L’artiste Brigitte Gingras

Brigitte Gingras: peinture et poésie réunies

L’art de Brigitte Gingras ne se limite pas qu’à la peinture. Elle s’exprime également à travers la poésie. Pas pour rien qu’elle a choisi d’intituler son projet Hybrides.

Si aujourd’hui elles se confondent, chacune a d’abord fait son chemin dans l’esprit de la Sheffordoise. Elle raconte que c’est lors d’une pause dans sa vie qu’elle s’est mise au dessin d’observation. En feuilletant, en fouillant, une idée lui est venue.

« Je me suis amusée à mêler les traits de personnages connus, que j’ai choisis au hasard, pour en inventer de nouveaux. J’ai ainsi créé cinq ‘‘hybrides’’ », explique l’horticultrice à la retraite.

Résultat : Rodin partage sa physionomie avec John Lennon ; le visage de Camille Claudel fusionne à celui de Barbara ; les traits de Victor Hugo se confondent à ceux de Francis Bacon ; Beethoven et Nick Drake forment un seul faciès ; et Serge Gainsbourg se mêle physiquement à Chopin.

Pourtant, après avoir développé ce concept original, Brigitte Gingras a mis une bonne année avant de le pousser plus loin. « En 2017, j’ai commencé à écrire des poèmes. Je jardinais durant la journée, puis je composais tranquillement, en fin d’après-midi. C’est en 2018 que j’ai donné un univers à mes tableaux grâce à mes poèmes. »

Une quarantaine de compositions sont nées de sa plume, dont 34 font partie de son recueil illustré Oeuvres et poèmes publié aux Éditions Point du jour. Aux mots de l’auteure-artiste-peintre se greffent les vingt-huit tableaux qui en ont été inspirés.

Ce sont ces 28 toiles que les visiteurs pourront voir au Centre culturel France-Arbour ce mois-ci lors de l’exposition Hybrides, qui sera bien sûr agrémentée d’extraits des dits poèmes.

« Si on lit le poème, on voit le lien. C’est une question d’ambiance... L’essence du poème se retrouve dans le tableau », fait remarquer la dame.

Pourtant, Brigitte Gingras assure du même souffle que chaque tableau, chaque poème possède sa propre personnalité et son titre unique.

Du noir et blanc

Si les toiles sont peintes en couleur à l’acrylique, ses visages hybrides — toujours les cinq mêmes — sont volontairement esquissés au crayon graphite, en noir et blanc. Pour ajouter un effet de profondeur, dit-elle, mais aussi pour créer un lien avec l’écriture au crayon.

Les dessins, reproduits par impression sont ensuite collés ou appliqués par transfert d’image, puis intégrés dans leur univers distinctif, souvent contrasté.

« Je leur ai donné comme décor un monde onirique au temps suspendu dans un silence statique », explique-t-elle, en mentionnant avoir teinté ses oeuvres « d’humour et d’inquiétude, de force et de vulnérabilité, de dérision et de raison ».

« Cette exposition, c’est une histoire, l’histoire d’une longue gestation. »

Mais Brigitte Gingras est déjà ailleurs. Elle rêve maintenant à sa prochaine série, qui sera réalisée sur des panneaux de bois recyclé. On y verra entre autres du collage et de l’aquarelle. « Parce j’aime beaucoup les textures ! », dit-elle.

Le vernissage de l’exposition et le lancement du livre se dérouleront conjointement le dimanche 8 décembre à 14 h.