«Je dis souvent que le public manque le meilleur, l’étape de création de la chanson. C’est un moment incroyable, pittoresque que de voir naître des émotions», affirme Michel Fugain.

Causerie musicale et intime avec Michel Fugain

Michel Fugain a beau avoir plus de cinquante ans de carrière au compteur, il est toujours aussi passionné par son métier. Même au bout du fil en entrevue, on sent la fougue du jeune premier dans sa voix, agrémentée dans ses propos de la sagesse du vieux routier.

L’écouter parler est tout aussi plaisant que l’écouter chanter, ce qui laisse présager que la Causerie musicale qu’il propose depuis janvier un peu partout au Québec et qui s’arrêtera à Granby, ce dimanche 24 février, sera sans doute un moment très spécial.

«C’est carrément particulier! s’exclame l’homme. Le feed-back que j’en ai jusqu’à présent, c’est que les gens n’ont jamais vu un truc pareil.»

La soirée, des plus intimistes, s’annonce en effet riche en émotions. Et en informations. À travers 33 chansons, qu’il évoque ou interprète, il rend hommage aux auteurs qui lui ont composé ses Fais comme l’oiseau, Chante comme si tu devais mourir demain, Une belle histoire et autres Je n’aurai pas le temps: Pierre Delanoë, Maurice Vidalin, Claude Lemesle et Brice Homs.

«C’est comme si je recevais les gens dans mon salon. Je raconte comment et pourquoi on a fait ces chansons, dans quel cadre, comment ça s’est fait dans le plaisir et la déconnade», raconte le compositeur-interprète brièvement.

Écouter parler Michel Fugain est tout aussi plaisant que l’écouter chanter, ce qui laisse présager que la Causerie musicale qu’il propose depuis janvier un peu partout au Québec et qui s’arrêtera à Granby, ce dimanche 24 février, sera sans doute un moment très spécial.

«Cette formule a comme avantage que, par la suite, les gens écoutent plus les textes que les mélodies, alors qu’ils ne le font pas habituellement, ajoute-t-il. Et c’est de là que vient l’intérêt. Ils apprennent des tas de choses.»

«Je dis souvent que le public manque le meilleur, l’étape de création de la chanson. C’est un moment incroyable, pittoresque que de voir naître des émotions, poursuit-il. Les chansons sont aussi et toujours des marqueurs précis d’une époque et d’une société. Et c’est vraiment dommage qu’on ne parle jamais des auteurs, alors que c’est un métier à part entière, le plus difficile de surcroît. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir écrire un texte cohérent et touchant sur une mélodie déjà faite.»


« C’est comme si je recevais les gens dans mon salon. Je raconte comment et pourquoi on a fait ces chansons, dans quel cadre, comment ça s’est fait dans le plaisir et la déconnade. »
Michel Fugain

Michel Fugain a réalisé très tôt qu’il n’était pas un auteur dans l’âme. C’est pourquoi il a confié ses textes à d’autres. «Et puis, à 25 ans, on n’a pas grand-chose à dire. On n’a rien vécu, on n’a pas encore de cicatrices, on n’a pas pris de coups, on n’a pas encore aimé comme un fou», dit-il encore.

Former la relève

D’ailleurs, l’homme de 76 ans ne se montre pas tendre envers le milieu musical d’aujourd’hui, davantage inspiré par le marketing que par la qualité. «Dans notre société consommatrice de chair fraîche, tout le monde peut tenter sa chance et faire son bout de chemin. Mais trente ans plus tard, quand on regarde ça, il n’en reste plus des masses. Ils sont peu nombreux à avoir marqué le paysage, à avoir touché des coeurs.»

Malgré tout, Michel Fugain se sent un devoir de passer le flambeau. Il a ouvert un atelier-école à Nice, donne des classes de maîtres, et continue de partager son art avec le même plaisir que celui qu’il éprouvait à l’époque du Big Bazar.

Sur la scène du Palace, dimanche — la dernière fois qu’il y a mis les pieds, c’était en 2008 —, il s’éclatera en compagnie de ses quatre musiciens et d’une choriste. Et bien qu’il y ait un fil conducteur à sa Causerie musicale, qu’il aime ponctuer d’anecdotes et d’humour, il laisse entendre «qu’à partir de là, il peut encore se passer n’importe quoi».

Envie d’y aller ?

Quand : ce dimanche 24 février à 15 h

Où : Palace de Granby

Billets : www.ovation.qc.ca