son roman Le poids de la neige.

Christian Guay-Poliquin récompensé

Christian Guay-Poliquin est l’heureux, très heureux récipiendaire du Prix littéraire du Gouverneur général 2017 pour son roman Le poids de la neige. Pour l’écrivain de Saint-Armand, dont c’est seulement la deuxième publication, il s’agit d’une récompense « inespérée ».

« Je sais qu’il s’agit d’un très grand honneur, mais contrairement à Serge Bouchard [ndlr, le récipiendaire du Prix du Gouverneur général dans la catégorie Essais pour Les yeux tristes de mon camion], qui disait qu’à son âge, il récolte les fruits de son travail, dans mon cas, tout reste à faire. Je me considère vraiment au tout début de ma carrière », affirme le trentenaire, qui termine une thèse de doctorat en Études littéraires à l’UQAM.

Le Prix littéraire du Gouverneur général, qui s’accompagne d’une bourse de 25 000 $, s’ajoute à la liste de prix que Le poids de la neige a récoltés depuis sa sortie à l’automne 2016 aux Éditions La Peuplade. Il s’est notamment vu décerner le prix Relève de Culture Montérégie, le Prix littéraire des collégiens, le Prix des lycéens AIEQ et le Prix littéraire France-Québec, en plus d’être l’un des finalistes au Prix des libraires du Québec.

Tant de tapes dans le dos aussi tôt dans une carrière viennent-elles ajouter une pression pour la suite des choses ? 

« J’aimerais répondre que non, mais oui, ça en met, admet Christian- Guay-Poliquin. Une petite voix se fait entendre et dit que j’ai intérêt à ne pas manquer mon coup la prochaine fois parce que mon livre aura peut-être plus d’attention, sera plus lu... Mais je veux me servir de cette pression de façon positive. Prendre mon temps pour sortir mon livre quand il sera prêt. S’il y a une leçon que je retiens de tout ça, c’est celle-là. »

Travail acharné

À 34 ans et avec deux romans à son actif, on pourrait croire que le prix lui tombe du ciel. Or, il n’en est rien, affirme l’Armandois. « J’ai travaillé dix ans sur mon premier roman avant d’être accepté par une maison d’édition. J’ai eu la chance de me faire dire que ce n’était pas bon, qu’il n’était pas à point, que j’étais capable de mieux. Chaque fois, je me décourageais, et deux ou trois mois après, je reprenais mon manuscrit pour le retravailler. Ça a porté ses fruits : le deuxième livre m’a seulement pris six mois à écrire. »

Dans Le poids de la neige, c’est le cauchemar entamé dans Le fil des kilomètres, paru en 2013, qui se poursuit. Toujours dans une ambiance apocalyptique où panne d’électricité généralisée, villes à l’abandon, communications coupées et pénuries d’essence et de nourriture nourrissent une tension chez le lecteur, l’action qui se déroulait sur la route dans le premier livre se déplace dans l’immobilisme et l’immobilité de la véranda chauffée d’une grande maison abandonnée, où deux hommes liés par un pacte espèrent passer à travers l’hiver. « Ce n’était pas censé être une suite, je tenais à ce que mes romans soient indépendants, mais au final, je n’ai pas pu résister à la tentation de reprendre certains éléments », indique l’auteur.

« Pour être franc, je ne savais pas trop où je m’en allais avec ça, reprend-il en riant. Et je ne le sais pas plus aujourd’hui. Je suis à écrire mon prochain livre, qui se passera cette fois dans une forêt. Peut-être que ça va reprendre l’histoire où je l’ai laissée dans Le poids de la neige. Peut-être qu’il n’y aura jamais d’électricité dans mes livres. Je ne sais pas. Je sais juste que je m’en vais quelque part. »

Une seule chose est claire : le 29 novembre prochain, c’est à Rideau Hall, à Ottawa, qu’il se rendra pour recevoir des mains de la gouverneure générale, Julie Payette, son prestigieux prix littéraire.

Autres gagnants

En tout, quatorze auteurs seront récompensés — sept francophones et sept anglophones. L’anthropologue et homme de radio Serge Bouchard, pour son essai Les yeux tristes de mon camion, Louise Dupré, pour son recueil de poésie La main hantée, Sébastien David, pour sa pièce de théâtre Dimanche napalm, Daniel Poliquin, pour sa traduction d’Un barbare en Chine nouvelle (Barbarian Lost : Travels in the New China d’Alexandre Trudeau), ainsi que Véronique Drouin et Jacques Goldstyn, dans la catégorie jeunesse pour L’importance de Mathilde Poisson (texte) et Azadah (illustration), respectivement, sont les autres lauréats de langue française.