La pièce Chat en poche réunira huit comédiens sur les planches du Théâtre de Rougemont cet été : Adèle Reinhardt, Vincent Bilodeau, Pier-Luc Legault, Lynda Johnson, Samuel Côté, Frédéric-Antoine Guimond, Jean-Bernard Hébert et Marcel Pomerlo.

Chat en poche: une fine analyse de la psyché humaine

La dernière fois qu'une pièce de théâtre de Georges Feydeau a été jouée en été au Québec, c'était en 1993. Les Productions Jean-Bernard Hébert mettent fin à cette disette en présentant Chat en poche au Théâtre de Rougemont.
La pièce se déroule dans les années 50, à Paris, dans l'effervescence économique d'après-guerre. On y fait la rencontre de nouveaux riches. L'un des personnages a fait fortune dans le sucre en exploitant les diabétiques, résume le metteur en scène Daniel Paquette. Sa fille a réécrit un opéra et veut forcer un producteur à le présenter sur scène en utilisant un stratagème. 
Plusieurs autres histoires se glissent à travers cette trame scénaristique. L'un courtise toutes les femmes de la demeure tandis que l'autre tente d'en marier une de force avec un garçon qui vient de la noblesse, pour ne nommer que celles-là. On réserve même une surprise­ aux spectateurs.
« Feydeau est un maître incontesté de la comédie avec des rebondissements, souligne Jean-Bernard Hébert. Chat en poche a été jouée pour la première fois en 1908 [NDLR : avant que les comédies de type vaudeville ne voient le jour] et elle a roulé pendant 24 mois. »
Critique sociale
La distribution réunit Adèle Reinhardt­, Vincent Bilodeau, Pier-Luc Legault, Lynda Johnson, Samuel Côté, Frédéric-Antoine Guimond, Jean-Bernard Hébert et Marcel Pomerlo.
Les comédiens, qui monteront sur la scène du Théâtre de Rougemont­ une vingtaine de fois cet été, sont fébriles à deux semaines de la première représentation. « Le plaisir vient aussi du fait qu'il y a une grande critique sociale, indique Marcel Pomerlo. [...] Feydeau est un fin analyste de la psyché humaine. L'analyse est intelligente et son observation des personnalités met en lumière l'avidité et l'hypocrisie. Chaque personnage vit une situation dramatique. C'est un tourbillon délirant, une comédie de situation. C'est écrit comme une partition musicale. »
Jouer une telle pièce est difficile compte tenu de sa précision et de sa rythmique, selon Adèle Reinhardt. Celle-ci raconte que, dans le texte de la pièce, des notes sur les mouvements et la sortie des personnages côté court ou jardin sont même écrites. « L'auteur a presque écrit la mise en scène », renchérit Jean-Bernard Hébert. 
Changement d'époque
La pièce originale se déroule à la fin du 19e, début du 20e siècle. Cependant, la production a choisi d'envoyer les personnages dans une autre époque plus proche de la nôtre. « Cette pièce n'avait pas beaucoup de références à l'époque, répond le metteur en scène. Il y a des jeux de mots et des expressions qu'on a adaptés. Ça nous a pris du temps avant de changer des choses parce que ça avait des impacts sur le reste de la pièce. C'était ardu. Mais plus on connaissait le texte, plus on arrivait à trouver des mots qu'on pouvait changer. »
En changeant d'époque, le costumier s'éloigne par le fait même des crinolines qu'on connait de Feydeau.
Jean-Bernard Hébert répète que la pièce est loin du vaudeville. « Je le dis souvent à la blague, mais je fais du théâtre en été, pas du théâtre d'été. » Il n'y a qu'à penser aux pièces Piaf, 12 hommes en colères et Les Belles-soeurs pour s'en convaincre.
Chat en poche est à l'affiche du 29 juin au 26 août. La production partira ensuite sur la route pour une douzaine de représentations. Si le succès est au rendez-vous, M. Hébert souhaite que Chat en poche soit de retour l'été prochain dans un autre théâtre.