Jouant à fond la carte du kitsch, Gab Paquet porte fièrement la coupe Longueuil, des chemises de satin et un intérêt certain à Claude François, aux années 70 et aux chansons «romantico-louches».

Chanteur de charme «romantico-louche»

Gab Paquet. Si vous ne le connaissez pas encore, vous ferez sa connaissance ce jeudi soir, alors qu'il montera sur la scène du Palace de Granby pour la deuxième soirée de demi-finales. Et gageons qu'après sa prestation - voire dès ses premiers instants sur scène - vous ne pourrez plus l'oublier !
Jouant à fond la carte du kitsch, le natif de Québec porte fièrement la coupe Longueuil, des chemises de satin et un intérêt certain à Claude François, aux années 70 et aux chansons « romantico-louches ». Avec son style chanteur de charme mi-mielleux, mi-cheesy, il gagne petit à petit un public d'adeptes depuis une dizaine d'années.
« Ce n'est pas une parodie, c'est une facette de moi-même. Ces chansons-là, je les aime, je les vis et les ressens. Peut-être aussi que je refoule certaines choses qui ressortent sur scène... Je suis un gars assez timide dans la vie, tu sais ? » affirme-t-il au bout du fil, le plus sérieusement du monde.
D'ailleurs, malgré ses apparences de personnage issu d'un soap américain et son univers à l'eau de rose complètement déjanté, sa démarche est tout à fait sérieuse. L'homme de 34 ans souhaite amener son public à une réflexion sur le kitsch. « Au regard qu'on pose sur ce qui était in à un moment donné. »
Il évoque la pleine révolution sexuelle qui avait cours à l'époque. Parler d'amour était alors dans l'air du temps. « Aujourd'hui, ce qui est normal, c'est de voir Célibataires et nus passer à la télévision. On est rendus complètement ailleurs. Donc c'est sûr qu'on ne voit pas les choses de la même façon que les gens de ces années-là », fait-il remarquer.
D'ailleurs, il actualise le texte de ses chansons. « Dans Fais l'amour avec moi, je parle de violence conjugale, donne-t-il en exemple. De façon sirupeuse, oui, mais ça fait que c'est moins lourd à entendre. »
« C'est très sérieux tout ça, répète-t-il, mais c'est aussi bourré de crémage. »
En première partie de Michel Louvain
Comme bien d'autres, Gab Paquet a amorcé sa carrière d'auteur-compositeur-interprète dans les bars. Il alternait alors entre des chansons plus sérieuses et d'autres, plus ironiques. « Je sentais que le public était surtout là pour avoir du plaisir, donc j'ai décidé d'y aller à fond là-dedans », explique-t-il, mentionnant que son projet s'est surtout peaufiné depuis la sortie en 2013 de son album Sélection Continental.
Ont suivi en 2015 un mini-album et le style assumé « moustache/pad », puis un deuxième album, Santa Barbara, en octobre 2016.
C'est toutefois l'invitation qu'il a reçue pour assurer la première partie de Michel Louvain au Festival d'été de Québec, en juillet dernier, qui lui a donné un gros coup de pouce médiatique. « J'ai eu une belle grosse exposure à ce moment-là », reconnaît-il.
« C'était à la fois un honneur pour moi et quelque chose de complètement inespéré de faire la première partie d'un homme que j'admire beaucoup, d'un artiste de plus de 60 ans de carrière qui est toujours aussi dévoué pour son public, poursuit-il. En même temps, je ne savais pas comment le public allait réagir. Et en effet, au début, il y avait pas mal de monde qui ne comprenait pas ce qui se passait. Mais ils ont fini par embarquer. »
Gab Paquet en espère tout autant des spectateurs - et des juges - au Festival de la chanson de Granby. Qu'ils se laissent séduire (!) par sa proposition empreinte de nostalgie évoquant l'âge d'or des chanteurs de charme. « Mais peu importe ce qui va arriver, j'ai déjà gagné. J'étais là pour rencontrer plein de monde et créer des contacts, et c'est ce que j'ai fait. »